Photographe à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, de 1981 à 2022.
- patrimoine industriel, patrimoine industriel des communes de la rive gauche de Rouen
- (c) Région Normandie - Inventaire général
Dossier non géolocalisé
-
Aire d'étude et canton
Seine-Maritime - Sotteville-lès-Rouen
-
Commune
Sotteville-lès-Rouen
-
Adresse
rue Victor Hugo
-
Cadastre
1982
ZI
228 à 230,321 à 327,330,332,336,337,340 à 348
-
Dénominationsfilature, tissage
-
Précision dénominationfilature de coton, tissage de coton
-
Appellationsusine Bertel
-
Destinationsparc d'activité industrielle
-
Parties constituantes non étudiéesatelier de fabrication, bureau
Cette usine est créée en 1855 par la société Bertel, comme tissage d’abord, pour remplacer un premier tissage fondé en 1838 sur la même commune par Jacques Bertel, dans le but d’alimenter son importante filature construite à Rouen, rue Méridienne, durant les années 1840.
Le nouveau tissage commence son activité avec un équipement de 300 métiers et un effectif de 210 ouvriers, des femmes essentiellement. L’usine s’impose rapidement comme l’un des plus importants établissements cotonniers de la région rouennaise, tant par sa capacité de production que par la qualité de ses tissus, récompensée par une médaille d’or lors de l’exposition industrielle de Rouen de 1859.
En 1876, le tissage Bertel emploie plus de 700 personnes et constitue le principal employeur de Sotteville, pour la main d’œuvre féminine. Durant la décennie suivante, une importante filature de coton de 20 624 broches est adjointe au tissage qui totalise pour sa part plus de 700 métiers. L’énergie est fournie par deux machines à vapeur totalisant une puissance de 2 000 ch. Par suite de cette extension, l’usine occupe une surface 49 000 m2 dont 29 400 m2 d’ateliers. Elle produit alors tout une gamme de tissus : cretonnes, longottes, flanelles de couleur, zéphyrs, croisés, veloutines imprimées… Pour loger une partie de son personnel, l’entreprise lance, à la même époque, la construction de premiers logements ouvriers sur la commune.
Après le décès de Jacques Bertel en 1887, ses fils Henry et Gaston reprenne la direction de l’entreprise. Le 14 avril 1908, celle-ci devient la Société Anonyme des Anciens Etablissements Bertel, dont le capital s’élève à 1 ,6 MF. D’importants investissements sont réalisés sur le site pour augmenter sa capacité de filage et de tissage mais aussi pour compléter ces deux activités par la mise en service d’un atelier de blanchiment et d’un atelier de teinture sur fils et sur tissus. En assurant en interne toute la chaine de production, l’usine Bertel devient ainsi l’une des rares usines textiles intégrées de la région rouennaise. C’est l’une des rares également à mettre à disposition de son personnel, un système de retraite, un dispensaire et une coopérative d'achat.
Au lendemain de la Premier Guerre mondiale, avec une filature totalisant 40 000 broches, un tissage équipé de 810 métiers et une teinturerie assurant 2 t de fils teints par jour, l’usine désormais dirigée par Fernand Hanus est en capacité produire annuellement 10 M de mètres de bandes tissées ayant de 80 cm à 2 m de large.
En juillet 1925, l’usine est vendue à un industriel de l’Est, M. Seiligmann, propriétaire d’une usine de confection à Vaucouleurs (55) qui se trouve être un important client de l’usine Bertel de Sotteville. Son gendre, Georges-Bernard Lévy, est aussitôt nommé administrateur délégué de l’établissement, puis en 1937 administrateur unique de la Société Anonyme des Anciens Etablissements Bertel en remplacement de Fernand Hanus. La direction de la filature est confiée à un jeune ingénieur formé à Gand (Belgique), M. Steelandt, qui introduit de nouvelles méthodes de travail pour développer sa capacité de production. L’effectif de la partie filature atteint le chiffre de 700 ouvriers à la veille de la Seconde Guerre mondiale.
L’entre-deux guerres est aussi marquée par la construction d’une importante cité ouvrière lancée en 1927.
En juin 1940, avec l’arrivée des troupes allemandes à Sotteville, l’usine Bertel passe sous le contrôle de l’occupant à qui elle doit fournir 80 % de sa production. Mais la pénurie des matières premières entraine une chute vertigineuse de l’activité. La filature comme le tissage peinent à atteindre 20 % de leurs chiffres d’avant-guerre. Pour remplacer Georges-Bernard Lévy parti en zone libre pour fuir les mesures d’aryanisation, un conseil d’administration réunissant des industriels du textile rouennais, comme Eugène Lavoisier, est constitué pour assurer la direction de l’entreprise.
Du fait de son implantation à proximité de la gare de triage de Sotteville, cible privilégiée des bombardements alliés, l’usine est gravement touchée lors de l’attaque du 12 mars 1943 : la moitié de la partie tissage est détruite. Les machines épargnées sont transférées dans une filature désaffectée de Montville (76) sur la vallée du Cailly, ou doivent se rendre chaque jour les ouvriers de Sotteville. La mesure est prémonitoire car l’usine est à nouveau bombardée le 27 septembre 1943, puis le 19 avril 1944. Avec plus de 46 impacts, cette dernière attaque entraine la destruction des derniers ateliers encore debout, soit 40 000 m² de surface bâtie. Seules sont épargnées la salle des machines et la cheminée de l’usine.
La reconstruction de l’usine, grâce aux dommages de guerre, démarre juste au lendemain du conflit. Les plans des nouveaux bâtiments sont confiés à une équipe d’architectes réunissant Raoul Leroy, Raoul Lagnel, Charles Féret et Bernard Lecerf, et les travaux à l’entreprise de construction Albert Ruquier établie à Oissel. La première pierre est posée officiellement le 8 juin 1946 en présence du préfet. La nouvelle filature de 12 000 m² est livrée à l’issue de la première tranche, en avril 1948. Elle est édifiée à l’emplacement de la filature d’origine et se compose de trois ateliers conçus suivants les principes de l’architecture moderne : des espaces de travail lumineux grâce à l’éclairage naturel et électrique, aérés et climatisés grâce à la pose d’un double plafond… Le tissage et l'atelier des apprêts sont quant à eux de vastes bâtiments construits de plain-pied en structure métallique et toit en shed. Parallèlement, l'équipement est reconstitué avec des machines modernes acquises auprès de la Société Alsacienne de Constructions Mécaniques. L’amélioration des conditions de travail et du confort des ouvriers au sein de l’usine est complété par la mise en place d'œuvres sociales dont un centre d’apprentissage.
La nouvelle filature est remise en route en 1948 avec 12 500 broches fonctionnant à double équipe, mais la totalité de l’usine avec l’ensemble de ses ateliers de tissage, de teinture et d’apprêts redémarre véritablement en 1953. Une centrale électrique est construite en 1954 pour assurer son autonomie énergétique. Le capital de la société passe en quelques années de 4,8 MF à 118 MF.
En 1963, Georges-Bernard Lévy quitte l’entreprise et faute de trouver un successeur dans son entourage, l’établissement est vendu la société belge l’Union Textile de Gand qui réoriente la production vers les tissus haut de gamme. L’usine résiste à la crise textile et produit en 1973, 2 000 t de fils de coton écrus ou teints et 1 200 t de tissus. Elle emploie pour cela un effectif de 530 salariés. Mais à la fin de la décennie, la concurrence étrangère finit par avoir raison de l’entreprise sottevillaise. Un plan de restructuration est mis en place en décembre 1980 pour redresser la situation mais les pertes financières sont trop importantes : la filature est arrêtée la première en 1981, puis l’année suivante vient le tour du tissage et de l’atelier des apprêts. Le 6 aout 1982, le dépôt de bilan est présenté par la société au tribunal de commerce de Rouen. Faute de repreneur industriel, le site de 5 ha est scindé en deux : un lot correspondant à l’ancienne filature est destiné à devenir un parc d’activités commerciales et artisanales, l’autre est rasé pour laisser place à 80 pavillons. Le parc d’activités Bertel, aménagé par l’architecte Marc Fizelier, est inauguré en 1986.
-
Période(s)
- Principale : 2e quart 20e siècle , daté par source
- Principale : milieu 20e siècle , daté par source, daté par travaux historiques
-
Dates
- 1948, daté par source
- 1953, daté par source
- 1954, daté par travaux historiques
-
Auteur(s)
-
Auteur :
Lagnel Raoularchitecte attribution par travaux historiquesLagnel RaoulCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Archittecte né à Dieppe. Construit en 1929, l'église Saint-Vincent de Paul à Sotteville-lès-Rouen, et agrandit la sacristie en 1952. Participe (avec Peulevey et Lecerf) à la construction de la cité HLM Clair-Joie à Maromme en 1948. Participe (avec Lecerf, Féret et Leroy) à la reconstruction de l'usine Bertel à Sotteville en 1953.
-
Auteur :
Leroy Raoularchitecte attribution par travaux historiquesLeroy RaoulCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Architecte DPLG, rue de Fontenelle à Rouen, architecte en chef du département de Seine-Maritime de 1949 à 1976
- Auteur : architecte attribution par travaux historiques
- Auteur : architecte attribution par travaux historiques
-
Auteur :
Ruquier Albertentrepreneur attribution par travaux historiquesRuquier AlbertCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Entrepreneur de construction à Oissel
-
Auteur :
Les ateliers, les bureaux et les magasins industriels consistent en un même bâtiment d’un étage, en béton et brique en remplissage, construit sur un plan symétrique (un corps central et deux ailes latérales identiques) et couvert d'un toit en terrasse.
-
Murs
- béton
- brique
-
Toitsbéton en couverture
-
Plansplan symétrique
-
Étages1 étage carré
-
Couvrements
- charpente en béton armé apparente
-
Couvertures
- terrasse
-
Statut de la propriétépropriété privée
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
- (c) Région Normandie - Inventaire général
Bibliographie
-
Dictionnaires biographiques commerciaux et industriels. Département de la Seine-Inférieure. Rézé : F. Allain, 1928-29, 557 p.
p. 336, 337 -
ANDRIEU, Daniel, Jean-François GLABIK, LEROY, Léon. Sotteville une vie. Sotteville-lès-Rouen : Maison pour tous, 1990. 191 p.
p. 98 à 111 -
ANDRIEU, Daniel, Jean-François GLABIK, LEROY, Léon. Sotteville, les feuilles mortes. Sotteville lès Rouen : Maison pour tous, 1990. 235 p.
p. 86, 87 -
ANDRIEU, Daniel, Jean-François GLABIK, LEROY, Léon. Sotteville après la pluie. Sotteville lès Rouen : Maison pour tous, 1993. 235 p.
p. 47 à 54 -
Le patrimoine industriel de la région de Rouen. Rouen, Banque CIN ed., 1994, 80 p.
-
PESSIOT, Guy. Histoire de l'agglomération rouennaise. La rive gauche.- Rouen : Le P'tit Normand, 1990. 288 p.
p. 265, 266
Périodiques
-
La reconstruction industrielle. Revue de Rouen, n°6, 1954, p. 30
-
CAYZEELE, Catherine. Le développement de l’industrie dans les cantons de Sotteville et de Grand-Couronne (1840-1914). In: Études Normandes, 23e année, n°279, 1974, pp. 1-16.
p. 7, 10, 15 -
DANTAN, Alain. Le développement de l'industrie dans les cantons de Sotteville et de Grand-Couronne 1914-1939. In: Études Normandes, 23e année, n°280, 1974. pp. 1-23.
p. 18
Chargée de recherches à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, depuis 1992. Spécialité : patrimoine industriel.
Chargée de recherches à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, depuis 1992. Spécialité : patrimoine industriel.