Dossier d’œuvre architecture IA50001617 | Réalisé par ;
Allavena Stéphane
Allavena Stéphane

Chercheur (Conservateur du patrimoine) à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Basse-Normandie de 2005 à 2012, en charge de l'étude sur la ville de Cherbourg-Octeville (Manche).

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  • inventaire topographique, Cherbourg-Octeville
théâtre municipal dit théâtre à l'italienne
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Normandie - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Cherbourg-Octeville - Cherbourg
  • Commune Cherbourg-Octeville
  • Adresse place du Général de Gaulle
  • Cadastre 2008 AW 39

Le premier projet pour la construction d’un théâtre à l’italienne, destiné à satisfaire les besoins culturels d’une ville alors en pleine expansion, date de l’année 1833. Déposé par l’architecte néoclassique Jean-Jacques Marie Huvé, celui-ci prévoit d’implanter la salle de spectacle et la scène dans la halle au blé du faubourg, édifiée en 1832 par l’architecte de la Ville Louis Le Sauvage (IA50001571). Comme bien d’autres par la suite, ce projet est abandonné la même année, en raison des difficultés financières que la Ville traverse.

Bien que de nombreuses propositions, signées de l’architecte municipal François-Dominique Geufroy, soient encore étudiées entre le second Empire et les débuts de la Troisième République, ce n’est finalement que le 7 décembre 1879 qu’un plan définitif est retenu par la municipalité. Réalisé par l’architecte parisien Charles Léon Le François de Lalande, auteur dans la capitale du Théâtre de la Renaissance et du Théâtre des Nouveautés, ce dernier conclut, comme en 1833, à la nécessité d’installer le nouvel établissement dans les locaux du marché au blé.

Financés avec l’aide de L’État qui, grâce à l’intervention du député de la Manche François Lavieille prend à sa charge les deux tiers de la décoration, les travaux commencent le 18 avril 1880. Si l’ornementation de la façade est alors confiée en partie à un artiste local, le sculpteur cherbourgeois Louis-Alexandre Lefèvre-Deslonchamps, la décoration intérieure est assurée par des artistes imposés par le ministère des beaux-arts tels Georges Clairin, Auguste-Alfred Rubé, Philippe-Marie-Emile Chaperon, Georges-Jean-Marie Haquette et Jules Richomme.

Achevé à la fin de l'année 1881, l’édifice est inauguré le 28 janvier 1882 par le maire Jean-Alfred Mahieu, en présence des autorités civile, religieuse et militaire. Dès son ouverture, il est pourvu de 13 décors permettant d’interpréter un répertoire d’une grande variété, assuré les premières années par deux troupes rémunérées par la Ville : une troupe d’hiver chargée de l’opérette, des comédies et des représentations dramatiques entre octobre et mars et une troupe d’été spécialisée dans l’opéra et l’opéra-comique.

Hormis l’installation de l’électricité en 1900 et du chauffage au gaz, le théâtre ne connaît que peu de modifications jusqu’à la fin des années 70, période à laquelle ses façades est, ouest et sud sont incluses dans le nouveau Centre culturel construit pour abriter le musée d’art Thomas Henry ainsi que la bibliothèque. Classé Monument Historique par arrêté du 28 décembre 1984, le théâtre bénéficie depuis 1991 du statut de Scène Nationale.

  • Période(s)
    • Principale : 4e quart 19e siècle
  • Dates
    • 1882, daté par source
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Le François de Lalande Charles Léon
      Le François de Lalande Charles Léon

      Issu d'une famille d'astronomes réputés, l’architecte Charles Léon Le François de Lalande se forme auprès de Léonard Alexandre Victor Teissier (1803-1871) et Alphonse Botrel. En 1863, il est nommé architecte de la Préfecture de police de Paris. Dans les années 1870, il construit à Paris le théâtre de la Renaissance (1873) et celui des Nouveautés (1879). Leurs projets, exposés au Salon des artistes français, lui valent des médailles en 1874 et 1879. Il restaure également le théâtre du Gymnase dans la capitale et celui de la ville d'Aurillac. Dans ce domaine, son projet pour le théâtre municipal de Cherbourg est le plus ambitieux. On lui doit encore plusieurs immeubles de rapport situés dans les 9e et 18e arrondissements parisiens, ainsi que les magasins et ateliers de Belloir et Vazelle, tapissiers de l'opéra de Paris. Médaillé d'honneur de la Société centrale des architectes en 1870, il est fait chevalier de la Légion d'honneur en 1880.

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      architecte attribution par source
    • Auteur :
      Alasseur Jean-Jules
      Alasseur Jean-Jules

      Élève de David d'Angers à l'école de beaux-arts de Paris.Décoré de la Légion d'honneur en 1867.

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      sculpteur attribution par source
    • Auteur : sculpteur attribution par source
    • Auteur : sculpteur attribution par source
    • Auteur :
      Lefèvre-Deslonchamps Louis Alexandre
      Lefèvre-Deslonchamps Louis Alexandre

      Décorateur de la façade du théâtre de Cherbourg, Louis Lefèvre-Deslongchamps a également exécuté des atlantes revêtus d'une peau de lion pour orner un immeuble élevé en 1883 par Ferdinand Bal au 142 rue Montmartre à Paris. Sculpteur formé dans l'atelier d’Auguste Dumont, il expose ds rondes-bosses au Salon des artistes français de 1873 à 1890, notamment Jeune fille à l'épine et Marguerite à l'église, deux œuvres de jeunesse aujourd’hui conservées au musée Thomas-Henry de Cherbourg. On lui doit, dans la capitale, une sculpture représentant Eugène Burnouf, installée sur une des façades de l’hôtel de ville (rue Lobau) et A l'abattoir, un groupe monumental en bronze déposé à l’entrée des abattoirs de la Villette, fondu sous l'Occupation.

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      sculpteur attribution par source
    • Auteur : sculpteur attribution par source
    • Auteur :
      Chaperon Philippe-Marie-Emile
      Chaperon Philippe-Marie-Emile

      Peintre décorateur, élève de Pierre-Charles Ciceri (1782-1868), il collabore avec Auguste Alfred Rubé (1817-1899) à la réalisation de nombreux grands décors des spectacles de son temps (Aïda de Verdi, Faust de Gounod...) et à celle de plusieurs théâtres. Auteur avec Rubé des salons de la Lune et du Soleil et du rideau de l'avant-scène de l'opéra Garnier, il exécute avec lui la couple et le rideau du théâtre de la Renaissance, les rideaux de l'Odéon et de la Comédie française, à Paris .La Bibliothèque musée de l'Opéra de Paris conserve nombre de témoignages de son activité de décorateur.

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    • Auteur :
      Clairin Georges
      Clairin Georges

      Élève d'Isidore Alexandre Auguste Pils à L’École nationale des beaux-arts de Paris, Georges Clairin consacre une grande partie de sa carrière à la décoration des édifices civils. A l’opéra Garnier, il achève le plafond de l’escalier d'honneur (1874) puis réalise le décor de la galerie et de la rotonde du glacier (terminé en 18890). Actif à Cherbourg entre 1881 et 1882, il se voit confier de 1884 à 1886 la décoration du théâtre de Tours où il dirige l’ensemble des opérations (cage d’escalier, plafond du foyer, salle de spectacle). Peintre voyageur, il participe régulièrement au Salon ds artistes français, à celui des Peintres orientalistes, ainsi qu'au Salon ds artistes algériens et orientalistes d'Alger; Le musée d'art Thomas-Henry de Cherbourg a acquis, en 1985, une esquisse du plafond du théâtre municipal, signée Clairin et adressée à "Charles de Lalande".

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    • Auteur :
      Haquette Georges-Jean-Marie
      Haquette Georges-Jean-Marie

      Peintre de marines, élève de Jean-François Millet et d’Alexandre Cabanel.

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    • Auteur :
      Richomme Jules
      Richomme Jules

      Fils du graveur Joseph Théodore Richomme (1785-1849), prix de Rome en 1806, Jules Richomme est surtout connu pour ses nombreuses compositions religieuses, certaines ornant toujours les églises françaises (Consolatrix afflictorum pour l'église de Bercy, L'Adoration des bergers pour la cathédrale de Bordeaux). il a exécuté en 1868 le décor allégorique du plafond de la cour d’assises de la Seine. Le département des arts graphiques du musée du Louvre conserve plusieurs études de détail et d'ensemble pour le plafond du foyer du théâtre de Cherbourg.

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    • Auteur :
      Rubé Auguste-Alfred
      Rubé Auguste-Alfred

      Peintre décorateur, élève de Pierre-Charles Ciceri (1782-1868), il collabore avec Philippe Marie Emile Chaperon (1823-1907) à la réalisation de nombreux grands décors des spectacles de son temps (Aïda de Verdi, Faust de Gounod...), ainsi qu'à celle de plusieurs théâtres. Auteur avec Chaperon des salons de la Lune et du Soleil et du rideau de l'avant-scène de l'opéra Garnier, il exécute avec lui la couple et le rideau du théâtre de la Renaissance, les rideaux de l'Odéon et de la Comédie française, à Paris .La Bibliothèque musée de l'Opéra de Paris conserve nombre de témoignages de son activité de décorateur. Il est décoré de la Légion d'honneur en 1869.

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      peintre attribution par source
    • Auteur : verrier attribution par source

Situé place du Général-de-Gaulle, le théâtre à l’italienne et le Centre culturel qui l’entoure forment un îlot, bordé à l’est par la rue des Halles, à l’ouest par la rue Collart, au sud par la rue Vastel.

Précédé d’un large parvis en granite et grès quartzeux du Roule, l’édifice bâti par Lalande déploie sa façade en pierre calcaire sur soubassements de granite sur 50 mètres et comprend trois parties : un corps de bâtiment principal, siège de la salle des pas perdus et du foyer, et deux pavillons latéraux, en retrait, dont les dimensions en hauteur comme en largeur sont égales à la moitié de celles du corps central. Animée par une succession de décrochements, la façade est unifiée par le bossage à refend du rez-de-chaussée ainsi que par une suite de pilastres toscans qui soulignent les divisions essentielles de l’architecture tout en apportant à l’ensemble un puissant effet de verticalité. Coiffé d’un imposant toit brisé en pavillon, le corps central forme un carré de 25 mètres de côté. Il est doté d’un rez-de-chaussée à arcades ainsi que d’un étage-noble sur lequel l’architecte a plaqué un portique corinthien surmonté par un attique à fronton cintré brisé. Les deux pavillons latéraux qui abritent à l’est le restaurant, à l’ouest l’artothèque et les bureaux de l’administration, sont pourvus de deux façades, l’une sur la place, l’autre sur les rues adjacentes (rue des Halles et rue Collard). Leur élévation, strictement identique, est marquée par la présence d’une travée centrale plus large qui adopte au rez-de-chaussée la forme d’un arc aplati et au premier étage celle d’un arc segmentaire. Les fenêtres de ce dernier niveau sont bordées par des garde-corps en fer forgé. La corniche est couronnée par une balustrade à fronton dont la silhouette masque une toiture en zinc à trois pans.

  • Murs
    • schiste
    • granite
    • calcaire
    • maçonnerie
  • Plans
    plan régulier
  • Étages
    1 étage carré
  • Couvrements
    • voûte plate
    • voûte en berceau
    • voûte en berceau en anse-de-panier
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • terrasse
    • toit en pavillon
  • Escaliers
    • escalier intérieur : escalier tournant à retours en maçonnerie
    • escalier de distribution : suspendu
  • Techniques
    • peinture
    • sculpture
    • décor stuqué
    • ferronnerie
  • Représentations
    • ornement architectural
    • ornement végétal
    • ornement figuré
  • Précision représentations

    Influencée par l'architecture du palais italien de la Renaissance, la façade principale est ornée d'un décor, principalement dédié au monde de la musique et du spectacle, qui associe de façon harmonieuse sculpture et ferronnerie d'art.

    Le cherbourgeois Louis-Alexandre Lefèvre-Deslonchamps est l'auteur des cariatides engainées du rez-de-chaussée ainsi que des enfants musiciens et des allégories (la Comédie et le Drame) qui ornent le fronton. Les mascarons agrémentant au rez-de-chaussée la clé des arcades sont dus au ciseau d'Edmond Bandeville, les bustes de Boieidieu, Corneille et Molière situés au premier étage à celui de Jean-Jules Allasseur. Les jeunes filles ailées, placées au sommet des deux pavillons latéraux, sont de François Roger. La décoration des parties intérieures se caractérise également par une grande diversité des techniques et des matériaux. En peinture, l'iconographie réunit des thèmes empruntés au répertoire traditionnel de l'allégorie (représentation des arts et des saisons), au monde du théâtre ainsi qu'à l'histoire locale.

    Dans l'avant-foyer, les deux toiles monumentales qui ornent les parois est et ouest (Le Pardon de Ploërmel et Guillaume Tell) sont l'œuvre de Philippe-Marie-Emile Chaperon et Auguste-Alfred Rubé (IM50000654). Au foyer, les grands panneaux représentant la Marine et la Campagne sont signés Georges Clairin (IM50000651), tandis que les quatre dessus-de-porte représentant des enfants sont dus au pinceau de Georges-Jean-Marie Haquette (IM50000618). La grande peinture du plafond, dédiée au thème des quatre saisons, est l'oeuvre de Jules Richomme (IM50000617).

    Dans la salle de spectacle, Georges Clairin est également l'auteur des quatre allégories (la Comédie, la Musique, le Drame et la Danse) qui ornent la coupole (IM50000616).

  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Protections
    classé MH partiellement, 1984/12/28
  • Précisions sur la protection

    Façade nord avec ses deux retours latéraux et toitures correspondantes ; le vestibule, le grand escalier, la salle et le foyer avec l’ensemble de leur décor.

Pur produit de l’'éclectisme parisien de la Troisième République, le théâtre à l’'italienne, baptisé aussi « théâtre d'’or », est un des monuments les plus remarquables de la commune de Cherbourg-Octeville.