Dossier d’œuvre architecture IA27000740 | Réalisé par
Médaille Marie-Noëlle (Contributeur)
Médaille Marie-Noëlle

Chargée de recherches à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie. Spécialité : objets mobiliers, études urbaines.

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  • inventaire topographique, Pont-Audemer
fortification d'agglomération
Œuvre étudiée
Auteur (reproduction)
Copyright
  • (c) Région Normandie - Inventaire général
  • (c) Musée Alfred Canel de Pont-Audemer

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Pont-Audemer - Pont-Audemer
  • Commune Pont-Audemer
  • Dénominations
    fortification d'agglomération

Les remparts

L'enceinte est constituée d'importantes tours, d'ouvrages fortifiés à l'entrée et à la sortie du bras sud de la Risle dans la ville, l'ensemble entouré par un fossé et protégé au nord par le bras principal de la Risle. Les travaux de reconstruction commencent en 1464 avec l'achat de pierres transportées par eau, sur les escaudes (barques à fond plat), au plus près du chantier. Le matériau provient en grande partie des ruines du château fort ; les carrières de pierre des environs procurent le reste des matériaux de construction nécessaire (le Hamel du Mont, les Moulins du Roy, de Clerval, de Montfort). Les travaux se poursuivent jusqu'à la fin du 15e siècle. Aux siècles suivants, les archives de la Ville font état essentiellement de travaux de curage des fossés, d'entretien de la fortification ou de réparations liées surtout aux dégâts occasionnés par les crues et inondations. Cependant, il apparaît clairement au fil des ans que les remparts, dont le rôle de protection en cas de conflit est moins probant, sont de moins en moins entretenus. Au 18e siècle, les murailles menacent de tomber en ruine ; par précaution, le frontispice de la porte de Rouen est démoli en 1730 et en 1752 les directeurs de l'hôpital sont autorisés à démanteler une des tours de la porte Saint-Germain et à récupérer les pierres pour construire un nouveau bâtiment.

Les portes

La ville compte cinq portes principales. An nord, la porte de Rouen ouvre sur la Grande-Rue (actuelle rue de la République), axe principal de circulation. Elle est protégée par un ouvrage avancé, dit "forte maison", qui aurait un temps abrité la prison (détruit au 16e siècle). Une seconde porte, nommée porte de la Geôle, permet d'entrer dans la ville depuis la place Maubert en empruntant la rue aux Juifs (actuelle rue Sadi-Carnot). Elle est flanquée de deux tours communiquant par un passage au-dessus de la porte et a également servi de prison jusqu'au début du 19e siècle. Au sud de la ville, la porte Saint-Germain ouvre sur la route du faubourg. A l'est, la porte de Bernay se compose de deux tours puis, plus au nord, de deux ouvrages avancés pourvus de deux arches par lesquelles le bras sud de la Risle entre dans la ville ; à l'ouest, la porte de la Ruelle et la grosse tour joignant l'arche qui permet à la Risle de ressortir de l'enceinte.

Trois portes secondaires sont présentes au nord des remparts. La première, dite porte de la Poissonnerie, est située entre les portes de Rouen et de la Geôle. La deuxième porte est placée en face de la rue du Sépulcre (actuelle rue Notre-Dame-du-Pré), elle se nomme porte des Preys. Toutes deux sortent sur des atterrissements du bras principal de la Risle. La troisième, la porte du Quay, peu éloignée de la précédente et proche de l'ancien grenier à sel, ferme l'entrée du quai et permettait, lorsque le bassin était encore praticable, d'acheminer les marchandises déchargées au port.

La présence d'une clôture dès la fin du 11e siècle est probable. Elle entourait le faubourg Saint-Aignan au Nord et avait pour limite le bras secondaire de la Risle. Cette clôture, étendue plus tard au sud, finit par englober une partie du quartier de Bourgerue dépendant de la paroisse de Saint-Germain.

Depuis le siège de Du Guesclin en 1378, les remparts sont en partie en ruine, la muraille étant remplacée par une simple palissade en bois. Après la reprise de la ville aux Anglais, en 1449, il devient urgent de réparer, voire de reconstruire, la fortification en augmentant son périmètre. L'emprise de ce nouveau rempart correspondait à un territoire délimité aujourd'hui, au Nord, par la Risle, à l'Est par la place du Général-de-Gaulle et son prolongement rue des Remparts jusqu'à la place du Pot-d'Étain. Il bifurque ensuite vers l'Ouest au-delà de la rue des Petits-Moulins et remonte vers la Risle à l'Est du boulevard Pasteur. Le plan cadastral de 1835 fait état de parcelles situées à l'Ouest de la rue des Petits-Moulins et nommées "emplacement du rempart" ou "place du rempart".

En 1775, Antoine Clément de Barville, alors propriétaire de la vicomté de Pont-Audemer, est chargé des réparations et entretiens annuels des remparts. L'ensemble de l'ouvrage, qui a perdu sa fonction défensive, semble en très mauvais état. Les murs n'ont plus leur parement, les parapets sont ébréchés et les mortiers usés. Les tours d'angle sont détruites en grande partie et fragilisées au niveau des fondations. Une partie des murs longe la Risle et, en cas de crue, les fossés reçoivent le trop-plein des eaux, évitant l'inondation de la ville. Les murailles conservent donc un intérêt pour la ville mais leur état demande plus que de simples réparations.

Dès la fin du 18e siècle les remparts sont peu à peu vendus à différents propriétaires qui n'entretiennent pas les ouvrages. Au début du 19e siècle, la municipalité décide le démantèlement de la muraille qui s'écroule régulièrement. Les derniers travaux datent de 1829 avec la destruction de la tour Grise et le remblai des fossés à l'Est de la ville.

  • Période(s)
    • Principale : 2e moitié 15e siècle , daté par source

Remparts en pierre et brique avec tours importantes et ouvrages fortifiés entourés de fossés. La fortification comportait cinq portes principales et trois de moindre importance.

  • État de conservation
    détruit

Documents d'archives

  • Musée Canel Pont-Audemer, Fonds normand, NCB 440.4. Procès-verbal des édifices publics de la ville et faubourgs de Pont-Audemer, dressé le 20 février 1749 et les jours suivants.

    Musée Alfred Canel, Pont-Audemer : Fonds normand, NCB 440.4
  • AM Pont-Audemer. Non coté. Inventaire et extraits historiques des titres de la ville de Pont-Audemer 1779.

    Archives municipales, Pont-Audemer : Non coté

Bibliographie

  • CANEL, Alfred. Histoire de la ville de Pont-Audemer. 1885. Brionne : réédition Monfort, 1980, tomes 1 et 2.

    t.2, p. 295-323
  • GAUTHIEZ, Bernard. Verneuil-sur-Avre, Falaise, Pont-Audemer et Lisieux en Normandie. In Collectif. Village et ville au Moyen Age. Tours : Presses universitaires François-Rabelais, 2003, 2 tomes.

Annexes

  • Travaux sur les remparts d'après l'inventaire et extraits historiques des titres de la ville de Pont-Audemer 1779 (AM Pont-Audemer)
Date(s) d'enquête : 2010; Date(s) de rédaction : 2016
(c) Région Normandie - Inventaire général
Médaille Marie-Noëlle
Médaille Marie-Noëlle

Chargée de recherches à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie. Spécialité : objets mobiliers, études urbaines.

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