Photographe à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, de 1975 à 2021.
- inventaire topographique, Pont-Audemer
- (c) Région Normandie - Inventaire général
Dossier non géolocalisé
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Dénominationsthéâtre, cinéma, centre culturel, complexe sportif
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Aires d'étudesPont-Audemer
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Adresse
- Commune : Pont-Audemer
Les notions d'hygiène et de sport, étroitement liées, sont à l'origine dans la première moitié du 20e siècle, de nombreux projets de bains-douches puis de piscines et complexes sportifs qui ne verront jamais le jour. Ces projets, réalisés en 1936, sont cependant novateurs et ambitieux puisqu'ils réfléchissent à la réalisation de grandes structures abritant douches et lavoirs en même temps que piscine et stade avec eau chaude fournie par une usine d'incinération construite à proximité.
Les bains-douches
Les ouvertures de bains-douches municipaux en France se multipliant, de nombreuses entreprises spécialisées offrent leurs services pour la réalisation de devis, plans, voire d’aides à la subvention. À Pont-Audemer, la mairie reçoit ainsi une dizaine d’offres dont celle de la Compagnie Générale d’Hygiène, en juillet 1923. La société propose à la commune un projet clé en main d’installation adaptée à une population d’environ 6 000 habitants : la salle peut recevoir six cabines de douche, une salle de bains, une cabine de lingerie et des toilettes. En annexe, une chaufferie avec chaudière verticale tubulaire à eau chaude avec thermomètre, régulateur automatique de combustion et évacuation des eaux usées par tuyauterie en grès vernissé, jusqu’à la rivière.
Projet de bains-douches proposé par la Compagnie Générale d'hygiène, 1923 (AM Pont-Audemer, 1 M 40).
Cependant, c’est à une initiative privée que l’on doit la présence de bains-douches à Pont-Audemer, au moins jusqu’en 1939 (dernière mention dans l’almanach de Pont-Audemer). En 1924, Cottereau, entrepreneur en plomberie ouvre un établissement rue Notre-Dame-du-Pré.
Il faut attendre 1936 pour que la municipalité se penche à nouveau, mais en vain, sur ses besoins en équipements. Loin des projets clé en main fournis par des prestataires extérieurs, l’étude sur l’attente des administrés et les choix d’aménagement se fait en interne. En janvier, l'architecte René Viard propose une alternative qui ne verra jamais le jour : l’aménagement d’un foyer municipal avec bains-douches. Le lieu est dédié aux sociétés pour l’organisation de réunions, fêtes, banquets ou bals, aux représentations théâtrales et cinématographiques, à la pratique sportive avec une salle d’éducation physique et à la lecture avec une bibliothèque. Par souci d’économie, l’architecte envisage de transformer le théâtre - salle des fêtes place d’Armes et de créer en sous-sol des bains-douches et une salle de sport.
Les projets de piscine et complexe sportif
Le lieu choisi par la municipalité pour implanter ce type d'infrastructure n'est pas anodin : un terrain de 5 000 m² situé en amont de la commune, route de Saint-Paul, le long de la Risle, servant jusqu'à présent de dépôt d'ordures. La Ville souhaite remédier au problème de la déchetterie en réalisant une usine d'incinération sur cet emplacement. Trois projets de complexe sportif sont proposés sur le terrain libéré du dépôt d'ordures dont deux novateurs intégrant totalement l'usine d'incinération dans le programme de construction et de fonctionnement des équipements pour la production d'eau chaude (projets de René Planchon et de Marcel et Charles Delmas avec Marcel Guigot).
Le projet de René Viard
René Viard présente un projet de construction d’une piscine et d’un lavoir en partant du postulat que l'usine d'incinération est construite sur un autre terrain. Il propose un « ensemble sportif de natation » comportant une piscine de plein air : un premier bassin pour les petits enfants et un second réservé aux débutants et nageurs, des cabines de déshabillage, des douches, un bureau de gardien avec dépôt de linge et une chaufferie pour l’eau. Il prévoit également de construire un lavoir avec accès indépendant afin de permettre « aux ménagères, laveuses de pouvoir laver à l’abri des intempéries en toute saison ». Dix cabines de déshabillage hommes et dix réservées aux femmes et enfants sont placées de part et d’autre d’un bâtiment abritant les services généraux (bureau, magasin de matériel et cabines de douches) et le local technique. Celui-ci comporte la station de pompage et d’épuration par filtrage de l’eau de la Risle et la chaufferie composée de deux chaudières indépendantes, l’une pour chauffer l’eau des douches et l’autre pour le lavoir. Des allées cimentées assurent la circulation tandis qu’une dalle également cimentée, entre les deux bassins, est réservée aux bains de soleil. Face au grand bassin et le long de la Risle, une terrasse couverte permet de se reposer mais également de s’abriter en cas de pluie. Le séchoir comporte sept places avec bassins doubles, tablettes, robinets d’alimentation eau froide et eau chaude. Sept séchoirs individuels fermant à clé sont placés contre la salle de lavage. Si le fonctionnement de la piscine n’est prévu que six mois par an, René Viard préconise l’accès toute l’année aux infrastructures utiles à l’amélioration des conditions de vie que sont le lavoir municipal et les cabines de douches, tous deux pourvus en eau chaude. L’espace laissé libre de construction pourrait également être aménagé ultérieurement en aire de jeux, tennis, basket-ball ou jeux de boules.
Le projet de l'ingénieur René Planchon
L’entrée du stade est prévue sur la route de Saint-Paul. A partir d’une pergola formant couloir pour accueillir deux bureaux caisses, les différentes infrastructures sont disposées depuis la route vers la Risle : un terrain de tennis, une baignade pour les enfants, une piscine composée d’un petit et d’un grand bassin avec plongeoir et enfin un perré en pente douce pour la mise à l’eau des canots. Aux abords immédiats des bassins est prévu l’aménagement d’une « plage solarium » constituée de sable extrêmement fin, tamisé préalablement. L’espace à gauche longeant l’ensemble de ces éléments est occupé par un alignement de tribunes, une buvette et à l’extrémité nord un abri à canots. A droite, une double rangée d’arbres forme une allée couverte allant de l’entrée vers la rivière, bordée à l’est d’un ensemble de bâtiments attenants : près de l’entrée du site un lavoir-séchoir municipal puis les bains-douches encadrés de cabines hommes et femmes pour les baigneurs. Projet de stade nautique et tennis, par René Planchon, juin 1936 (AM Pont-Audemer, 1 M 41).L’usine d’incinération est placée par l’ingénieur en bordure de Risle, séparée des vestiaires dames par une plate-forme. L’accès à ce bâtiment se ferait grâce à une rampe partant de la route et longeant l’arrière des bâtiments. Il est également prévu de construire un mur autour de la plate-forme de décharge pour dissimuler aux usagers le va-et-vient des voitures et les protéger d’éventuels désagréments causés par des vents violents.
Tout est prévu pour rendre ce bâtiment le plus discret possible. Tout d’abord son emplacement en retrait, sa clôture doublée des deux rangées d’arbres mais également le parti pris architectural. En effet, René Planchon imagine une usine en ossature et couverture béton, de forme simple, à toit plat avec une cheminée d’évacuation des fumées dissimulée dans une tour carrée en maçonnerie surmontée d’un chapiteau et, sur deux faces, ornée d’une horloge. L’ensemble linéaire formé par le lavoir, les bains-douches et les cabines se compose de bâtiments à un niveau, à toit terrasse que les arbres de l’allée pourraient partiellement cacher.
Le béton armé est largement employé dans ce projet, que ce soit tant pour la construction des bâtiments que pour l’édification de la pergola ou des tribunes. Ces dernières, placées en face du tennis et de la piscine, serviraient pour les fêtes sportives ; elles sont aménagées avec garage pour bicyclettes, vestiaires, toilettes, lavabos et tout aménagement « de confort moderne ».
Projet de stade nautique et tennis, plan par René Planchon, juin 1936 (AM Pont-Audemer, 1 M 41).L’emplacement en bordure de Risle permet une adduction d’eau par prise directe dans la Risle afin d’assurer le fonctionnement général de l’établissement. L’eau pompée doit être décantée dans un réservoir de compensation puis filtrée afin de débarrasser l’eau des matières lourdes en suspension ou de « nature à gêner les baigneurs ». L’évacuation des eaux de piscine se fera de manière constante, le trop plein étant dirigé vers la rivière depuis le grand bassin. Les eaux pluviales et usées des bains-douches et du lavoir, ainsi que l’effluent des fosses septiques, sont évacués par deux canalisations débouchant en un même point de la rivière. La distribution d’eau prévue ne comporte que celle puisée en rivière et la municipalité de Pont-Audemer doit assurer l’acheminement en eau potable jusqu’aux points de prise dans le terrain ; l’aménagement à l’intérieur des constructions étant à la charge de l’entrepreneur.
Ce complexe sportif et de loisir était prévu pour fonctionner une grande partie de l’année : les piscines, tennis et canotage devaient ouvrir six mois de l’année, tandis que l’accès aux bains-douches et au lavoir était respectivement de 360 et 300 jours par an.
Le projet des architectes Delmas associés et Guilgot
Ce second projet, daté d’août 1936, est l’œuvre des architectes Charles et Marcel Dalmas associés et Marcel Guilgot . On y retrouve le même type d’équipement que dans le premier projet à l’exception des bains-douches. Le parti pris concernant l’usine d’incinération est quelque peu différent puisque les architectes décident de placer le bâtiment à l’entrée, en bordure de route, dans l’angle sud-est, afin de masquer au maximum le passage des bennes ou des « tombereaux à balayures » en positionnant entre le four et l’entrée du stade, le lavoir et le séchoir. Un rideau de végétation est également prévu.Projet de stade nautique par Delmas associés et Guilgot, août 1936 (AM Pont-Audemer, 1 M 41).
L’accès au complexe se fait par une entrée à deux portillons et un portail central, en béton armé, encadrée des bâtiments administratifs et de la buvette. Comme pour le projet précédent, on peut remarquer la présence de pergolas également en ciment armé et bois ; les équipements sont placés de façon équivalente, à savoir le terrain de tennis en premier accès puis la piscine composée de la baignade pour enfants accolée au bassin extérieur de dimensions olympiques avec tremplin. Deux tribunes sont prévues face à ces équipements avec, entre elles, un bâtiment abritant les douches. Dans un souci de gain de place afin de privilégier la verdure, les cabines et vestiaires ont été placés sous la tribune longeant la piscine. Ainsi la partie occidentale du site reste, à l’exception de la buvette, exempte de construction ; le plan y prévoit un aménagement paysager.
Enfin, un débarcadère est prévu le long de la Risle pour le canotage : il se compose d’un quai en béton coffré avec un passage tout autour en ciment et le reste en sable ; deux escaliers en béton recouverts d’un ciment coloré y donnent accès. Le ciment armé se retrouve ici aussi dans l’ensemble des constructions et infrastructures du site et l’on peut également souligner le choix similaire dans la composition des bâtiments : forme simple, peu élevés, à toit terrasse. La cheminée de l’usine d’incinération n’est pas dissimulée dans ce projet ; prévue d’une hauteur de 20 mètres, elle devait être en brique ou ciment armé. A noter que la chaleur produite par le four était récupérée pour chauffer l’eau du lavoir.Projet de stade nautique, plan par Delmas associés et Guilgot, août 1936 (AM Pont-Audemer, 1 M 41).
Dans son Histoire de la ville de Pont-Audemer, Alfred Canel signale l’existence d’un théâtre au début du 19e siècle, ou tout du moins d’une salle chez un particulier, rue Sadi-Carnot. Mais elle est rapidement fermée, privant les habitants de lieu de spectacle. Pour remédier à ce manque, la municipalité de Pont-Audemer décide en 1824 de transformer l’ancienne église du couvent des carmes dont elle est propriétaire depuis 1808 en lieu de spectacle. Quelques travaux sont réalisés, mais la commune n’a pas les moyens d’adapter ce bâtiment du début du 16e siècle à sa nouvelle fonction (voir dossier). Un nouveau théâtre est alors construit en 1901 sur la place d'Armes ; détruit au cours des bombardements de la Seconde Guerre mondiale, il est remplacé par l'actuel théâtre de l’Éclat (voir dossiers) conçu par l'architecte Maurice Novarina, également auteur du cinéma Le Royal, boulevard Pasteur.
Les équipements sportifs à Pont-Audemer ont fait l'objet de nombreuses études depuis le début du 20e siècle. Plusieurs projets de piscines et complexes sportifs ont été proposés dans la première moitié du siècle sans que cela ne se concrétise (voir texte libre). Une piscine municipale et un parc sportif ne verront le jour qu'en 1974 lors de la création de la ZUP à l'Est de la ville. Ce parc sportif permet d'augmenter la capacité d'accueil du stade Harou, dont le projet d'aménagement n'a pu être mené à terme. En effet, en 1941, la municipalité décide d’aménager un stade et un centre d’éducation physique sur un ancien pâturage d’environ trois hectares qu’elle possède au lieu dit du Pré-Baron. Situé dans un quartier peu urbanisé, au sud de la ville, ce terrain a l’avantage d’être proche de la gare et surtout des établissements scolaires. L’architecte Jean Delaire est chargé de la conception du projet. Il propose la réalisation d’aménagements sportifs à l’usage des sociétés locales et des enfants des écoles (environ 1 500 élèves). Le terrain longe le chemin de Tourville et le chemin du Pré-Baron par lequel doit se faire l’entrée. À l’angle de ces deux voies, l’architecte prévoit un gymnase entre deux vestiaires avec un accès indépendant possible, le cas échéant, depuis le chemin de Tourville. Une grande entrée couverte pour se prémunir des intempéries et des ouvertures larges pour laisser passer la lumière sont envisagées. Par contre, le parti pris architectural reste très régionaliste par le choix des matériaux et de la mise en œuvre, notamment le pan de bois, ainsi que la forme pentue des toitures. En vis-à-vis de cet ensemble de bâtiments, en direction du nord-ouest, sont installés les équipements du stade proprement dit : le terrain de football, une piste pédestre, des espaces réservés aux différentes disciplines de l’athlétisme et de la gymnastique, articulés autour d’un plateau d’évolution et d’un parcours d’hébertisme. Enfin, à côté du gymnase et le long du chemin de Tourville est prévue une piscine d’été. Seul le stade municipal composé d’un terrain de football entouré d’une piste est réalisé et inauguré en juin 1949 avec une entrée située sur la voie nouvelle rue des Tanneurs. Le reste du terrain sera occupé par des maisons provisoires.
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Période(s)
- Principale : 19e siècle , daté par travaux historiques
- Principale : 20e siècle , daté par travaux historiques
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Auteur(s)
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Auteur :
Novarina MauriceNovarina MauriceCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Architecte en chef de la reconstruction.
A partir de 1948, il travaille à Pont-Audemer dans l’Eure, sur des projets de reconstruction d’équipements publics tels que des écoles, cinéma, salles communales, églises.
Plus tard, à partir de 1958, il supervise, en tant qu'architecte en chef, de grandes opérations urbaines (ZUP) dans la France entière : Évreux, Annecy, Besançon (quartier de Planoise), Corbeil-Essonnes, Dole, Argentan, Alençon, Saint-Quentin-en-Yvelines, Villefranche-sur-Saône, Grenoble, Lyon La Duchère. Nommé architecte en chef des bâtiments civils et palais nationaux, dans les années 1960, alors que les équipements culturels et sportifs se développent, Maurice Novarina conçoit des bâtiments publics tels que la maison de la culture de Thonon-les-Bains, le théâtre de Pont-Audemer, les plages et centre nautiques d’Évian-les-Bains, Thonon-les-Bains et Divonne-les-Bains, le palais des sports de Megève.
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Auteur :
Delmas associés Charles et Marcelarchitecte attribution par sourceDelmas associés Charles et MarcelCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Marcel Delmas construit avec Marcel Guilgot la maison d'Albert Préjean à Boulogne-Billancourt en 1937. Ces trois architectes sont également à l'origine, seuls ou en collaboration, de nombreuses maisons de villégiature à Antibes, Saint-Jean-Cap-Ferrat, Cannes ou Nice.
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Auteur :
Guilgot Marcelarchitecte attribution par sourceGuilgot MarcelCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Marcel Guilgot construit avec Marcel Delmas la maison d'Albert Préjean à Boulogne-Billancourt en 1937. Les trois architectes (Guilgot et Delmas frères associés) sont également à l'origine, seuls ou en collaboration, de nombreuses maisons de villégiature à Antibes, Saint-Jean-Cap-Ferrat, Cannes ou Nice.
- Auteur : architecte attribution par source
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Toits
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Documents d'archives
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Archives départementales de l'Eure, Evreux : 1 M 40-48
AD Eure. 1 M 40-48. Projets de piscine.
Chargée de recherches à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie. Spécialité : objets mobiliers, études urbaines.
Chargée de recherches à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie. Spécialité : objets mobiliers, études urbaines.