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présentation de la commune de Granville

Dossier IA50002801 réalisé en 2008
Aires d'étudesGranville
AdresseCommune : Granville

Port de commerce et de pêche sur la côte du Cotentin, Granville comptait 6649 habitants lors du recensement de 1793. Les bains de mer thérapeutiques y font leur apparition dès la fin du 18e siècle, comme l'atteste un acte du 27 messidor an III (15 juillet 1795) extrait du registre des délibérations du département de la Manche, qui mentionne la requête du citoyen Payen de Chavoy de "fixer son séjour à Granville où son épouse, attaquée par une maladie grave, prend des bains de mer". Motivée par une cure marine, la comtesse de Boigne se rend à Granville en 1808 : "Mon frère m'arrangea une petite charrette couverte. On me procura à grand peine et à grands frais, malgré la misère, un homme pour mener le cheval jusqu'à la lame et deux femmes pour entrer dans la mer avec moi. Ces préparatifs excitèrent la surprise et la curiosité à un tel point, que lors de mes premiers bains, il y avait foule sur la grève. On demanda à mes gens si j'avais été mordue d'un chien enragé. J'excitais une extrême pitié en passant, il semblait qu'on me menait noyer. Un vieux monsieur vint trouver mon père pour lui représenter qu'il assumait une grande responsabilité en permettant un acte si téméraire..." (extrait du journal "La Plage", 16 septembre 1908). La plage des bains était située au nord, dominée par la pointe du Roc, sur laquelle s'établit la ville historique derrière ses remparts. L'accès à la plage des bains s'effectuait par la "Tranchée aux Anglais", passage creusé par les Anglais au milieu du 15e siècle, lorsqu'ils occupaient la Roche de Granville. Les loges portatives permettant de transporter le baigneur jusque dans les flots sont remplacées en 1827 par des cabines de bains installées sur la plage. L'année suivante, pour distraire les estivants, la municipalité fait dresser "la Cabane des bains", où des bals étaient organisés deux fois par semaine sur un promontoire creusé dans la falaise. Le site attire des baigneurs de plus en plus nombreux, comme en témoigne le rapport du commandant Peytier daté de 1839 : "...depuis vingt ans, les bains de mer sont plus recommandés et on en fait surtout depuis dix ans un grand usage. L'arrondissement d'Avranches a des côtes très favorables pour prendre ces bains ; on en prend au Mont-Saint-Michel, à la Roche-Torin et enfin à Granville, dont les bains sont fréquentés chaque année par environ mille personnes, dont la moitié des malades, qui doivent laisser dans la ville au moins cent mille francs annuellement. Les bains de mer sont bons pour les gastrites, les gastro-entérites, les douleurs rhumatismales, etc.". En 1841, un pont en bois est construit au-dessus de la Tranchée ; en 1884, la largeur du passage est portée de 7 mètres à 20 mètres. C'est à cette période que le pont en bois est remplacé par une passerelle en fer. La ligne de chemin de fer Paris/Granville et la gare sont inaugurées le 3 juillet 1870. La station accueille des estivants de plus en plus nombreux, issus des localités voisines ou de Paris, parmi lesquels des hôtes de prestige tels Stendhal, Jules Michelet ou Victor Hugo. Les villégiaturistes se rendent à Granville pour y prendre les bains de mer, mais aussi pour profiter de la ville historique, des divertissements proposés par le casino (reconstruit en 1858. IA50002804), des régates (à partir de 1889) et des courses hippiques (à partir de 1890). En 1911, la station se dote d'un nouveau casino, l'année suivante un golf est aménagé près du rivage. Le quartier des villas se développe à partir du tournant des 19e et 20e siècles au sommet de la falaise dominant la plage du Plat-Gousset. La promenade de bord de mer est aménagée au tout début du 20e siècle. Surnommée la "Monaco du Nord" par les guides touristiques du début du 20e siècle, Granville est classée station climatique le 16 mars 1926.

Chef-lieu de canton, Granville est située sur la côte du Cotentin, entre l'estuaire de la Vire et la baie du Mont-Saint-Michel, à 288 kilomètres de Paris. Son territoire s'étend sur 990 hectares, pour la plupart urbanisés. La ville haute s'est développée sur un promontoire rocheux, appelé le "Point du Roc", fortifié au milieu du 15e siècle. Le reste de l'agglomération s'étend vers l'est, délimité au nord par la rivière Le Bosq et au sud par une alternance de falaises et de plages jusqu'au ruisseau la Saigue. Elle dispose de quatre plages de sable, une au nord entre la presqu'île et la rivière, trois au sud sur la baie. Elle a une vocation maritime portuaire (premier port coquillier de France) et balnéaire. Elle est surnommée "La Monaco du Nord" par les guides publiés à partir du début du 20e siècle.

(c) Région Normandie - Inventaire général (c) Région Normandie - Inventaire général - Hébert Didier
Hébert Didier

Chercheur à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Basse-Normandie de 1993 à 2012, associé à l'étude sur le canton de Cambremer (Calvados), puis en charge des études sur les stations balnéaires de Deauville et Trouville (Calvados).


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