Dossier d’œuvre architecture IA76000509 | Réalisé par
Real Emmanuelle (Contributeur)
Real Emmanuelle

Chargée de recherches à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, depuis 1992. Spécialité : patrimoine industriel.

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  • patrimoine industriel, patrimoine industriel des communes de la rive gauche de Rouen
Cotonnière de Oissel, puis usine de produits phytosanitaires dite la Quinoleine
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Normandie - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Seine-Maritime - Saint-Étienne-du-Rouvray
  • Commune Oissel
  • Adresse 3 rue Octave Fauquet
  • Cadastre 1982 AH 444
  • Dénominations
    filature, tissage, usine de produits phytosanitaires
  • Précision dénomination
    filature de coton, tissage de coton
  • Appellations
    Cotonnière d'Oissel, Quinoleïne
  • Parties constituantes non étudiées
    atelier de fabrication, laboratoire, entrepôt industriel, réservoir industriel, chaufferie, salle des machines, cité ouvrière, voie ferrée

La société anonyme Cotonnière de Oissel, au capital de 2 500 000 F, est créée le 27 juillet 1899 par les frères Edouard et Auguste Kirschner, deux entrepreneurs du textile alsaciens venus en Normandie à la suite au traité de Francfort de 1871 et à l’annexion de l’Alsace par l’empire allemand.

Avant de créer leur propre établissement, tous deux sont d’abord employés comme cadres à la Cotonnière de Saint-Etienne du Rouvray, Auguste y étant nommé au poste de directeur dans les années 1890. Puis très vite, ils décident de s’associer pour fonder leur propre filature de coton à Oissel.

L’usine est établie le long de la ligne ferroviaire Paris-Rouen-Le Havre à laquelle elle est raccordée et sa construction est confiée à l’entreprise de travaux publics Lafarge et Brueder.  L’établissement doit produire au moins 8 t de fils quotidiennement et pour cela est équipé de 1300 continus à filer, d’une dizaine de métiers renvideurs, d’encolleuses à cylindres… tous mus par l’énergie thermique. Il emploie près de 700 personnes au moment de sa mise en route en 1900.

En 1910, un tissage et un atelier de finissage sont adjoints à la filature. Les tissus produits sur place sont destinés essentiellement à l’exportation vers les colonies.

Pendant la Première Guerre mondiale, la Cotonnière travaille à plein régime pour les besoins de l’armée. Ernest Judlin, beau-frère des fondateurs et administrateur délégué depuis 1908, assure alors sa direction.

Durant l’entre-deux guerres, sous l’impulsion de ses administrateurs parmi lesquels figurent Eugène Plantrou, Jean-Marie Motte et Henri Gy, une cité ouvrière de 56 logements en maisons jumelées, dite cité Kirschner, est édifiée au nord de l’usine pour loger les ouvriers les plus qualifiés. Parallèlement des actions sociales sont mises en place : un service médical gratuit, une aide pour les familles nombreuses, un fonds de secours mutuel…

Frappée de plein fouet par la crise économique de 1929, la Cotonnière est contrainte de réduire son personnel à 280 personnes en 1930. Mais le redémarrage de l’activité est rapide et l’effectif de l’usine remonte à 600 personnes en 1936 et à 700 en 1939.

Durant la Seconde Guerre mondiale, la Cotonnière tourne au ralenti faute de matières premières et subit plusieurs bombardements. Le tissage est sérieusement endommagé et l’entrepôt où était stocké le coton brut entièrement détruit.

La guerre finie, la filature est remise en route le 1er aout 1945 avec un effectif de 250 personnes. En 1946, malgré des difficultés constantes d’approvisionnement, la production de la filature atteint 80 % de son niveau d’avant-guerre. Parallèlement les travaux de reconstruction des parties détruites ou endommagées sont engagés et achevés en 1952. En 1954, la filature emploie 172 personnes et le tissage 277. Mais l’usine est désormais confrontée à la concurrence des textiles étrangers. Sans solution face à la baisse des commandes, la Cotonnière ferme définitivement ses portes le 14 mai 1955.

En 1960, les bâtiments désaffectés sont rachetés par la société anonyme la Quinoléïne et ses dérivés, fondée en 1955, dont le siège social est à Paris. L’ancien site textile est reconverti en usine de produits chimiques spécialisée dans la fabrication d'insecticides, d'herbicides, de fongicides et d'engrais. Un équipement permettant le broyage et la synthèse des différents composés chimiques, le conditionnement et le stockage des produits finis est mis en place. En 1972, la Quino, c’est ainsi qu’elle est surnommée localement, emploie 197 personnes et assure 60 % de la production française.

En 1980, l’usine est rachetée par le groupe suisse Hoffman-La Roche. En 1989, un laboratoire de recherche représentant un investissement de 17 MF est installé sur le site. Malgré cet investissement conséquent, Hoffman-La Roche décide de se séparer de son usine normande l’année suivante, pour se recentrer sur ses activités pharmaceutiques. Le site est racheté par un autre groupe chimique suisse, Ciba-Geigi spécialisé dans les phytosanitaires. L'usine occupe 265 personnes en 1990. Mais la conjoncture est au plus mal. Face au recul du marché des phytosanitaires en France, Ciba-Geigi décide à son tour de céder l’usine de Oissel à la société Orgasynth, tout en restant actionnaire minoritaire. L’accord de vente est signé le 31 décembre 1994 et en 1996 l’usine intègre la nouvelle société spécialisée dans la chimie fine. Un atelier d’une capacité de production annuelle de 6 000 m3 est aussitôt édifié pour assurer cette nouvelle activité. Mais la fin de la décennie est marquée par un ralentissement du marché phytosanitaire et les pertes subies par l’usine atteignent 5 M d’euros en 2001. Commence alors une politique de réduction drastique du personnel : sur les 123 salariés la moitié est licenciée en 2001. Les plans de licenciement se succèdent jusqu’en 2007, date à laquelle l’usine ferme définitivement ses portes.

Les bâtiments, sans perspective de repreneurs ni de projet de reconversion, sont entièrement rasés en mai 2008.

  • Période(s)
    • Principale : 1er quart 20e siècle , daté par travaux historiques
    • Principale : 2e quart 20e siècle , daté par travaux historiques
    • Principale : 3e quart 20e siècle , daté par travaux historiques
    • Principale : 4e quart 20e siècle , daté par travaux historiques
  • Dates
    • 1900, daté par travaux historiques
    • 1910, daté par travaux historiques
    • 1952, daté par travaux historiques
    • 1960, daté par travaux historiques
    • 1989, daté par travaux historiques
    • 1996, daté par travaux historiques
  • Auteur(s)

Le site est composé de plusieurs ateliers et desservi par une voie ferrée particulière raccordée à la ligne de chemin de fer Paris-Rouen. La filature consiste en un bâtiment massif de deux étages, construit en brique et charpente métallique et couvert d'un toit en terrasse. Lui est accolée une tour rectangulaire de 4 niveaux abritant l'escalier et le monte-charge sur laquelle est gravée la date "1900". Le tissage est construit en rez-de-chaussée, en brique et couvert en shed, tuile mécanique et verre en couverture. La salle des machines en brique et charpente métallique s'élève sur un étage carré avec toit en terrasse. Les autres bâtiments, le réservoir et l'entrepôt à toit bombé sont en béton armé. La cité ouvrière se compose de 28 maisons jumelées en briques bicolores s'élevant sur un étage carré et un étage de comble, ardoise en couverture. Les logements reconstruits après-guerre sont sur le même modèle mais utilisent le parpaing de béton comme matériau de gros-œuvre.

  • Murs
    • brique
    • béton béton armé
    • béton parpaing de béton
  • Toits
    tuile mécanique, verre en couverture, ardoise
  • Étages
    3 étages carrés, étage de comble
  • Couvrements
    • charpente métallique apparente
    • charpente en béton armé apparente
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • terrasse
    • toit à longs pans pignon couvert
    • shed
    • toit bombé
  • Énergies
    • énergie thermique produite sur place
    • énergie électrique achetée
  • État de conservation
    détruit après inventaire
  • Statut de la propriété
    propriété d'une société privée

Documents d'archives

  • AD Seine-Maritime. Série S ; sous-série 8 S : 8 S 52. Registre des déclarations de chaudières à vapeur, mars 1889 à février 1900.

    Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : 8S52
    Déclaration de deux tambours d'encolleuses, 16 février 1900.
  • AD Seine-Maritime. Série S ; sous-série 8 S : 8 S 53. Registre des déclarations de chaudières à vapeur, février 1900 à mai 1913.

    Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : 8S53
    Déclaration de deux chaudières d'une surface de chauffe de 140m² timbrées à 8k, 2 avril 1900.
  • AD Seine-Maritime. Série S ; sous-série 8 S : 8 S 53. Registre des déclarations de chaudières à vapeur, février 1900 à mai 1913.

    Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : 8S53
    Déclaration d'un tambour d'encolleuse, 31 mai 1901.
  • AD Seine-Maritime. Série S ; sous-série 8 S : 8 S 53. Registre des déclarations de chaudières à vapeur, février 1900 à mai 1913.

    Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : 8S53
    Déclaration de deux cylindres d'encolleuses, 22 septembre 1905.
  • AD Seine-Maritime. Série S ; sous-série 8 S : 8 S 53. Registre des déclarations de chaudières à vapeur, février 1900 à mai 1913.

    Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : 8S53
    Déclaration d'une chaudière dédiée au séchage, 20 octobre 1907.
  • AD Seine-Maritime. Série S ; sous-série 8 S : 8 S 53. Registre des déclarations de chaudières à vapeur, février 1900 à mai 1913.

    Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : 8S53
    Déclaration d'une chaudière à vapeur, 6 janvier 1909.
  • AD Seine-Maritime. Série U ; sous-série 6 U : 6 U/295. Déclaration aux fins d’immatriculation et d’inscription modificative des personnes morales, des sociétés, au registre du commerce (1920-1940).

    Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen
    Cotonnière de Oissel
  • AD Seine-Maritime. Série W. Sous-série 238 W : 238 W 2726, 4847. Dommages de guerre et reconstruction. Direction départementale de l'équipement.

    Dossiers 2863, 47783.

Périodiques

  • DANTAN, Alain. Le développement de l'industrie dans les cantons de Sotteville et de Grand-Couronne 1914-1939. In: Études Normandes, 23e année, n°280, 1974. pp. 1-23.

Date(s) d'enquête : 1994; Date(s) de rédaction : 1995, 2022
(c) Région Normandie - Inventaire général
Real Emmanuelle
Real Emmanuelle

Chargée de recherches à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, depuis 1992. Spécialité : patrimoine industriel.

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