Dossier d’œuvre architecture IA00000728 | Réalisé par
Lecherbonnier Yannick
Lecherbonnier Yannick

Chercheur à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Basse-Normandie de 1982 à 2001. Spécialité : patrimoine industriel. Chef du service Régional de l'Inventaire de Basse-Normandie de 2001 à 2016, puis de Normandie jusqu'en 2018.

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Dupont Stéphanie (Contributeur)
Dupont Stéphanie

Chercheuse à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Basse-Normandie, puis de Normandie, depuis 2010. Spécialité : patrimoine industriel.

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  • inventaire topographique, Falaise périphérie
  • patrimoine industriel, patrimoine industriel de l'arrondissement de Caen
  • enquête thématique régionale, céramique industrielle de Basse-Normandie
briqueterie
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Région Normandie - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Falaise périphérie - Falaise-Nord
  • Commune Ussy
  • Lieu-dit la Briqueterie
  • Cadastre 1968 ZC 36, 39, 42, 47  ; 2012 ZC 37, 38, 39, 44, 45, 48, 72, 73, 80, 81, 82
  • Dénominations
    briqueterie
  • Parties constituantes non étudiées
    séchoir, four industriel, cheminée d'usine, logement d'ouvriers

En 1911, Eugène Dudemaine, entrepreneur en maçonnerie, est autorisé à établir une briqueterie à Ussy. L'argile est extraite dans une carrière de limon jaune située sur la commune voisine de Villers-Canivet. Les briques, utilisées pour la construction des différents bâtiments (four Hoffmann, ateliers, bureaux et logements) ont été confectionnées par des briquetiers belges selon la méthode dite de "cuisson à la volée" ou "à la flamande". D'abord commercialisées localement, les briques d'Ussy ont servi notamment à l'édification des bâtiments des mines de fer de Soumont et des cités ouvrières de Potigny, ainsi qu'à celle des villas des stations balnéaires. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, une partie de la production est exportée dans le Nord de la France. L'entreprise se développe dans l'Entre-deux-guerres et entreprend une production de chaux : en 1938, 3 millions de briques rouges, 1 200 tonnes de chaux et 40 000 tonnes de sable calcaire sortent des ateliers. Au décès d'Eugène Dudemaine, elle est reprise par sa femme et son fils, Pierre. Le site est endommagé en août 1944. L'activité de la carrière reprend en 1946, la production de brique deux ans plus tard. Suite à des difficultés de commercialisation, la briqueterie cesse son activité en 1959. La fabrication de chaux se poursuit jusqu'en 1961.

La carrière est exploitée manuellement, à l'aide de pioches et de pelles à lame étroite, jusqu'en 1954, date à laquelle un petit excavateur de marque Piat est mis en place. La terre est acheminée par wagonnets sur des voies Decauville jusqu'à l'atelier de fabrication, où elle est préparée selon la méthode de la "terre molle", c'est-à-dire malaxée avec de l'eau, coupée à la main et façonnée. Une machine à vapeur de type semi-fixe horizontale à un cylindre, d'une puissance de 35 CV, met en mouvement un malaxeur. Provenant des établissements belges Vve E. Sabbe-Maselis (Roulers), elle est acquise d'occasion en 1912. En partie sinistrée en 1944, elle est remplacée dans les années 1950 par un moteur électrique et ne sert plus que de moteur d'appoint. A partir des années 1930, la briqueterie se modernise en passant à la méthode dite de "terre franche" : les briques sont alors pressées par l'une des deux presses à plateau tournant installées sous les hallettes de séchages. La cuisson est réalisée, sur l'ensemble de la période de production, dans un four Hoffmann, alimenté en fine de charbon par le dessus.

En 1911, la briqueterie compte 5 employés, 12 en 1914, 25 en 1920.

Etablis au nord de la carrière, les bâtiments de la briqueterie, construits en brique, ont été en partie détruits. Sur les neuf hallettes de séchage, réparties de part et d'autre du chemin d'accès au four et à la maison du gardien, seulement trois sont partiellement en place. Couvertes en tuile mécanique, elles présentent des murs gouttereaux largement ouverts, avec pour certaines des murs-pignon à claires-voies soutenus par une charpente en bois apparente. Envahi par la végétation, le bâtiment du four Hoffmann, long de 48 mètres et comprenant 9 ouvertures sur chaque flanc, a perdu son toit à croupe au milieu des années 1990. Sa cheminée est endommagée en son sommet. Le logement du gardien a été remanié.

  • Murs
    • brique
  • Toits
    tuile mécanique, tôle ondulée
  • Couvrements
    • charpente en bois apparente
  • Couvertures
    • toit à longs pans pignon couvert
  • État de conservation
    établissement industriel désaffecté, envahi par la végétation, détruit après inventaire
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Éléments remarquables
    cheminée d'usine