Dossier d’œuvre architecture IA14000956 | Réalisé par
Lecherbonnier Yannick
Lecherbonnier Yannick

Chercheur à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Basse-Normandie de 1982 à 2001. Spécialité : patrimoine industriel. Chef du service Régional de l'Inventaire de Basse-Normandie de 2001 à 2016, puis de Normandie jusqu'en 2018.

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Dupont Stéphanie
Dupont Stéphanie

Chercheuse à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Basse-Normandie, puis de Normandie, depuis 2010. Spécialité : patrimoine industriel.

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  • patrimoine industriel, patrimoine industriel de l'arrondissement de Caen
sucrerie de betteraves dite SA Sucrerie de Cagny, puis Générale sucrière, puis Saint Louis Sucre
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Normandie - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Calvados - Troarn
  • Commune Cagny
  • Lieu-dit la Sucrerie
  • Adresse avenue de Paris , route de Frénouville , Cité de la Sucrerie
  • Cadastre 2013 AL 31, 32, 33, 34, 35, 37, 40 Sucrerie ; 2014 AM 90, 91, 92, 106, 107, 109, 110, 111, 112, 113, 114, 115, 116, 117, 118, 119, 120, 121, 122, 123, 124, 125, 126, 127, 128, 130, 131, 132, 133, 134, 135, 136, 137, 138, 141, 142 Cité ouvrière
  • Dénominations
    sucrerie
  • Précision dénomination
    sucrerie de betteraves
  • Appellations
    SA Sucrerie de Cagny, Générale sucrière, Saint Louis Sucre
  • Parties constituantes non étudiées
    pont bascule, aire des matières premières, aire de lavage, atelier de fabrication, râperie, laboratoire, salle des machines, atelier de réparation, four à chaux, silo, bureau, cantine, vestiaire d'usine, bassin de décantation, logement de contremaître, logement d'ouvriers

L'activité de la sucrerie s'organise autour de trois saisons : "la campagne", période de récolte et de transformation des betteraves (de fin septembre à décembre), "l'inter-campagne", période de maintenance (de janvier à avril) et la "post-campagne" ou "reprise de sirop", durant laquelle le jus de sucre, préalablement stocké, est transformé (avril).

Produites et récoltées par les "planteurs" dans un rayon de 80 km autour de l'usine, les betteraves sont acheminées par camions. Un prélèvement est réalisé sur chaque chargement pour connaître son taux de sucre, celui-ci déterminera le prix d'achat fixé à l'agriculteur. Déchargées dans la "cour à betteraves", puis placées sur un tapis roulant, les betteraves sont dirigées vers le lavoir. Une fois épierrées, désherbées et nettoyées, elles sont passées dans un coupe-racine qui les réduit en cossettes (lamelles plates). Introduites dans un long cylindre de métal compartimenté, ces dernières sont envoyées dans un tourbillon d'eau dont la température s'élève à plus de 70°C. Par un processus de diffusion, le sucre se disperse dans l'eau. Epuré par addition de lait de chaux (produit sur place), filtré et décalcifié, le jus sucré est ensuite concentré au moyen d'un équipement d'évaporation, son taux de sucre passe alors de 10 à 60%. Une partie du sirop produit est mise de côté et stockée dans l'un des trois silos à jus de l'usine pour permettre son traitement durant la post-campagne. Le sirop passe ensuite en "zone arrière", dite aussi zone alimentaire, où s'opère, par passages successifs dans une série de "cuites" (chaudières), la cristallisation du saccharose. Malaxé, refroidi et turbiné pour être débarrassé de la mélasse qui l'englobe encore, le sucre est essoré et séché, puis stocké dans trois silos d'une contenance de 16 000, 12 000 et 4 000 tonnes. La production est passée de 11,5 T/ha en 1999 à 13,4 T/ha en 2009 et 14,52 T/ha en 2011. Le sucre, chargé en vrac, est transporté à Nassandres, pour y être conditionné, ou directement livré chez les clients. La commercialisation est réalisée auprès de la grande distribution et de la restauration hors foyer. Les résidus de la production (radicelles, herbes, pulpe de betteraves) sont envoyés vers la station de déshydratation. Réduits en granulés ou en poudre, ils sont vendus aux agriculteurs pour l'alimentation du bétail. L'ensemble du circuit est automatisé.

Evolution historique du site et de la société :

L'augmentation de la production de betteraves dans le nord-ouest de la France incite Antoine Bouchon, propriétaire de la sucrerie de Courseulles, à investir dans la construction d'une nouvelle usine, qui pourra bénéficier des ressources du Plan Marshall. Edifiée en 1951 par l'entreprise caennaise Guillou, la sucrerie est notamment équipée de deux lavoirs, de deux coupes-racines, de postes de diffusion, d'épuration, de concentration et de cuisson ainsi que d'un four à chaux et d'une centrale à vapeur. Son exploitation est gérée par la société anonyme de Cagny, qui fusionne en 1959 avec la Sucrerie - Raffinerie de Nassandres et la Société Sucrière du Calvados. Agrandie en 1965 après la fermeture de l'usine de Courseulles, elle intègre en 1968 la Générale Sucrière (union de la Compagnie nouvelle des sucreries réunies, des Sucreries et Raffineries Bouchon et Pajot et de la Société des raffineries et sucreries Saint-Louis). La production est commercialisée sous les marques Bouchon, Sol et Saint-Louis. En 1972, l'équipement compte des lavoirs, un coupe-racines de marque Maguin (France), un système de diffusion-évaporation Fives-Lille (France), des turbines à sucre Aséa, des fours à chaux Delot (France), un four de déshydratation et du matériel d'agglomération Promill (France). Conçue pour traiter 800 tonnes de betteraves par jour, l'usine en transforme 5 800 tonnes en 1981, 8 500 en 1988. Elle absorbe les activités de sucrerie de l'unité de Nassandres en 1989, celles du raffinage trois ans plus tard. Au début des années 1990, d'importants investissements sont réalisés pour moderniser l'usine : un nouveau bâtiment est construit pour accueillir la cristallisation dont le matériel est renouvelé, la déshydratation est rénovée, agrandie et pourvue d'une tour à herbe et d'un sécheur à pulpe. L'usine est la première en France à être entièrement électrifiée, grâce à l'installation du poste d'alimentation des Emales en 1991. Le site compte également trois ateliers de réparation (un atelier maintenance-usine, un atelier mécanique, un atelier électrique). La fonderie de chaux sera rénovée en 2001.

En 1998, la Générale Sucrière devient Saint Louis Sucre, qui passe trois ans plus tard sous le contrôle du groupe allemand Südzucker, numéro un mondial du sucre de betteraves. En 2010, la sucrerie de Cagny a produit 130 000 tonnes de sucre et valorisé 80 000 tonnes de sous-produits (pellets et pulpes), au moyen d'un équipement en partie de marque Silver Weibull (Suède) et Fives Cail Babcock (FCB) (France). La turbine à vapeur Ljungström de marque Sautter-Harlé (France) est toujours en fonction.

Personne et conditions sociales :

La sucrerie emploie 113 personnes en 1959 (dont 45 saisonniers), 229 en 1988 (dont 103 saisonniers), 158 en 2013 (dont 70 saisonniers). Les salariés permanents développent souvent une double compétence, bénéficiant de formations internes au métier de sucrier. Une partie des travaux de maintenance est réalisée par sous-traitance.

La loge du gardien et l'infirmerie, aménagées à l'entrée du site suivant les plans de l'architecte Pierre Tézenas du Montcel, sont aujourd'hui à usage d'habitation. En 1951, l'entreprise caennaise Jouvent-Ripert participe à la construction d'une cité ouvrière qui compte alors dix maisons doubles (vingt logements), cinq logements de contremaîtres, deux logements de cadres ainsi qu'une maison de célibataires. La cité est par la suite agrandie. Plusieurs logements ont été démolis, 20 familles logent sur place en 2011. A la fin des années 1990, un bâtiment à usage d'espace de repas et de vestiaires est construit dans l'enceinte de l'usine.

Anciennement desservi par des voies ferrées et situé le long de l'axe Caen-Lisieux, le site de la sucrerie s'étend sur 22 ha, dont 2 ha couverts. Le lavoir constitue un outillage métallique en extérieur. Les ateliers de fabrication, abritant notamment la râperie et le laboratoire, sont formés d'une charpente métallique apparente bardée d'un essentage de tôle et couverte de toitures à longs pans en tôle ondulée. Les silos de stockage sont en béton.

Le bâtiment des bureaux, à un étage carré en béton avec une avancée cubique décorée d'un parement de brique, est couvert d'un toit en terrasse.

A proximité de l'usine, à laquelle elle est reliée par une voie privée, la cité ouvrière présente deux types logements, mitoyens ou isolés. Etablis en rez-de-chaussée ou en rez-de-chaussée sur sous-sol, surmonté d'un étage de comble, ils sont enduits et couverts de toits à longs pans en tuile mécanique. Chaque logement dispose d'un jardin privatif.

  • Murs
    • métal pan de fer essentage de tôle
    • béton
    • maçonnerie enduit
  • Toits
    tôle ondulée, tuile mécanique
  • Étages
    2 étages carrés, 1 étage carré, sous-sol, étage de comble
  • Couvrements
    • charpente métallique apparente
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • terrasse
  • Énergies
    • énergie électrique achetée
    • énergie électrique produite sur place turbine à vapeur
  • État de conservation
    bon état
  • Statut de la propriété
    propriété d'une société privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler