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présentation de la commune de Villerville

Dossier IA14005201 réalisé en 2008
Aires d'étudesVillerville
AdresseCommune : Villerville

Villerville est située sur la "Côte de Grâce". Sa façade littorale est marquée par la "Pointe de Villerville", falaise aux parois abruptes composée d'un banc de glaise peu résistant. Pour repousser les assauts de la mer, celle-ci est protégée par d'importants murs de soutènement et par des brise-lames aménagés sur la plage. La liaison entre la station balnéaire, située sur la falaise, et la plage est assurée grâce à des sentiers et à des escaliers. Site occupé par des pêcheurs et leur famille, Villerville est gagnée par la mode des bains de mer thérapeutiques à partir des années 1850, après avoir été "découverte" par le peintre Charles Daubigny (1817-1878), qui y séjourna avec son fils Karl (1846-1886) jusqu'à sa mort. L'artiste s'est plus particulièrement attaché à représenter les moulières à marée basse et la colline de Villerville. D'autres artistes se rendront à Villerville, tels Ulysse Butin (1837-1883), Édouard Dantan (1848-1897) ou Ernest-Ange Duez (1843-1896), plus sensibles à représenter les scènes de la vie quotidienne, comme les familles de pêcheurs sur la grève ou au travail ou encore pendant la messe dominicale. Les premières cabines de bains sont installées sur la plage dès le milieu des années 1850. L'établissement de bains et, plus tard, le casino disposaient de peu d'espace sur cette étroite bande de sable enclavée entre la falaise et la mer montante. Dans les années 1860, une estacade, prolongée par une digue maçonnée, est construite à l'initiative de la municipalité pour ménager une promenade le long du rivage et permettre aux baigneurs d'accéder directement à la mer à marée haute. A marée basse, le sable découvert pouvait accueillir des cabanes de bains. Conformément au cahier des charges de 1878 relatif à l'exploitation des bains de mer, celles dévolues aux femmes étaient disposées sur l'estacade sur un ou plusieurs rangs, tandis que celles réservées aux hommes étaient installées sur la digue en maçonnerie. Entre ces deux groupes de cabines, se dressait une tente-abri, annexe du casino. L'arrêté du 8 juillet 1859 relatif à la police de bains divisa la plage en trois quartiers, à l'instar de celles où les bains étaient réglementés : d'un côté le quartier réservé aux hommes, de l'autre celui des femmes, au centre celui des familles. La confrontation entre les activités de la population locale et celles des estivants imposa à la municipalité de prendre, en 1865, certaines dispositions, dont l'interdiction aux marins de faire échouer leurs embarcations dans l'espace réservé aux bains de mer. Les guides touristiques et almanachs du début du 20e siècle décrivent Villerville comme une station de famille très fréquentée, la plus calme de toute la côte depuis Honfleur jusqu'à Cabourg. Les estivants pouvaient s'y rendre grâce à un service d'omnibus, en service du 1er juillet au 30 septembre, qui assurait la liaison avec la gare de Trouville-Deauville. Ils logeaient dans leur villa ou dans l'un des cinq hôtels de voyageurs implantés dans la station. Outre les bains de mer, ils s'adonnaient à la pêche à pied ou se divertissaient dans les salons du casino. A partir de l'entre-deux-guerres, ils purent pratiquer le tennis sur les courts dont certains hôtels de voyageurs, comme l'Hôtel Bellevue ou l'Hôtel des Parisiens, s'étaient dotés.

(c) Région Normandie - Inventaire général (c) Région Normandie - Inventaire général - Hébert Didier
Hébert Didier

Chercheur à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Basse-Normandie de 1993 à 2012, associé à l'étude sur le canton de Cambremer (Calvados), puis en charge des études sur les stations balnéaires de Deauville et Trouville (Calvados).


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