Dossier d’œuvre architecture IA50001342 | Réalisé par ;
Allavena Stéphane
Allavena Stéphane

Chercheur (Conservateur du patrimoine) à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Basse-Normandie de 2005 à 2012, en charge de l'étude sur la ville de Cherbourg-Octeville (Manche).

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  • inventaire topographique, Cherbourg-Octeville
maison commune, actuellement hôtel de ville
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Normandie - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Cherbourg-Octeville - Cherbourg
  • Commune Cherbourg-Octeville
  • Adresse place de la République
  • Cadastre 1826 D 99  ; 2008 BC 346 et 347

La construction d'une maison commune à Cherbourg, à l'angle de l'actuelle place de la République et de la rue de la Paix, débute en 1793. Réalisé par l'ingénieur des Ponts et Chaussées Ferregeau, à l'emplacement d'une école établie en 1736 par la communauté de Saint-Yon, le gros-œuvre du bâtiment est achevé au mois de janvier 1795 (Pluviôse an III), les finitions en 1804. De forme rectangulaire, doté d'un rez-de-chaussée et de deux étages carrés, l'édifice est précédé à l'est, du côté de la place, par un perron en granite, ainsi que par deux entrées latérales aujourd'hui disparues. Au cours du XIXe siècle, l'augmentation du nombre de services, qui dépendent désormais de la commune, amènent la municipalité à opérer de nombreux agrandissements. C'est ainsi qu'entre 1832 et 1834, une nouvelle aile est ajoutée au nord-ouest par l'architecte de la ville, Louis-Pierre Le Sauvage, pour accueillir la prestigieuse collection de peintures léguée à la Ville par Thomas Henry, commissaire-expert au musée du Louvre, originaire de Cherbourg. Une vingtaine d'années plus tard, en 1852, François-Dominique Geufroy, sur de Louis-Pierre Le Sauvage, édifie en 185 deux corps de bâtiment supplémentaires, au sud et à l'ouest, qui délimitent ainsi une cour de forme quadrangulaire. Ces ajouts permettent l'installation, au premier étage, d'une grande bibliothèque, transformée en 1896 en salle du conseil, et d'un grand salon de réception. Ils sont complétés par l'édification d'un troisième corps de bâtiment au nord, où sont aménagés, par le même architecte, un second grand salon, dit de l'Impératrice, ainsi qu'une rotonde, inaugurés le 7 août 1858 par Napoléon III et l'impératrice Eugénie de Montijo lors du somptueux bal donné en l'honneur de leur visite officielle à Cherbourg. Pourvu, autour de 1900, d'une annexe supplémentaire donnant sur la place de la République, l'hôtel de ville, endommagé par les combats de la Libération, fait l'objet d'un réaménagement important ainsi que d'une restauration complète de sa façade entre 1950 à 1954, menés par l'architecte Gilles Lebreton, grâce à des crédits accordés par le Ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme.

  • Période(s)
    • Principale : 4e quart 18e siècle
    • Principale : 2e quart 19e siècle
    • Principale : 3e quart 19e siècle
    • Principale : limite 19e siècle 20e siècle
    • Secondaire : 3e quart 20e siècle
  • Dates
    • 1793, daté par source
    • 1832, daté par source
    • 1852, daté par source
    • 1858, daté par source
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Ferregeau Pierre
      Ferregeau Pierre

      Ingénieur des Ponts et Chaussées, actif dans le département de la Manche. Membre de la Société Littéraire de Cherbourg.

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      ingénieur attribution par source
    • Auteur :
      Le Sauvage Louis-Pierre
      Le Sauvage Louis-Pierre

      Né à Coutances en 1775, mort à Cherbourg le 9 juin 1878. Les sources documentaires le désignent professeur de dessin en 1811, « dessinateur géographe » en 1813. Architecte de la ville de Cherbourg de 1813 à 1851, il est notamment l’auteur de la halle aux grains (1827-1833), du premier musée Thomas-Henry (1836), de l’extension du collège (1843) et du portail de la tour carrée de l’église de la Trinité. Il intervient sans doute sur l’église Notre-Dame du Vœu. Il est également l’auteur de la mairie de Saint-Pierre (Manche).

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      architecte de la ville attribution par source
    • Auteur :
      Geufroy François-Dominique
      Geufroy François-Dominique

      Né à Elbeuf-sur-Andelle (Seine-Maritime) le 3 octobre 1823, mort à Cherbourg (Manche) le 23 juillet 1874. Geufroy étudie l'architecture à l’École des beaux-arts de Paris. Nommé architecte municipal de Cherbourg en 1851, il est notamment l’auteur de l’hôpital Louis Pasteur, de l’église Saint-Clément, des flèches de l’église Notre-Dame du Vœu, du piédestal de la statue équestre de Napoléon et intervient sur la restauration de l’église de la Trinité. Chevalier de la Légion d’honneur en 1867, il réalise l’année suivante l’hôpital Saint-Léon de Bayonne (1864-1867).

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      architecte de la ville attribution par source
    • Auteur : architecte attribution par source

L'actuel hôtel de ville se situe à l'angle de la place de la République et de la rue de la Paix. Il se compose de six bâtiments disposés autour de deux cours quadrangulaires. Les quatre bâtiments, regroupés autour de la première cour au sud, sont les plus anciens. Située en bordure de la place de la République, la première maison commune, édifiée à la fin du XVIIIe siècle, est un édifice en schiste et granite, doté d'un rez-de-chaussée et de deux étages carrés. Sa façade, découpée en sept travées régulières, aujourd'hui recouvertes par un parement en ciment, est précédée par un portique de style toscan, surmonté par un petit attique. Les trois autres ailes, édifiées dans la première moitié du XIXe siècle, sont en brique et pierre, hormis la façade sur la rue de la Paix, pourvue d'un parement en pierre de taille de style néoclassique. Les deux derniers bâtiments, disposés autour de la seconde cour au nord, présentent des élévations similaires, d'une grande simplicité. Entièrement réaménagé après la Seconde Guerre mondiale, l'intérieur de l'hôtel a conservé trois pièces (le Grand salon, la rotonde et le salon de l'Impératrice) dont les décors, marqués par un profond souci de symétrie, constituent de précieux témoignages sur les styles décoratifs en vogue sous le second Empire.

  • Murs
    • schiste
    • granite
    • brique
    • enduit
    • maçonnerie
  • Toits
    ardoise
  • Étages
    sous-sol, 2 étages carrés, étage de comble
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • toit à longs pans croupe
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier droit en maçonnerie
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant en maçonnerie
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant en charpente
  • Techniques
    • menuiserie
    • miroiterie
    • peinture
  • Représentations
    • ornement figuré
    • ornement végétal
    • ornement géométrique
    • armoiries
  • Précision représentations

    Situé dans l'aile construite en 1852 par Geufroy, le Grand Salon est une vaste pièce rectangulaire éclairée par trois baies dont les fenêtres donnent sur la cour méridionale. Il est pourvu de deux portes de communication, l'une au sud qui débouche sur l'actuelle salle du conseil, la seconde au nord qui conduit à la rotonde et au salon de l'Impératrice. Ses murs sont couverts de boiseries panneautées. Son plafond, dont l'adoucissement est ponctué de bouches d'aération finement travaillées, est divisé en trois caissons ornés chacun d'un fleuron en stuc. La rotonde est une pièce de plan octogonal dont les quatre pans principaux sont pourvus de double portes et les murs garnis de lambris jusqu'à hauteur d'appui. Au-dessus, entre les ouvertures, se trouvent des peintures sur toile marouflée, réalisées en 1930 par Michel-Adrien Servant. Elles représentent le siège de Cherbourg par du Guesclin en 1378, la visite de Louis XVI en juin 1786, les victoires napoléoniennes et la libération de la ville en 1944. L'espace est couvert par une coupole polygonale aux pans ornés de bas-reliefs en stuc représentant des vases remplis de fleurs. Au centre, est percé un grand oculus qui permet un éclairage zénithal. Située perpendiculairement à l'octogone, le salon de l'Impératrice, aménagé en 1858 pour la venue du couple impérial, demeure l'ensemble le plus spectaculaire. Percée sur les longs côtés de huit ouvertures, la pièce est pourvue sur le petit côté ouest d'une cheminée à miroir, encadrée par les deux portraits de Napoléon III et de l'impératrice Eugénie (Voir IM50000394), sur le côté est de trois glaces au cadre de stuc orné d'une grande agrafe. Les murs de la salle sont peints d'un motif répétitif mêlant entrelacs et fleurons utilisant deux tons de violets et du doré. Ils sont couronnés par une imposante corniche à modillons. Les compartiments et les adoucissements du plafond sont recouverts de toiles marouflées (Voir IM50000740).

  • Statut de la propriété
    propriété publique
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Protections
    inscrit MH, 2004/08/13
  • Précisions sur la protection

    Le grand salon, le salon octogonal et le salon de l' Impératrice, avec leurs décors et leurs parois intérieures ; l'escalier conduisant au grand salon avec sa cage (cad. BC 346) : inscription par arrêté du 13 août 2004

  • Référence MH

L'hôtel de ville de Cherbourg est un remarquable conservatoire de la mémoire locale. Son histoire et sa décoration témoignent du développement pris par la ville au XIXe siècle.