Dossier d’œuvre architecture IA76000516 | Réalisé par
Real Emmanuelle (Contributeur)
Real Emmanuelle

Chargée de recherches à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, depuis 1992. Spécialité : patrimoine industriel.

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  • patrimoine industriel, patrimoine industriel des communes de la rive gauche de Rouen
Filature de coton Plantrou
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) IGN

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Seine-Maritime - Saint-Étienne-du-Rouvray
  • Commune Oissel
  • Adresse rue de la Paix
  • Cadastre 1982 AK 859
  • Dénominations
    filature
  • Précision dénomination
    filature de coton
  • Appellations
    filature Plantrou

Cette filature de coton est construite en 1836 par Nicolas Plantrou et utilise d’emblée une machine à vapeur pour entrainer tous ses métiers. Elle compte en 1856 un équipement totalisant près de 1 500 broches lui permettant de produire 4,5 t de fils par semaine. Elle surmonte la crise cotonnière des années 1860, et se dote en 1878 d’une chaudière à vapeur de forme cylindrique provenant du constructeur rouennais Renault fils mais n’emploie plus que 40 ouvriers en 1882.

 L’usine connait un véritable essor au tournant du 20e siècle, sous la direction d'Eugène Plantrou, petit-fils du fondateur. Un atelier de blanchiment, et des pièces de séchage sont édifiés en 1899, et une nouvelle chaufferie est construite quelques années plus tard.

L’entreprise connait une seconde phase d’extension dans les années 1920. L’acquisition de parcelles voisines permet de porter la surface de son usine à un hectare et demi en 1920 : un atelier de teinture est mis en service, son équipement est augmenté à 15 000 broches et son effectif porté à 150 ouvriers. L'usine se spécialise alors dans la transformation du fils brut produit par la Cotonnière de Oissel en fils de fils de coton jaspés, mélangés et fantaisie.

Après le décès d’Eugène Plantrou en 1931, son fils Jean prend la tête de l’entreprise. Touchée par la crise économique de 1929, l’usine doit se séparer d’une partie de son personnel. Son effectif tombe à 94 ouvriers en 1932 et en compte 96 en 1938.

La Seconde Guerre mondiale a des répercussions sévères sur l’entreprise. L’usine peine à produire faute de matière première et se voit contrainte de fermer en 1942 sur ordre du gouvernement de vichy. Puis les bombardements alliés de 1944 détruisent une partie des bâtiments et l’équipement en place. Les dégâts s’élèvent à 4 MF soit plus de trois fois le montant du capital de la société des Etablissement Plantrou et Cie qui se monte à 1 230 000 F en 1946.

Malgré l’importance des pertes, l’usine redémarre le 1er décembre 1945. L’année suivante, ses ateliers de filature, de teinture et de fileterie retrouvent 60 % de leur capacité d’avant-guerre. Son effectif est alors de 100 personnes. Le remplacement de toutes les machines détruites ou endommagées pendant le conflit permet à l’entreprise de retrouver tout son potentiel en 1950, avec un effectif de 120 personnes. Mais, la crise textile des années 1960, avec la perte des débouchés vers les anciennes colonies françaises entraîne une baisse d’activité pour tout le secteur textile. La société Plantrou n’est pas épargnée et réagit en optant en 1952 pour la réduction du temps de travail à 35 h par semaine au lieu de 45 h, plutôt que le licenciement d’une partie de ses ouvriers comme c’est le cas dans la plupart des filatures. La concurrence étrangère et l’expansion des fibres artificielles durant la même décennie contraint l’entreprise à fermer un atelier en 1966. Cette décision ne parvient pas à redresser la situation, et François Plantrou, directeur de la société, se résigne à fermer son usine en 1967. C’était la dernière filature de coton encore en activité à Oissel.

Le site reste désaffecté jusqu’en 1977, date à laquelle la société Normande de Façonnage rachète l’usine pour y effectuer de la confection textile. Mais après trois ans d’activité elle ferme à son tour et les bâtiments sont détruits en 1981.  A son emplacement est bâti un vaste ensemble immobilier associant immeubles de logements et équipements publics dont la nouvelle poste d’Oissel.

  • Période(s)
    • Principale : 2e quart 19e siècle , daté par travaux historiques
    • Principale : 3e quart 19e siècle , daté par travaux historiques
    • Principale : 4e quart 19e siècle , daté par travaux historiques
    • Principale : 1er quart 20e siècle , daté par travaux historiques
    • Principale : 2e quart 20e siècle , daté par travaux historiques , (détruit)
    • Principale : 4e quart 20e siècle , daté par travaux historiques , (détruit)
  • Dates
    • 1836, daté par travaux historiques
    • 1878, daté par travaux historiques
    • 1899, daté par travaux historiques
    • 1920, daté par travaux historiques
  • Énergies
    • énergie thermique
    • produite sur place
  • État de conservation
    détruit

Documents d'archives

  • AD Seine-Maritime. Série M ; Sous-série 6 M : 6 M 1105. Statistiques industrielles, appliquées aux filateurs de la commune de Oissel en 1856.

    Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : 6 M 1105
    Filature de coton, Plantrou : production de 4 500 kg de coton par semaine.
  • AD Seine-Maritime. Série S ; sous-série 8 S : 8 S 51. Registre des déclarations de chaudières à vapeur, mars 1865 à février 1889.

    Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : 8S51
    sumé du document : Déclaration du remplacement de la chaudière provenant de chez Mallard et Pilée constructeurs à Rouen, 15 mars 1876.
  • AD Seine-Maritime. Série S ; sous-série 8 S : 8 S 51. Registre des déclarations de chaudières à vapeur, mars 1865 à février 1889.

    Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : 8S51
    Déclaration de chaudière, 20 juin 1879.
  • AD Seine-Maritime. Série M. Sous-série 5M : 5M 653 : établissements dangereux et insalubres de Oissel.

    Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : 5M 653
    Installation d'une blanchisserie et d'une teinturerie de coton, 20 février 1899.
  • AD Seine-Maritime. Série S ; sous-série 8 S : 8 S 53. Registre des déclarations d'appareils à vapeur, février 1900 à mai 1913.

    Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : 8S 53
    Déclaration d'un bouilleur, 31 octobre 1903.
  • AD Seine-Maritime. Série S ; sous-série 8 S : 8 S 53. Registre des déclarations d'appareils à vapeur, février 1900 à mai 1913.

    Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : 8S 53
    Déclaration de chaudière, 20 mai 1908.

Bibliographie

  • TURGIS, Edouard. Oissel. Glanes, traditions, souvenirs, faits contemporains. Evreux : Ch. Hérissey, 1886, 794 p.

Périodiques

  • CAYZEELE, Catherine. Le développement de l’industrie dans les cantons de Sotteville et de Grand-Couronne (1840-1914). In: Études Normandes, 23e année, n°279, 1974, pp. 1-16.

Date(s) d'enquête : 1994; Date(s) de rédaction : 1994
(c) Région Normandie - Inventaire général
Real Emmanuelle
Real Emmanuelle

Chargée de recherches à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, depuis 1992. Spécialité : patrimoine industriel.

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