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présentation de la commune de Houlgate

Dossier IA14005204 réalisé en 2008
Aires d'étudesHoulgate
AdresseCommune : Houlgate

Au début du 19e siècle, la commune de Beuzeval, qui deviendra Houlgate par un décret de 1901, était un territoire faiblement peuplé (301 habitants en 1828), qui tirait l'essentiel de ses ressources de l'élevage. Sur la rive gauche de l'embouchure du Drochon, le hameau de la mer réunissait quelques maisons de pêcheurs et d'herbagers. A partir de 1840, quelques familles caennaises prirent l'habitude de venir y séjourner durant la saison estivale. Séduits par les bains de mer thérapeutiques, dont la mode avait gagné Trouville depuis près d'une décennie, ces estivants logeaient chez l'habitant où ils louaient une chambre.

A partir de 1850, le lieu fut fréquenté par des peintres, tels Léon Belly, Paul Huet ou Léon Riesener, dont certaines toiles participèrent à la promotion de la station naissante. Les premières villas furent construites en 1850 et huit ans plus tard, la petite colonie comptait une dizaine de maison de villégiature appartenant à quelques bourgeois locaux ou parisiens.

A partir de 1857, l'ouverture de la ligne de chemin de fer Paris/Lisieux favorisa l'essor de la station, qui se dota d'hôtels de voyageurs et de pensions de familles pour accueillir les estivants de plus en plus nombreux. Pour répondre aux attentes d'une importante colonie protestante, un temple fut érigé en 1863 ainsi qu'une maison évangélique. Les estivants venaient dans cette station pour profiter de son calme, de ses charmes paysagers et des bains de mer.

En 1854, l'avocat caennais Victor Delise acquit 20 hectares en bord de mer sur la Butte d'Houlgate. Son but était de fonder de toute pièce une station balnéaire sur les vastes espaces littoraux restés inexploités, à l'instar de la station de Cabourg, créée la même année par les parisiens Achille Collin et Henri Durand-Morimbeau. Grâce au soutien d'Amédée René, député du Calvados et directeur du journal "Le Constitutionnel", et à la participation financière du banquier parisien Albin-Aubin Vergniolles, il fonda le 16 mars 1858 la Société Civile Immobilière, à laquelle il associa Victor Bonnet, économiste et membre de l'institut, et Antoine Lasnier, président du tribunal civil de Lisieux. Au nom de la SCI, d'autres terrains furent achetés sur la Butte d'Houlgate et les travaux fondateurs de la future station furent engagés. Henri Jouvet, beau-frère de Victor Delise, dessina le plan de la station, l'architecte caennais Jacques-Claude Baumier se chargeant de concevoir les équipements balnéaires (hôtel, casino, établissement de bains) et la construction des premières villas.

Indépendamment du pôle balnéaire de Beuzeval, la nouvelle station connut un développement remarquable : une quarantaine de villas furent érigées entre 1858 et 1868. De confession catholique, les propriétaires faisaient partie du réseau de sociabilité des fondateurs et étaient issus du monde judiciaire (juges, magistrats, notaires...). La chute du Second Empire et la crise économique qui s'ensuivit marqua un ralentissement dans l'essor de la station. Au cours de cette période, la municipalité finança la construction d'édifices publics, dont une mairie-école (1874) et une église dédiée à Saint-Aubin (1879), ainsi qu'un réseau de voies (1880) tracé autour du nouveau lieu de culte.

L'ouverture en 1884 de la ligne de chemin de fer Dives-Deauville, mettant Paris à quatre heures de la côte seulement, ouvrit une nouvelle période de prospérité pour la station de Houlgate. 233 nouvelles demeures furent bâties entre 1880 et 1895. Réputée pour son active vie mondaine, la station bénéficiait d'un grand prestige, en partie dû aux séjours de célébrités et de têtes couronnées, tels le prince Edouard VII ou l'impératrice russe Alexandra Féodorovna, au Grand Hôtel. Houlgate connut son apogée au début du 20e siècle avec une fréquentation annuelle de 5000 estivants. La Première Guerre mondiale marqua une rupture dans l'histoire de la station, qui ne parvint jamais à retrouver sa prospérité d'avant-guerre. Touchée par la crise de 1929, Houlgate perdit progressivement de son prestige. Elle se trouva dans l'impossibilité de faire face à la concurrence des lieux d'exception comme Deauville, dont les équipements haut de gamme étaient plus attractifs pour une clientèle fortunée.

Références documentaires

Bibliographie
  • Hébert, Didier (réd), De Rugy Manuel (phot.). Houlgate, la perle de la côte fleurie. Lyon : Lieux-dits, 2011 (Parcours du patrimoine n° 311). 64 p.

  • LECOUTURIER, Yves. Jeux et loirs n°1 : les casinos en Normandie. Cully : Orep éditions, 2005, non paginé

    p. 20
  • Bains de mer du Nord et de Normandie. Collection des bleus illustrés. Paris : Hachette, 1927

    pp. 199-202
  • Joanne, P. Normandie. Paris : Librairie Hachette et Cie, 1885.

    pp. 211-212, 345-346
  • Joanne, Paul. Normandie. Collection des guides Joannes. Paris : Librairie Hachette et Cie, 1907.

    pp. 259-263

Liens web

(c) Région Normandie - Inventaire général (c) Région Normandie - Inventaire général - Hébert Didier
Hébert Didier

Chercheur à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Basse-Normandie de 1993 à 2012, associé à l'étude sur le canton de Cambremer (Calvados), puis en charge des études sur les stations balnéaires de Deauville et Trouville (Calvados).


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