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présentation de la commune d'Agon-Coutainville

Dossier IA50002824 réalisé en 2008

Fiche

Œuvres contenues

Aires d'étudesAgon-Coutainville
AdresseCommune : Agon-Coutainville

Comptant 1605 habitants lors du recensement de 1861, Coutainville puise alors ses principales ressources dans la pêche et l'agriculture. Les premiers baigneurs y séjournent à partir de 1860, logeant au village bordant la vieille route d'Agon à Blainville et Gouville, chez l'habitant. Rapidement, la commune devient un endroit à la mode : elle attire principalement des libraires et des éditeurs parisiens et coutançais, ce qui lui vaut d'être surnommée "la plage des libraires". Le premier café-restaurant, "le Café Coutançais", simple construction en bois, ouvre ses portes en 1865. Accompagnant le phénomène balnéaire, des "paillottes" sont élevées sur la dune bordant le rivage, terrains communaux utilisés traditionnellement pour le parcage des moutons et le séchage de la "pailleule", plante marine utilisée comme engrais sur la côte de Granville. Installées sans aucune autorisation et grevées d'aucune redevance, ces constructions, qui permettent aux baigneurs de s'habiller et se déshabiller, sont constituées de panneaux faits de lattes de bois compressant une couche de paille et d'une charpente en bois supportant une couverture en chaume. Rapidement, elles se font de plus en plus nombreuses. Certaines, pouvant abriter une cuisine, une salle à manger et deux chambres à coucher, prennent une importance telle qu'elles ont les qualités d'une véritable maison d'habitation. Le 14 août 1868, la municipalité prend un arrêté imposant à leurs propriétaires de payer une location annuelle proportionnelle à la superficie du terrain occupé. En contrepartie, elle s'engage à réaliser des voies de communication entre les terrains occupés et la plage et à établir le long de la dune, tous les cent mètres, des escaliers pour accéder à la grève. En mars 1869, une forte tempête emporte une vingtaine de mètres de dunes et toutes les "paillottes" qui s'y trouvaient. A partir de cette période, ces maisons de plaisance sont reconstruites en pierre et brique. Desservie depuis Lison et Saint-Lô par une ligne de chemin de fer inaugurée en 1878, la station connaît un nouvel essor : on y compte en 1885 près de 2000 baigneurs et près de 500 constructions, les nouvelles étant soumises au plan d'urbanisme mis en place en 1880 : celui-ci figure deux voies parallèles au rivage, deux autres perpendiculaires et le découpage en parcelles régulières des terrains encore vacants. Les occupants des terrains situés à l'arrière du front de mer sont autorisés à louer ceux du front de mer non lotis pour conserver la vue. Le quartier balnéaire s'enrichit de commerces (cafés, restaurants, épiceries...) et d'hôtels de voyageurs (tels Beaurivage, le Grand Tourville, l'Hôtel Nicolas), qui s'organisent autour de la place centrale. Pour protéger les villas des assauts de la mer, la municipalité finance la construction d'une digue-promenade, inaugurée en 1898. La même année, le tennis-club ouvre ses portes. Un premier casino est aménagé en 1907 dans le café dit Chalet des Fêtes (IA50002825). La vocation sportive de la station balnéaire se renforce durant l'entre-deux guerres avec la création d'un golf en 1922 et celle d'un hippodrome en 1926, dans l'ancien havre du Martinet.

Située sur la côte ouest du Cotentin, face aux îles anglo-normandes, Agon-Coutainville est distante de 38 kilomètres de Saint-Lô, chef-lieu de département, et de 10 kilomètres de Coutances. La commune est bordée au sud par le havre de Régnéville, à l'est par les communes de Tourville et Saint-Malo-de-la-Lande, chef-lieu de canton, au nord par celle de Blainville-sur-Mer. Sa façade maritime, marquée par une côte basse sableuse bordée sur 2 kilomètres d'une digue-promenade, s'étire sur près de huit kilomètres. Surnommée "le joyau de la Manche" par les guides touristiques du début du 20e siècle, la station balnéaire d'Agon-Coutainville s'est imposée comme la ville de plaisance la plus réputée de la côte ouest du Cotentin. La population permanente est aujourd'hui de 2813 habitants. Quelques activités traditionnelles agricoles et maritimes, comme l'ostréiculture et la mythiliculture, perdurent à côté de celles relevant du tourisme, largement dominantes.

(c) Région Normandie - Inventaire général (c) Région Normandie - Inventaire général - Hébert Didier
Hébert Didier

Chercheur à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Basse-Normandie de 1993 à 2012, associé à l'étude sur le canton de Cambremer (Calvados), puis en charge des études sur les stations balnéaires de Deauville et Trouville (Calvados).


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