Dossier d’œuvre architecture IA76000526 | Réalisé par
Real Emmanuelle (Contributeur)
Real Emmanuelle

Chargée de recherches à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, depuis 1992. Spécialité : patrimoine industriel.

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  • patrimoine industriel, patrimoine industriel des communes de la rive gauche de Rouen
Cotonnière de Saint-Etienne-du-Rouvray, puis usine de construction électrique et électronique Sagem
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Normandie - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Seine-Maritime - Saint-Étienne-du-Rouvray
  • Commune Saint-Étienne-du-Rouvray
  • Adresse boulevard Industriel , boulevard Lénine , rue Maurice Blot , rue de Seine
  • Cadastre 1982 AR 96
  • Dénominations
    filature, tissage, usine de mécanique de précision, usine de construction électrique, ensemble de construction électronique
  • Précision dénomination
    filature de coton, tissage de coton
  • Appellations
    Cotonnière de Saint-Etienne-du-Rouvray, la Coto, SAGEM
  • Parties constituantes non étudiées
    atelier de fabrication, salle des machines, bureau, château d'eau, cour, logement d'ouvriers, logement de contremaître, logement patronal, infirmerie, café, remise

Au début des années 1860, Emile Jean Scheppers, fondateur de la société bruxelloise des Filatures et Tissages Scheppers décide de créer à Saint-Etienne du Rouvray une immense usine regroupant filature et tissage de coton. L’implantation de cet industriel belge près de Rouen s’explique à la fois par la présence de terrains disponibles à coût réduit, la proximité de la seine et du réseau ferré utilisés comme moyen de transport, une main d’œuvre abondante formée au métier du textile et un écosystème textile particulièrement dynamique autour de Rouen.

La sarl Cotonnière de Saint-Etienne du Rouvray est créée le 30 novembre avec un capital de 6 MF. L’usine est édifiée dans la foulée et mise en service en 1866. Elle comprend deux filatures, une grande et une petite, et deux tissages fonctionnant à l’énergie thermique, divers ateliers, entrepôts et magasins, ainsi qu’une usine à gaz destinée à assurer l’éclairage des bâtiments. Avec un équipement totalisant 90 900 broches et 563 métiers à tisser, elle s’impose dès sa création comme l’une des plus importantes usines textiles de la région rouennaise.  Après un démarrage d’activité rendu très difficile par la crise cotonnière due à la concurrence britannique et à la pénurie de matière première, Emile Scheppers décide de revendre au plus vite sa société.

La sarl est transformée en société anonyme le 1er mai 1872, mais l’usine à peine remise en route est victime en juin 1872 d’un violent incendie qui se déclare dans la grande filature et entraine la destruction des deux niveaux supérieurs de l'édifice. Une partie de son équipement comprenant renvideurs et bancs à broches est détruit ainsi que la machine à vapeur de 1 200 ch qui les entraine. La grande filature est reconstruite aussitôt et remise en service.

En 1879, la Cotonnière compte 80 000 broches, 600 métiers à tisser, deux machines à vapeur totalisant une puissance de 1 500 ch et un effectif de 1 050 ouvriers. Pour loger une partie de ce personnel, une importante cité ouvrière comptant une centaine de maisons en bande est construite à partir de 1876 aux abords de l’usine (rues Fontaine, de Moor, Reisch, Parmentier, Weber, Coumont, Blot et de Seine). Outre les logements, elle comprend également divers équipements dont une école de garçons, une école de filles, une bibliothèque, une crèche, un dispensaire, une pharmacie et une chapelle...

En 1889, un nouvel incendie se déclare dans l’usine, touchant cette fois la petite filature qui emploie 150 ouvriers, totalise 11 800 broches et dont l’équipement se compose de renvideurs, cardes, bancs à broches et laminoirs.

Après ces deux incendies rapprochés, Georges De Moor alors directeur de l’usine décide de revoir la conception des ateliers et l'organisation du travail, à savoir privilégier des bâtiments de plain-pied couverts en shed à ossature métallique plus résistants au feu et permettant un process de production horizontal et non vertical comme c’était le cas auparavant. La nouvelle filature est mise en service en 1890.

En 1892, la Cotonnière se place au premier rang des usines textiles de la région. Sa production annuelle est alors de 3 700 t de fils et de 7,6 M de mètres de tissus et son effectif de 1 410 personnes, des femmes essentiellement. En 1904, son effectif atteint le chiffre de 2000 personnes.

Durant le Première Guerre mondiale, l’usine fonctionne à plein régime, une grande partie de sa production étant réservée à l’armée. Sur les 1006 métiers en service en 1915, 200 servent exclusivement aux commandes militaires.

Au lendemain du conflit, avec la mise en service d’une troisième filature (un atelier de plain-pied couvert en shed), l’activité de filage totalise 140 000 broches. L’activité de tissage, répartie dans deux immenses ateliers du même type, compte 1 350 métiers. L’usine occupe 2 500 ouvriers et est à son apogée. En 1926, son directeur Henri Abt lance avec la Société Anonyme Le Foyer des Familles nombreuses la construction d’une petite cité de 30 logements. L'embellie est de courte durée. La Cotonnière Impactée par la crise économique de 1929, est contrainte de fermer définitivement en 1932.

L’usine désaffectée est rachetée en 1939 par la Société d’Application Générale d’Electricité et de Mécanique (SAGEM), une entreprise fondée en 1925 par l’ingénieur Marcel Môme pour produire d’abord de l’outillage, puis du matériel militaire.  En raison de la guerre, la SAGEM ne peut prendre possession du site (occupé par l’armée allemande puis par les Américains) qu’en 1946. Par chance, l'usine a été épargnée par les bombardements alliés de 1943 et 1944 qui ont ravagé la rive gauche de Rouen.

La SAGEM commence son activité avec la production de matériel militaire mais doit préalablement reconstruire des bâtiments devenus vétustes : une ancienne filature à étages et sa salle des machines sont remises en état pour devenir les nouveaux bureaux de la direction. La baisse de commandes de l’armée au début des années 1950 contraint la société à se réorienter vers la fabrication de matériel de télécommunication, puis à partir des années 1960 vers des activités diversifiées relevant de la mécanique de précision : optique, métrologie, électronique… En 1972, l'usine occupe 1 840 personnes et dégage un chiffre d’affaires de plus de 612 MF, réalisé principalement sur le marché français. En 1990, face à la concurrence européenne, l’entreprise se recentre sur trois secteurs : navigation et défense, télécommunications, électronique et industrie. L’usine du Rouvray est plus particulièrement affectée à la production d'équipements informatiques et emploie pour cela 1 400 salariés.

  • Période(s)
    • Principale : 3e quart 19e siècle , daté par travaux historiques , (détruit)
    • Principale : 4e quart 19e siècle , daté par travaux historiques, porte la date
    • Principale : 1er quart 20e siècle , daté par travaux historiques
    • Principale : milieu 20e siècle , daté par travaux historiques
  • Dates
    • 1866, daté par travaux historiques
    • 1872, daté par travaux historiques
    • 1876, porte la date
    • 1890, daté par travaux historiques

L'usine occupe un terrain de 15 ha, 23 ha en englobant la cité ouvrière qui se déploie au nord et au sud de l'espace industriel. Elle se compose essentiellement d'ateliers de fabrication en brique et ossature métallique construits en rez-de-chaussée et couverts en shed. Sur les cinq en place, un est particulièrement remarquable par sa très grande emprise au sol de près d'un hectare, les autres plus modestes se développent sur une surface de 300 à 500 m². Sur les trois filatures en brique à étages qui existaient initialement, une seule subsiste avec sa salle des machines accolée. Toutes deux sont reconstruites en béton avec parement de brique et toit terrasse et reconvertie en bureaux. Le logement patronal placé dans l'enceinte de l'usine est construit en briques polychromes sur un étage et un étage comble, et couvert d'un toit en pavillon en ardoise.

La cité ouvrière se compose essentiellement de petits logements en bande pour les ouvriers, construits en rez-de-chaussée ou sur un étage. Les logements de contremaître construits en brique et silex sur un étage sont également jumelés.

  • Murs
    • brique
    • silex
    • béton
  • Toits
    tuile mécanique, ardoise, verre en couverture
  • Étages
    3 étages carrés, étage de comble
  • Couvrements
    • charpente métallique apparente
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans pignon couvert
    • toit en pavillon
    • shed
  • Énergies
    • énergie thermique produite sur place
    • énergie électrique achetée
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Éléments remarquables
    salle des machines

Bibliographie

  • Dictionnaires biographiques commerciaux et industriels. Département de la Seine-Inférieure. Rézé : F. Allain, 1928-29, 557 p.

    p. 339, 340
  • PESSIOT, Guy. Histoire de l'agglomération rouennaise. La rive gauche.- Rouen : Le P'tit Normand, 1990. 288 p.

    p. 206, 207

Périodiques

  • CAYZEELE, Catherine. Le développement de l’industrie dans les cantons de Sotteville et de Grand-Couronne (1840-1914). In: Études Normandes, 23e année, n°279, 1974, pp. 1-16.

    p. 7, 11
  • DANTAN, Alain. Le développement de l'industrie dans les cantons de Sotteville et de Grand-Couronne 1914-1939. In: Études Normandes, 23e année, n°280, 1974. pp. 1-23.

    p. 5, 6, 13, 17
Date(s) d'enquête : 1995; Date(s) de rédaction : 1996
(c) Région Normandie - Inventaire général
Real Emmanuelle
Real Emmanuelle

Chargée de recherches à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, depuis 1992. Spécialité : patrimoine industriel.

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