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présentation de la commune de Luc-sur-Mer

Dossier IA14005242 réalisé en 2008

Fiche

Aires d'étudesLuc-sur-Mer
AdresseCommune : Luc-sur-Mer

Peuplée de 1524 habitants lors du recensement de 1800, vivant principalement de l'agriculture, la commune de Luc-sur-Mer accueille ses premiers baigneurs à la toute fin du 18e siècle : un article de presse publié en 1801 rapporte qu'un armateur louait dès cette période sa maison située sur le bord de mer à "plusieurs particuliers de Caen, qui [voulaient] être à la portée des bains de mer". Cette pratique, sans doute isolée, fait de Luc-sur-Mer un des sites balnéaires les plus anciens de la côte normande. La proximité de Notre-Dame de la Délivrande, l'un des lieux de pèlerinage les plus anciens en France, a probablement été un facteur déterminant de l'essor de la station : le culte de la Vierge Noire attire en effet de nombreux pèlerins, plus de 150.000 chaque année. Certains d'entre eux prolongeaient leur pèlerinage d'un bref séjour sur la plage voisine, qui prit en 1830 le nom de « Plage des pèlerins ». Les baigneurs logeaient chez l'habitant, dans l'une des maisons du petit village de bord de mer situé au lieu-dit Le Petit Enfer, occupé par une petite colonie de pêcheurs. C'est à cet endroit que le premier hôtel de voyageurs, le Grand Orient, ouvre ses portes en 1822, suivi de l'Hôtel des Bains (1825), de l'Hôtel Belle Plage (1837) et de l'Hôtel du Petit Enfer (1828). Luc-sur-Mer attire rapidement des estivants de prestige issus, selon le poète caennais Alphonse Le Flaguais, de "la vieille cour, qui, ne partageant pas les goûts bruyants et folâtres de Mme la duchesse de Berry, se gardaient bien d'aller à Dieppe, séjour de divertissements et de fêtes. Elle aimait mieux venir se promener majestueusement sur les sables de Luc". Toujours selon l'artiste, la station naissante s'est imposée comme le lieu des rendez-vous privilégiés "de familles anglaises, de personnalités religieuses comme l'archevêque de Paris, de membres du gouvernement, d'artistes telle Mlle Mars". Il ajoute encore que "le duc de la Rochefoucauld, Mlle la duchesse de Damas, le marquis de la Grange, Mlle de Talleyrand, le duc de Chevreuse, le prince de Beauveau et vingt autres sommités du faubourg Saint-Germain sont venus à Luc se reposer des fatigues de la capitale". Luc-sur-Mer, par sa renommée, aurait pu devenir un nouveau Dieppe ou un nouveau Trouville. Mais les villégiateurs fortunés se sont abstenus d'investir des capitaux dans la station naissante, qui s'est alors développée progressivement, hors de tout plan d'urbanisme préétabli. Des villas ont été construites à l'initiative de particuliers, n'hésitant pas à les louer pendant la saison estivale. Les équipements balnéaires, notamment la digue et l'établissement de bains, sont financés par la municipalité. En 1875, la station est reliée à Caen par une ligne de chemin de fer. Cette nouvelle voie de communication favorise le séjour dominical des notables locaux, venus pour profiter des bains de mer, des divertissements proposés par le casino et s'adonner à la pratique de la pêche à pied.

(c) Région Normandie - Inventaire général (c) Région Normandie - Inventaire général - Hébert Didier
Hébert Didier

Chercheur à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Basse-Normandie de 1993 à 2012, associé à l'étude sur le canton de Cambremer (Calvados), puis en charge des études sur les stations balnéaires de Deauville et Trouville (Calvados).


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