Dossier d’œuvre architecture IA00021443 | Réalisé par ;
Pottier Gaëlle (Rédacteur)
Pottier Gaëlle

Chercheuse associée au Parc naturel des Boucles de la Seine Normande depuis 2014, en charge de l'inventaire du patrimoine bâti et des éléments de paysage associés.

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  • inventaire topographique, boucles de la Seine normande
villa gallo-romaine, dite villa de la Mosaïque, puis palais des rois de Neustrie, dit palais d'Arelaunum
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Archives départementales de Seine-Maritime

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Caux Seine Agglo - Port-Jérôme-sur-Seine
  • Commune Vatteville-la-Rue
  • Lieu-dit La Petite-Houssaye, La Forêt de Brotonne

Longtemps localisé par les historiens dans le périmètre de Vatteville-la-Rue, l’ancien palais des rois francs, a vraisemblablement réoccupé aux 6e et 7e siècles après J-C, le site de la villa de la mosaïque, située au cœur de l’actuelle forêt domaniale de Brotonne. Après la chute de l’Empire romain d’Occident, Clovis (roi des Francs, 481-511) conquiert une bonne partie de la Gaule. Son fils Clotaire Ier (498-561), devenu roi de Soissons après sa mort, s’allie en 532 à son frère Childebert Ier pour ravir le royaume d’Orléans à ses neveux. La légende d’Arelaune évoque le miracle qui mit fin à cette lutte fratricide grâce à l’intercession de leur mère Clotilde auprès de Saint-Martin-de-Tours. Le saint aurait exaucé la reine en envoyant une tempête de grêle et de pierres qui interrompit le massacre. En 537, Clotaire, à son tour pourchassé par ses frères Childebert et Théodobert, vint se réfugier dans la forêt de Brotonne avant de parvenir à réunifier le royaume franc vers 550. La forêt d’Arelaune servit à nouveau de refuge à son petit-fils Clotaire II (584-629), vaincu à Dormelles vers 600 par ses cousins Théodoric II et Théodobert. Celui-ci réunifia à son tour la Neustrie, l’Austrasie et la Burgondie. Le palais d’Arelaune devint alors l’un des trois palais des rois francs, résidence des rois de Neustrie et des maires du Palais.

"Le site de la villa de la mosaïque, déjà connu par des textes médiévaux, est mentionné pour la première fois en 1837 par Léon Fallue. L’auteur le décrit comme « Le plus grand établissement dela forêt de Brotonne » auquel plusieurs villae sont accolées à l’Est. La conservation est excellente : 80 cm d’élévation en moyenne, très étendu (15 ha) et au milieu d’un environnement forestier. La première campagne de fouille sur la villa de la mosaïque a eu lieu en 1838 sous l’autorité de R. Charlier. À cette occasion, de nombreuses découvertes ont été faites, en particulier la fameuse mosaïque dite « d’Orphée » conservée au musée des Antiquités de Rouen. Une seconde campagne de fouille en 1843 découvrit de nombreuses tesselles de mosaïques et fragments d’enduits peints, mais aussi une quantité importante de fragments de verre à vitre et de luxueuses verreries (coupe et vases).

À l’occasion des fouilles conduites en 1976 et 1978, M.-C. Lequoy a réalisé un relevé microtopographique de la villa. Elle constate alors que celle-ci se divise en une pars urbana et une pars rustica, de 550 m de long sur 150 m de large, ce qui en fait l’une des plus grandes villae de Gaule. En 1987, un sondage sur la villa a été réalisé. Il a révélé quatre phases successives qui s’échelonnent entre le début du Ier siècle après J.‑C. et le dans le courant du 4e siècle.

La principale avancée de ces dernières années concernant la villa de la mosaïque est sans conteste le relevé LiDAR. Cela a permis de montrer que cette villa était la plus grande de la boucle de Brotonne puisqu’elle s’étend sur 1 600 m de long et 180 m de large." (Christophe Petit, 2022).

  • Période(s)
    • Principale : Gallo-romain , (détruit)
    • Principale : Haut Moyen Age

"Les travaux entrepris depuis les années 1970 ont révélé la présence d’un site antique de taille hors normes. Le cœur se compose de deux parties (de 2,5 et 4,5 ha) regroupant les principales constructions. Il est précédé à l’Est par deux cours trapézoïdales de 2,5 et 35 ha, la plus grande donnant directement sur une voie qui traverse la boucle de Brotonne du Sud au Nord. Ce site monumental se développe sur une distance de 1 500 mètres. L’emprise foncière du domaine pourrait s’étendre sur 6 200 ha (10 km du nord au sud et 7 km d’Est en Ouest). Parmi les sites archéologiques de la forêt de Brotonne, la nécropole « des Landes » pourrait être la principale zone funéraire de ce grand domaine" (Thierry Lepert, 2019).

"La pars urbana est une cour de 175 m de long sur 150 m de large, intégrant une habitation d’au moins 3 000 m2 et des thermes d’environ 290 m2. Un portique de façade monumental, sépare la partie résidentielle d’une vaste pars rustica longue de 225 m pour 180 m de large. Elle comporte de nombreux bâtiments qui semblent former des alignements sur les côtés nord et sud de cet espace dont la topographie est légèrement en pente. De nombreux bâtiments y sont présents. Une troisième cour trapézoïdale vient ensuite, mesurant 220 m sur 135 m. Dans la continuité de la cour, on identifie une grande parcelle trapézoïdale d’1 km de long sur 580 m de large. Celle-ci se greffe sur une ancienne route fossilisée sous le couvert forestier, route qui est probablement antique. Le relevé LiDAR montre également que la pars urbana organise six parcelles rayonnantes autour d’elle. Si toutes ces parcelles organisées par rapport à l’espace résidentiel appartenaient au domaine de la villa, l’ensemble couvrirait 140 ha." (Christophe Petit, 2022).

  • État de conservation
    détruit, vestiges
  • Statut de la propriété
    propriété d'un établissement public
  • Sites de protection
    parc naturel régional, site inscrit
  • Protections
    1972
  • Référence MH

Documents d'archives

  • AD Seine-Maritime Série Fi ; Sous-Série 12 Fi : 12 Fi 319. Plan de la forêt de Brotonne présenté à M. de Tourolles, receveur général des domaines et généralités de Rouen, dessiné par J-B Filleul, 1757.

    Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : 12 Fi 319

Bibliographie

  • MAURICE, Adalbert (abbé). Vatteville (Seine-Inférieure), terre royale, conférence donnée au congrès de l'association normande, Caudebec-en-Caux, imprimerie René-P. Colas, 1937.

    Parc naturel régional des Boucles de la Seine normande
  • MAS, Dominique. Notes historiques et archéologiques sur l'habitat de Vatteville-la-Rue, mémoire de maîtrise sous la direction de N. Gauthier, Faculté des Lettres et Sciences humaines, Université de Rouen, 1987-1988.

    Parc naturel régional des Boucles de la Seine normande
Date(s) d'enquête : 1975; Date(s) de rédaction : 1980, 2020
(c) Région Normandie - Inventaire général
(c) Parc naturel Régional des Boucles de la Seine Normande
Pottier Gaëlle
Pottier Gaëlle

Chercheuse associée au Parc naturel des Boucles de la Seine Normande depuis 2014, en charge de l'inventaire du patrimoine bâti et des éléments de paysage associés.

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