Dossier d’œuvre architecture IA00018641 | Réalisé par
Benoît-Cattin Renaud (Contributeur)
Benoît-Cattin Renaud

Conservateur, chercheur, service de l'Inventaire du Patrimoine Haute-Normandie 1980-1990.

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Pottier Gaëlle (Contributeur)
Pottier Gaëlle

Chercheuse associée au Parc naturel des Boucles de la Seine Normande depuis 2014, en charge de l'inventaire du patrimoine bâti et des éléments de paysage associés.

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  • inventaire topographique, boucles de la Seine normande
  • inventaire topographique, canton de Routot
château
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Pays du Roumois - Routot
  • Commune Le Landin
  • Lieu-dit
  • Adresse allée du château
  • Cadastre 1826 A 107 ; 108 Cour d'honneur ; 1826 A 103 ; 111 ; 112 Pièce d'eau ; parc ; 2018 A 101 Château (281) et communs (285) ; 2018 A 148 Parc avec maison du gardien (286), maison du piqueur (285) et maison du jardinier (282)
  • Dénominations
    château
  • Parties constituantes étudiées
  • Parties constituantes non étudiées
    parc, logement, communs, motte

Le site du château du Landin est aménagé sur le coteau boisé surplombant la Seine, en bordure de la forêt domaniale de Brotonne. Le domaine s'étend sur une surface de 50 hectares, composé d'un bois et d'un parc arboré qui lui sert d'écrin.

Jean Garin, sieur de Moulineaux, acquiert le fief du Landin vers 1490. Cette famille de parlementaires rouennais obtiennent diverses charges administratives qui contribuent à son ascension sociale : Adam Garin, grand-père de Jean Garin est greffier de l’Échiquier en 1416. Jean Garin est conseiller en cour laie et son fils Jean occupe, entre 1519 et 1543, la charge de lieutenant du vicomte de Rouen avant de siéger au Parlement. Son second fils, Pierre, qui lui succède au Landin, obtient des lettres de noblesse. Sa petite-fille Catherine épouse, en 1639, un bourgeois de Rouen, Mathieu le Roy, qui rend alors aveu du quart de fief noble du Landin comprenant "un château depuis longtemps démoli, ainsi que manoir, maison, colombier à pied, moulin à vent, droit de pêche dans la Seine". Le domaine échoue en 1683 entre les mains de Pierre Cousin, receveur de la généralité de Rouen, qui l'échange finalement avec les moines de Jumièges contre la seigneurie de Conteville. Monseigneur de Harlay, abbé commendataire, revend le domaine à la duchesse de Chaulnes, châtelaine de La Mailleraye, qui elle-même le cède vers 1755 à l'un de ses proches, Nicolas Thyrel, abbé de Boismont (1715-1786). Ce brillant abbé, prédicateur du roi Louis XV et membre de l'Académie française, fait construire le corps principal de l'actuel château et planter le parc.

Peu de temps avant la Révolution, le château devient la propriété de Louis Le Halleur, bourgeois négociant en drap à Rouen. Épargné par la Révolution, il meurt accidentellement en 1803. Après avoir encore changé de mains, le château entre dans l'escarcelle d'Adélaïde Louise Charlotte de Bourbon-Condé (1780-1874), épouse du marquis Guy-Jacques de Chaumont-Quitry (1787-1851). Son fils, Odon, Charles, Joseph de Chaumont-Quitry (1827-1866), devenu chambellan de Napoléon III, donne au château sa physionomie actuelle en ajoutant, entre 1850 et 1860, deux grandes ailes et un avant-corps arrondi couvert d'un dôme. A cette époque, il remanie le parc et fait construire la plupart des dépendances. Son propriétaire ayant été foudroyé par le choléra en 1866, le domaine est racheté par le baron Claude Alphonse de Guénifey et son épouse, née Barbet de Jouy. Les membres de cette famille rempliront les mandats de maire du Landin jusqu'en 1908. Le domaine passe à Henri de Guénifey puis à ses enfants, dont Charles, peintre animalier de renom, et Élisabeth du Moustier qui le transmet à sa fille Yvonne, épouse du vicomte Daru.

La propriété a été acquise en 1996 par la famille Coral qui a engagé des travaux de restauration sur le château et ses dépendances, ouvert une activité de d'hébergement touristique (chambres d'hôtes) et valorisé le site par la création d'un haras.

  • Période(s)
    • Principale : 3e quart 18e siècle
    • Principale : 3e quart 19e siècle
  • Auteur(s)
    • Personnalité :
      Thyrel de Boismont Nicolas
      Thyrel de Boismont Nicolas

      Nicolas Thyrel de Boismont, né en 1715 près de Rouen (ou à Bosc-Bénard-Commin) et mort le 20 décembre 1786 à Paris, est un prêtre et prédicateur français, membre de l'Académie française.

      Issu d'une famille de la noblesse normande, il est le fils cadet de Jean Thirel, chevalier, sieur de Boismont, puis de Bosc Benard Commin, mousquetaire du roi, et de Françoise Carrey. Destiné à la prêtrise, il devient clerc en 1730, puis est nommé en 1744, chanoine de la cathédrale de Rouen. Il est alors maître ès arts et bachelier de l'Université de Paris. En 1748, il devient docteur en théologie du collège de Navarre. En 1749, il quitte Rouen pour exercer à Paris ses talents en matière de prédication. À Paris, son éloquence fait rapidement sa réputation et il devient le prédicateur ordinaire du roi Louis XV. En 1757, il devient abbé commendataire de l'abbaye de Grestain (Fatouville-Grestain, Eure) et le reste jusqu'à sa mort. À la même époque, il achète à la duchesse de Chaulnes, devenue sa protectrice, la seigneurie du Landin (Eure). Avec le soutien de celle-ci, il est élu en 1755 membre de l'Académie française. En 1782, il prêche pour l'établissement à Paris d'un hospice destiné aux militaires en grade et aux ecclésiastiques malades. Son action permet la fondation de l'hospice à Montrouge. Il fut vicaire général d'Amiens et prieur de Lihons. Ses Œuvres oratoires complètes ont été publiées en 1854 par l'abbé Migne.

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      commanditaire, habitant célèbre attribution par travaux historiques
    • Personnalité :
      Bonnier Anne Josephe , dit(e) Duchesse de Chaulnes
      Bonnier Anne Josephe

      Anne Josephe Bonnier, dame du palais de la reine Marie Leczynska, devient duchesse en épousant Michel Ferdinand d'Albert d'Ailly, 4ème duc de Caulnes, le 23 février 1734 à Asnières-sur-Seine. Elle est la fille de Joseph Bonnier de la Mosson, trésorier des États de Languedoc, et d'Anne de Melon. Héritière d'une des plus grosses fortunes de l'époque, elle est la sœur de Joseph II Bonnier de la Mosson, dont le cabinet de curiosités scientifiques était renommé.Dans les années 1750, elle est la protectrice de l'abbé de Boismont, prédicateur ordinaire du Roi, dont elle favorise en particulier l'élection à l'Académie Française en 1755.De 1758 à 1769, la duchesse de Chaulnes possède, à Paris, l'hôtel de Clermont, 69 rue de Varenne. De 1755 à 1767, elle possède aussi le château et le marquisat de La Mailleraye (Seine-Maritime). Le portrait du duc de Chaulnes et celui de son épouse, peints par Nattier, sont exposés au Musée du Louvre. Le duc est représenté en Hercule, la duchesse en Hébé. Veuve, elle se remarie et meurt à Paris le 4 décembre 1782.

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      habitant célèbre attribution par travaux historiques
    • Personnalité :
      Guenifey de Savonnières André Claude Alphonse , dit(e) Baron de Guenifey
      Guenifey de Savonnières André Claude Alphonse

      André Claude Alphonse de Guenifey de Savonnières est né le 1er juillet 1798 à Paris. Il fut baron, garde du corps et page de Louis XVIII. Le 4 février 1834, il épouse à Paris Marie Claudine Barbet de Jouy, née le 15 octobre 1810 à Canteleu (76), fille de Just Barbet fabricant d'indiennes et de Claudine Victoire Arnaud-Tizon. En 1835, ils achètent le domaine du Mesnil-Saint-Denis (Yvelines) comprenant le château et ses dépendances et en 1866, ils acquièrent le château du Landin (Eure) où ils décèdent tous les deux : Marie le 16 février 1873 et André le 24 août 1877.

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      habitant célèbre attribution par travaux historiques
    • Personnalité :
      Garin Jean
      Garin Jean

      Jean Garin, surnommé Carados (aimable en espagnol), était originaire du pays d'Auge. Vers 1490, il acquiert le fief du Landin. Les membres de cette famille de parlementaires rouennais sont également sieurs de Moulineaux. Adam Garin, grand-père de Jean Garin est greffier de l’Échiquier en 1416. Le fils de Jean Garin, également appelé Jean occupe, entre 1519 et 1543, la charge de lieutenant du vicomte de Rouen avant de siéger au Parlement de Rouen. Vers 1540, il fait construire à Moulineaux le manoir qui sera détruit en 1808. Son second fils, Pierre, qui hérite du fief du Landin, est anobli. Une chapelle de l'église Saint-Jacques le Majeur de Moulineaux est dédiée à la famille Garin.

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      habitant célèbre attribution par travaux historiques
    • Personnalité :
      Chaumont-Guitry Odon-Charles-Joseph , dit(e) marquis de Chaumont-Quitry
      Chaumont-Guitry Odon-Charles-Joseph

      Odon-Charles-Joseph, marquis de Chaumont-Quitry (23 août 1827, Paris - 24 août 1866, Le Landin), est un homme politique français. Ses parents Adélaïde Louise Charlotte de Bourbon-Condé (1780-1874) et le marquis Guy-Jacques de Chaumont-Quitry (1787-1851) ont acquis le château du Landin.

      Neveu de Jean-Henri Robert Tascher de La Pagerie, il est nommé, à l'établissement du second Empire, chambellan de Napoléon III. Le 30 juillet 1854, il est élu député de la 1re circonscription de la Sarthe au Corps législatif. Il a procédé au réaménagement du château du Landin dans lequel il réside, situé dans le canton de Routot dont il est conseiller général.Il vota avec les plus zélés défenseurs du régime impérial, et fut réélu le 22 juin 1857, dans la même circonscription, contre Raspail père.

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      habitant célèbre, commanditaire attribution par travaux historiques
    • Personnalité :
      Bourbon-Condé, De Adélaïde Louise Charlotte , dit(e) Comtesse de Chaumont-Quitry
      Bourbon-Condé, De Adélaïde Louise Charlotte

      Adélaïde Louise Charlotte de Bourbon-Condé, née en 1780 à Paris et décédée le 26 mai 1874 à Paris à l'âge de 94 ans (1780-1874), était châtelaine du Landin et comtesse de Chaumont-Quitry.

      Elle est née de l'union de Louis VI Henri Joseph de Bourbon-Condé, prince de Condé, duc de Bourbon, d'Enghien et de Guise, et de Marguerite Catherine Michelot, chanteuse à l'Opéra de Paris.

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      habitant célèbre attribution par travaux historiques

Le corps principal, construit en brique, s'élève sur un étage carré et un niveau de comble éclairé par quatre lucarnes. Cette façade régulière et ordonnancée a été modifiée vers 1860 par l'ajout d'un avant-corps circulaire coiffé d'un dôme à lanternon couvert en écailles. Les deux ailes latérales, également construites en brique, reprennent l'élévation du corps central mais sont surmontées de toitures plus hautes et plus pentues, couvertes en ardoises et coiffées d'une crête fleurdelisée. Les lucarnes à ailerons sont agrémentées de pots à feu, guirlandes végétales et blasons.

La maison du garde-chasse, du gardien et du jardinier, les communs et écuries, sont construits en maçonnerie de silex et chaînages de brique. Les communs, organisés en U, comprennent des box pour les chevaux, des écuries d'origine anglaise composées de plusieurs stalles ornées de faïence et équipées de système de ventilation, une sellerie lambrissée et dotée d'un mobilier adapté. Ils se complètent d'un four à pain, d'un lavoir, de plusieurs caves voûtées et d'anciens logements de service pour le personnel du château. L'étage servait de grenier à foin.

Le parc du château, planté de 70 espèces d’arbres, compte des sujets très âgés (tilleul, hêtre pourpre), des arbres au port ou aux formes originales (chêne fastigié, tilleul marcotté) ainsi qu’un certain nombre d’essences exotiques (Cèdre du Liban, Araucaria du Chili, Séquoia de Californie...). Ces essences, importées de pays lointains, révèlent les progrès de la botanique effectués au cours du 19e siècle et le pouvoir d’achat des notables locaux pour se procurer ces nouveautés.

L’ensemble du domaine est inscrit au titre des Monuments Historiques depuis 2002.

  • Murs
    • calcaire
    • brique
    • silex
  • Toits
    ardoise
  • Étages
    1 étage carré, étage de comble
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • croupe
    • dôme circulaire lanterneau
  • Escaliers
    • escalier intérieur
  • Techniques
    • sculpture
    • vitrail
    • peinture
  • Représentations
    • saint Charles Borromée
    • sainte Elisabeth
    • Immaculée Conception
    • fleur
  • Précision représentations

    les saints Robert et Ferdinand sont également représentés dans les vitraux du 19e siècle de la chapelle (non signés).

    Toiles marouflées (20e siècle) de R. Rousseau dans l'un des salons : décor de fleurs.

  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Éléments remarquables
    château, parc, communs, motte, dépendance, site archéologique
  • Sites de protection
    parc naturel régional
  • Protections
    inscrit MH, 2002/04/29
  • Précisions sur la protection

    Le château, les communs et dépendances, le parc avec la grille d'honneur et la clôture, la motte et les vestiges archéologiques connus ou à découvrir, en totalité (cad. A 100 à 103, 111, 148, 149) : inscription par arrêté du 29 avril 2002.