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présentation de l'opération d'inventaire du patrimoine de la commune de Cherbourg-Octeville

Dossier IA50001653 réalisé en 2006

Fiche

Introduction

L'opération d’inventaire du patrimoine mobilier et immobilier de Cherbourg-Octeville a été initiée en 2006 et achevée en 2012 sous la conduite de Stéphane Allavena. Elle a été précédée par un recensement exhaustif de toute la documentation disponible sur le sujet ainsi que par la rédaction d’un cahier des clauses scientifiques et techniques fixant les finalités essentielles de l’étude et les moyens pour y parvenir. Deux objectifs ont été retenus :

- fournir à la ville, grâce à un recensement systématique du patrimoine bâti, un outil de connaissance de son territoire susceptible d’accompagner la mise en place d’une Zone de Protection du Paysage Architectural Urbain (ZPPAUP),

- analyser de quelle manière s’est constituée, des premiers temps jusqu’aux années 1970, la ville de Cherbourg, en portant une attention particulière aux liens qui l'unissent à ses deux ports, l'un civil, l'autre militaire.

La couverture photographique a été assurée par Manuel de Rugy.

La relecture et l’enrichissement de l’enquête ont été réalisés en 2017-2018 (Hélène Billat et Yannick Lecherbonnier).

La méthode

Conformément à l’engagement pris dans le cahier des clauses scientifiques et techniques, lequel a permis de dresser une première synthèse de l’histoire de la ville, l’étude a été menée selon une méthode allant du général au particulier qui a privilégié cinq grands thèmes :

- la formation du tissu urbain,

- le port militaire,

- le port de commerce,

- les édifices publics et leur collection d’objet,

- l’habitat.

Les éléments constitutifs à chacun de ces thèmes ont fait l’objet dans un premier temps d’un travail d’identification mené sur le terrain, puis, pour les œuvres sélectionnées, de recherches documentaires et d’une campagne photographique.

Étendu principalement à la ville de Cherbourg, il a été conduit à l’aide d’une grille de repérage, permettant de fournir un minimum de renseignements sur l’implantation géographique, la datation, la forme et les matériaux de construction. Les édifices postérieurs à 1970 ainsi que les œuvres dénaturées ont été exclus du champ de l’investigation. L’ensemble des information collectées a été saisi sur le logiciel Excel puis cartographié par le SIG de la Communauté urbaine de Cherbourg avec laquelle une convention a été signée.

Ce travail d’identification a permis de créer des corpus, qui ont eux-mêmes permis d'effectuer des sélections d’œuvres destinées à être étudiées et à faire l’objet d’un dossier comprenant notice, documentation et illustrations.

Trois critères de sélection ont prévalu :

- l’intérêt historique

- les qualités esthétiques

- l’appartenance à une typologie souvent rencontrée sur le terrain

Les résultats obtenus

I. La formation du tissu urbain

L’enquête de terrain

En raison du caractère très général de son contenu, l’étude de la formation du tissu urbain s’est étendue sur tout le long de l’étude. L’évolution de la voirie ainsi que la formation des différents quartiers ont constitué la matière principale de cette première partie.

Elle a abouti à l’ouverture de 21 dossiers parmi lesquels 1 dossier ville, 4 dossiers de quartiers et 14 dossiers relatifs à l’historique des principales places et opérations urbaines. A l’instar de bon nombre de cités médiévales, la ville de Cherbourg s’est formée autour d’un château, comme l’indique encore de nos jours la disposition radio-concentrique de ses rues autour de l’espace occupé jadis par l’ancienne forteresse. Dotée, à partir de 1300, par Philippe le Bel d’une enceinte ponctuée de tours, Cherbourg demeure sous l’Ancien Régime une cité de taille très modeste, forte de quelques milliers d’habitants, dont la superficie ne dépasse guère une vingtaine d’hectares.

Privé par Louis XIV en 1692 de son château et de ses murailles, le bourg connaît néanmoins une croissance exceptionnelle entre 1780 et 1930 grâce à l’implantation d’un port militaire dont la construction, en dépit des avantages qu’il octroie, fait peser sur la cité de nombreuses contraintes.

En effet, outre l’occupation d’une part non négligeable de l’espace par plusieurs de ses installations, le port et ses fortifications génèrent, jusqu’à la fin du XIXe siècle, des servitudes militaires propres à toutes les places fortes, qui hypothèquent pendant longtemps la possibilité de bâtir dans certains quartiers, limitent la hauteur des bâtiments et influencent durablement la géographie de l’habitat. Il en est ainsi, à l’ouest, du quartier de la Bucaille dont l’aménagement au cours du XIXe siècle ne se fait que par étapes progressives en fonction des dérogations exceptionnelles, baptisées alors polygones d’exception, que l’autorité militaire accorde aux habitants pour construire.

Au début du XXe siècle cependant, le déclassement des forts et la montée en puissance du port de commerce réduisent l’emprise des constructions militaires et permettent à la ville d’entreprendre une première « reconquête » de son territoire. La destruction dans les années 30 des bâtiments de l’Ancien Arsenal situés près de l’avant-port par la Chambre de Commerce, ou encore l’acquisition à la même période par la Ville du jardin de l’infanterie colonial, symbolisent cette réappropriation civile de l’espace, poursuivie après la guerre par la construction des grands ensembles : ZUP Divette puis ZUP de l’Amont-Quentin.

II. Le port militaire

L’enquête de terrain

L’enquête sur le port militaire a porté d’une part sur l’arsenal, d’autre part sur le système de mise en défense de la place. Dernier établissement d’envergure construit au XIXe siècle par la Marine, conçu pour prévenir un débarquement anglais sur les côtes normandes, le port de Cherbourg présente l’originalité d’avoir été aménagé sur des terrains conquis entièrement sur la mer, contrairement à ceux de Brest, Rochefort ou Toulon. Sa création, échelonnée sur plus d’un siècle, intervient à une époque où la navigation et l’armement connaissent des mutations accélérées, ce dont témoignent le développement de la propulsion à vapeur, l’usage systématique du fer et de l’acier dans la construction navale ou encore l’apparition de nouvelles armes (torpille, obus chimique...) aux portées de tirs désormais plus précises.

1. L’arsenal et ses infrastructures

38 dossiers Mérimée et a peu près 27 dossiers Palissy ont été constitués. Implantés tantôt autour de bassins creusés à même le roc de la baie, tantôt au cœur même de la cité, les installations portuaires de l’arsenal sont aujourd’hui de précieux témoignages sur l’histoire du patrimoine maritime dont peu de ports, hormis Rochefort, peuvent encore s’enorgueillir. En effet, bien que durement touché par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, le port de Cherbourg a conservé plusieurs édifices dignes d’intérêt qui témoignent de la diversité de ses activités industrielles et militaires. Les cales de construction de l’ingénieur Cachin, bâties sous le Premier Empire, le réservoir d’eau de la Divette, le bâtiment des Subsistances, la caserne Proteau, parfait exemple des casernes à l’épreuve, ou encore l’hôpital de la Marine, unique survivant des hôpitaux de port du XIXe siècle depuis la disparition de Clermont-Tonnerre à Brest et de Saint-Mandrier à Toulon, en constituent les exemples les plus remarquables.

2. Les fortifications

L’ensemble de ces ouvrages est alors défendu par un double système de fortifications qui subsiste encore de nos jours : une enceinte bastionnée, amputée aujourd’hui de trois bastions, et une suite de forts détachés établis tantôt en pleine mer tantôt sur les hauteurs de la ville, selon le principe de la fortification éclatée. Les premiers, dont le profil circulaire, destiné à limiter l’impact des tirs, reflète l’influence des théories du marquis de Montalembert, ont en grande partie survécu. A la fin du XIXe siècle, leur bétonnage ainsi que la construction de deux nouvelles digues pour fermer la rade illustrent les efforts déployés par les ingénieurs pour s’adapter aux nouvelles capacités destructrices de l’obus chimique ainsi qu’aux menaces présentées par les navires torpilleurs. Les seconds, organisés en une double ceinture de forts, construits sous le Premier Empire puis dans la seconde moitié du XIXe siècle, ont presque tous disparu à l’exception de quatre d’entre eux dont trois sont situés aujourd’hui sur la commune d’Equeurdreville : le fort Saint- Anne, la redoute des Couplets, le fort du Tôt ainsi que le fort du Roule, transformé depuis 1954 en musée de la Libération.

Le premier domaine a permis d’identifier 17 ouvrages (certains sont situés aujourd’hui sur les communes de Tourlaville, d’Equeurdreville-Hainneville et de Querqueville) sur les 25 qui faisaient à l’origine partie du dispositif défensif mais dont beaucoup ont disparu. 14 ont été sélectionnés et ont fait l’objet d’un dossier (trois n'ont pas été retenus en raison de leur trop mauvais état de conservation et de l’absence de documentation).

Les forts détachés en mer, destinés à protéger la rade ainsi que le mur d’enceinte de l’arsenal, quoique amputé d’une partie de ses bastions, constituent l'essentiel des ouvrages qui nous sont parvenus. Propriété de la Marine nationale, ils sont désaffectés depuis la fin de la Seconde Guerre et réduits à l’état de vestiges.

La ceinture primitive des forts d’Ancien Régime construits après la destruction des fortifications de la ville par Louis XIV (fort du Galet, redoute de Tourlaville, fort Saint-Anne, redoute de Querqueville) ont entièrement disparu à l’exception du fort de l’Onglet. Il en est de même pour la plupart ouvrage défensifs qui assuraient la défense de la ville côté terre à savoir :

- la première couronne des forts des hauteurs construits après le passage de Napoléon 1er en 1811 : redoute Saint-Anne, batterie des Couplets, redoute des Couplets, redoute du Tot, redoute des Fourches, redoute d’Octeville. Il ne subsiste que trois de ces six ouvrages : la redoute des Couplets, transformée en jardin d’enfant, la redoute du Tot et celle des Fourches aujourd’hui à l’état de vestiges.

- la seconde couronne des forts construits dans la seconde moitié du XIXe siècle : redoute du Trottebec, redoute de la Fauconnière, fort du Baquesne, fort d’Octeville, fort de Grismenil, fort des Varendes et fort d’Hainneville à l'exception Le fort du Roule aujourd’hui musée de la Libération est le seul témoin qui ait subsisté de cette seconde ceinture défensive et sans doute l’ouvrage fortifié le mieux conservé.

III. Le port de commerce

L’étude du port de commerce a porté sur deux types de réalisation : les ouvrages hydrauliques nécessaires au fonctionnement du port (bassins, écluses, jetées), ainsi que les équipements utiles au commerce, à la pêche et au transport des voyageurs (entrepôts, criées, gares maritimes).

Creusé au XVIIIe siècle par les ingénieurs militaires Hue de Caligny et Pierre de Caux dans le lit de la rivière Divette, l’établissement favorise dès la fin de l’Ancien Régime le développement d’un nouveau quartier, le « Val de Saire », bâti à l’est de la ville sur des terrains autrefois occupés par la grève. L’hôtel Maurice, actuelle caisse d’épargne ainsi que son voisin établi au 1, quai du général Lawton Collins, bâtis tous deux autour de 1780, témoignent de ce premier effort d’urbanisation. Etabli sur un axe nord-sud, le premier port de commerce comprend à l’origine trois parties : un chenal destiné à faciliter l’entrée des bateaux dans le port, un avant-port et un bassin de flot conçu pour abriter une trentaine de navires de moyen tonnage protégé par une écluse. La circulation entre les deux rives est assurée par un pont-tournant, plusieurs fois reconstruit, dont le dernier date de 1958.

L’absence de débouché fluvial, un arrière-pays peu industrialisé ainsi que la présence d’un port militaire dont les autorités sont longtemps réticentes à tout projet d’extension, handicapent néanmoins son développement au XIXe siècle. Celui-ci n’en fait pas moins au cours de cette période l’objet de plusieurs aménagements dignes d’intérêt dont les exemples les plus remarquables sont la jetée-promenade de l’ingénieur Leroux, conçue en 1831 pour éviter l’ensablement du port, ou encore la forme de radoub des ingénieurs Virla et Reibell.

L’extension du port de commerce se confirme cependant au XXe siècle lorsque Cherbourg devient, grâce à sa position géographique et à l’excellence de sa rade, l’un des principaux ports d’émigration à destination du Nouveau monde. Entièrement redessiné par l’ingénieur des Ponts et Chaussées Paul Minard, ce dernier s’étend alors considérablement à l’est, sur des terrains gagnés sur la mer, et se dote d’équipements spécialement conçus pour l’accueil des plus grands navires transatlantiques : hôtel de voyageurs, darse en eau profonde, gare maritime dont la construction ne manque de renouveler profondément la physionomie du Val de Saire, rebaptisé un temps « quartier transatlantique ». Bombardés en 1944, ces installations font l’objet d’une importante reconstruction après la guerre dont la criée de l’épi est un des exemples les plus réussis.

IV. Des édifices publics et leur collection d’objet

L’étude des édifices publics a porté sur tous les bâtiments dont la construction a été financée par les collectivités : églises (jusqu’en 1905), cimetière, établissements administratifs et judiciaires, espaces de loisirs, constructions à vocation industrielle et commerciale édifiées par la mairie telles les halles de la place Centrale ou encore l’usine de distribution d’eau de la Butte Fauconnière.

Construits majoritairement au XIXe siècle, ces derniers illustrent les efforts déployés par les édiles pour répondre aux besoins d’une ville en pleine croissance dont la population passe de 10000 à plus de 40000 habitants. Bâtis en grande partie grâce aux ressources de l’octroi institué depuis 1801, la plupart des vingt-six édifices publics inaugurés au cours de cette période sont l’œuvre d’architectes municipaux dont les projets, entérinés une première fois par la commission municipale des travaux publics, doivent obligatoirement être validés par le Conseil national des Bâtiments civils. La complexité de cette procédure, à laquelle s’ajoutent les nombreux problèmes financiers que la ville connaît de manière récurrente, explique que beaucoup d’entre eux soient le fruit de très longs chantiers, étendus sur plusieurs décennies. C’est le cas de l’hôpital Pasteur, dont la construction décidée par le décret impérial du 9 juin 1811 n’est achevée qu’en 1863 ou encore du théâtre municipal, projeté dès 1833, et inauguré, une cinquantaine d’années pus tard, en 1882. L’ensemble de ces bâtiments, relativement épargnés par les injures du temps, forme aujourd’hui un corpus d’une remarquable cohérence dont peu de villes de la Manche peuvent encore se prévaloir en raison des destructions de la Seconde Guerre mondiale.

Conformément à l’esthétique de l’époque, la plupart adoptent un style éclectique inspiré tantôt par la tradition romane et gothique pour les édifices religieux, tantôt par les arts de la Renaissance et de l’époque classique pour les édifices civils. Bâti entre 1825 et 1829 par Louis le Sauvage, premier architecte municipal, le clocher-porche de l’église de la Trinité est ainsi le fruit d’un compromis entre la tradition gothique dont il reprend les arcs brisés et la mode néoclassique avec ses pilastres corniers et ses frises de denticules. En 1856, la nouvelle église Saint-Clément est un long vaisseau de plan basilical auquel l’architecte Geufroy ajoute un portique et une coupole d’inspiration palladienne. En 1882, le théâtre municipal, est un édifice aux allures de palais italien, coiffé d’un toit en pavillon à la manière des châteaux classiques français. Cet éclectisme se retrouve jusqu’au cours de l’entre-deux-guerres dans les grandes compositions décoratives de Michel-Adrien Servant à la chapelle de l’institut Saint-Paul, au 27 rue de l’amiral Courbet, ainsi qu’au chœur de l’église Saint-Clément en 1935 où les figures de Charles Roger de Gérigné, inspirées par la renaissance italienne, sont associées à un décor cloisonné d’inspiration médiévale dépourvu de perspective. Plusieurs de ces édifices ont conservé enfin des collections d’objets où subsistent, aux côtés d’un mobilier courant, des pièces plus rares tel la table de tric-trac de la résidence du préfet maritime ou encore l’ombrellino de l’église Notre-Dame du Vœu.

V. Les édifices privés

Menée quartier par quartier, l’étude de l’architecture privée a révélé un habitat construit jusqu’au début du XIXe siècle exclusivement à l’aide d’un schiste bleu vert, extrait des carrières locales, associé au grès et à la pierre calcaire pour l’encadrement des ouvertures. Cette singularité de technique, où l’usage du bois et du chaume, si répandu en Normandie, demeure très rare, ne manque pas d’étonner les chroniqueurs de passage dès le XVIIIe siècle, tel Jean-Aymar Piganiol de la Force (1), auteur en 1753 d’une des premières descriptions géographiques de la ville.

Demeurée ainsi longtemps homogène et relativement imperméable aux influences extérieures, cette architecture connaît néanmoins une véritable révolution à partir du second Empire, lors de l’apparition du chemin de fer et de l’achèvement des grands travaux du port militaire. De nouveaux matériaux font alors leur apparition telle la brique, utilisée aussi bien pour le gros œuvre que pour l’encadrement des fenêtres, ainsi que le granite réservé aux fondations. Aux côtés des formes de résidences traditionnelles, immeubles de rapports et hôtels particuliers, dont le profil ne manque pas d’évoluer, deux types d’habitation, inconnues jusqu’alors, s’affirment également qui modifient d’une manière significative le paysage de Cherbourg : le pavillon, symbole de l’individualisme bourgeois, popularisé depuis le début du siècle par les illustrations d’Auguste Constantin (2) et les lotissements ouvriers dont la création est encouragée par la loi Sigfried (3) votée le 30 novembre 1894. Les premiers, construits à l’initiative d’une clientèle assez hétéroclite (négociants, médecins, industriels, officiers), se multiplient dans le quartier de la Bucaille et les hauteurs de la ville ; les seconds, réservés aux familles nombreuses travaillant à l’arsenal, se développent plus particulièrement dans le quartier du Val de Saire où perdurent encore aujourd’hui d’importantes cités ouvrières impasse Paradis et impasse Milinaire.

Le XXe siècle est marqué par l’usage généralisé du béton, utilisé avec fortune par plusieurs architectes locaux tels René Levesque, René Levavasseur et René-Charles-Louis Drancey ainsi que par le développement des grands ensembles bâtis avec le soutien du ministère de la Reconstruction sous la direction de l’architecte Paul Vimond.

Conclusion

2399 édifices et 600 objets ont été recensés au terme de l’enquête ; 819 (365 édifices et 456 objets) ont été sélectionnés, étudiés et photographiés selon les critères énoncés plus haut. Leurs dossiers, riches de plus de 5000 images, doivent figurer dans les années à venir sur les bases Mérimée pour l’architecture et Palissy pour les objets du ministère de la culture, accessibles à tous (http://inventaire-patrimoine.normandie.fr/)

Le recensement et l’étude du patrimoine de la ville de Cherbourg ont fait apparaître un ensemble d’une grande variété dont l’intérêt et l’état de conservation présentent une forte diversité. Le port militaire constitue sans nul doute, à l’échelle nationale, l’ensemble le plus remarquable. L’intérêt porté tout au long du XIXe siècle par l’Etat à la réalisation de cet immense chantier, ainsi que l’ampleur de ses vestiges, dont certains, comme la Digue du Large, constituent de véritables prouesses techniques, militent en faveur d’une réflexion sur une protection future. A cet ensemble exceptionnel succèdent les établissements du port de commerce, témoignages vivants de l’histoire de la navigation transatlantique, ainsi que certains édifices publics et privés dont la variété des styles intéresse plus particulièrement l’histoire de l’art local.

[1] Nouvelle description de la France, dans laquelle on voit le gouvernement général de ce royaume, celui de chaque province en particulier, et la description des villes, maisons royales, châteaux et monuments les plus remarquables. Paris, C. N. Poiron, 1753-1754. p. 436-456.

[2] Auguste Constantin (1791-1842). Elève de Percier et Fontaine, il fut en France le créateur de quartiers péri-urbains sous forme de pavillons et de maisons inspirées

principalement par la renaissance italienne. Concepteur du quartier de la Nouvelle-Athènes à Paris, il réalisa aussi quelque temps plus tard le quartier François 1er,

le quartier Saint-Georges puis de nombreuses villas à Maisons Laffite en association avec le banquier Laffite.

[3] Entrepreneur né à Mulhouse le 12 février 1837 et mort au Havre le 26 novembre1922, Jules Siegfried fut ministre du travail en 1894. La loi qu’il fit voter accordait alors

des facilités de crédit aux Sociétés d’Habitations à Bon Marché ainsi que de nombreuses exonérations fiscales sur la propriété.

Aires d'étudesCherbourg-Octeville
AdresseCommune : Cherbourg-Octeville

Annexes

  • Bilan des protections à Cherbourg-Octeville

    1. Abbaye Notre-Dame du Vœu (rue de l’Abbaye)

    Ensemble des bâtiments, vestiges et sols, en totalité : classement par arrêté du 9 septembre 2002.

    2. Basilique Sainte-Trinité (place de la Trinité)

    Inscription par arrêté du 14 mars 1944.

    3. Batterie du Roule

    Batterie avec ses galeries souterraine : classement par arrêté du 23 février 1995.

    4. Eglise abbatiale Notre-Dame du Vœu

    Porte, transportée dans le jardin public : classement par arrêté du 9 juillet 1909.

    5. Eglise Notre-Dame du Vœu (place Notre-Dame du Vœu)

    En totalité : inscription par arrêté du 20 décembre 2006.

    6. Gare maritime actuellement Cité de la Mer

    Le Hall des Transatlantiques, en totalité : inscription par arrêté du 16 août 2000 ; hall des trains et voie charretière, avec leurs équipements (passerelles, escaliers, cages d’ascenseurs) ; façades et toitures du hall des Transatlantiques, ainsi que les deux passerelles mobiles d’embarquement : inscription par arrêté du 27 décembre 1989.

    7. Hôtel Atlantique actuellement siège de la Chambre de commerce et d’industrie (boulevard Félix Amiot)

    Pavillon central en totalité : inscription par arrêté du 19 octobre 2001.

    8. Hôtel Maurice dit hôtel de l’ancienne douane actuellement siège de la Caisse d’épargne (1, rue du Val de Saire)

    Inscription par arrêté du 16 février 1965.

    9. Hôtel de ville (place de la République)

    Le grand salon, le salon octogonal et le salon de l’Impératrice, avec leurs décors et leurs parois intérieures ; l’escalier conduisant au grand salon, avec sa cage : inscription par arrêté du 13 août 2004.

    10. Jardin botanique de la Roche Fauconnière

    Inscription par arrêté du 29 décembre 1978.

    11. Statue de Bricqueville (place Bricqueville)

    La statue et son socle : inscription par arrêté du 18 août 2006.

    12. Statue de Napoléon 1er (place Napoléon)

    La statue et son socle : inscription par arrêté du 18 août 2006.

    13. Statue de Jean-François Millet (109, avenue de Paris)

    La statue et son socle : inscription par arrêté du 18 août 2006.

  • Opération d’inventaire de la commune de Cherbourg-Octeville (50). Cahier des clauses scientifiques et techniques

    Préambule. Cherbourg et son patrimoine

    Située à l’extrême nord de la péninsule du Cotentin, membre d’une communauté de communes regroupant Tourlaville, Querqueville, Equeurdreville et La Glacerie, la ville de Cherbourg, forte de 43000 habitants depuis sa fusion avec Octeville en l’an 2000, est la seconde ville de Basse-Normandie ainsi que le siège de la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord, dont l’autorité administrative s’étend du Mont Saint-Michel jusqu’à la frontière belge.

    Siège d’une importante industrie de transformation liée à la présence d’un port militaire depuis la fin du XVIIIe siècle, la commune traverse depuis la fin des Trente Glorieuses une profonde crise économique. La fermeture de nombreuses entreprises, l’arrêt de la production de sous-marins, désormais assemblés à Brest, sont à l’origine de cette récession qui a provoqué l’ exode d’une partie de la population. Aussi, bien que la Direction des Chantiers Navals demeure le premier employeur de la ville, une grande partie de la population est-elle employée désormais dans le secteur tertiaire : tourisme, transports, commerce et administration.

    En dépit de ces difficultés économiques et financières, la ville n’en connaît pas moins un grand dynamisme culturel comme l’atteste la présence de plusieurs institutions importantes : le musée Thoma Henry, le théatre municipal, la cité de la Mer (installée dans l’ancienne gare maritime), Le centre International des métiers Artistiques et Techniques de l’Image et du Son établi dans l’ancien hôpital militaire, l’école régional des Beaux-arts. Son patrimoine, dont les témoignages les plus anciens remontent au Moyen Age, est riche et varié, bien qu’il ait beaucoup souffert des déprédations de la Seconde Guerre Mondiale ainsi que des opérations de reconstruction des années 60.

    Sept édifices et trois statues publiques sont incrits au titre des Monuments Historiques : l’église de la Trinité, l’église Saint-Martin d’Octeville, l’hôtel des douanes, le théatre municipal, le parc de la Roche Fauconnière, la gare maritime (actuelle cité de la Mer) et tout récemment, en 2005, l’église Notre-Dame du Vœu, la statue équestre à la mémoire de Napoléon 1er par Armand Leveel, les monuments en l’honneur de Bricqueville, par David d’Anger, et de Jean-François Millet, par Jean-Ernest Boutellier. Deux autres sont classés Monuments Historiques : l’abbaye du Vœu et la batterie souterraine du Roule, aménagée par les Allemands pendant la Seconde Guerre Mondiale.

    Des procédures de protection sont en préparation pour l’ancien hopital de la Marine et l’hôpital Pasteur. En revanche, aucun projet n’est envisagé en ce sens pour le patrimoine militaire (digue du large, forts, bâtiments de l’arsenal) qui occupe le tiers de la superficie de la ville.

    Première partie. Le Cadre de l’opération et ses principaux objectifs

    Le cadre de l’opération

    L’aire d’étude couvre la totalité du territoire de Cherbourg-Octeville. Lors de l’examen de la Grande Digue, elle débordera sur les forts de l’Ile Pelée et du fort de Querqueville, situés respectivement sur la commune de Tourlaville et de Querqueville, en raison du lien étroit qui unit la construction de ces édifices à l’histoire du système défensif de Cherbourg. L’opération prend en compte, dans le domaine du patrimoine immobilier, tant les édifices publics (civils et religieux) privés et, dans celui du patrimoine mobilier, les objets conservés dans les édifices publics et religieux.

    Plusieurs facteurs ont déterminé le choix de cette aire d’étude :

    - le développement récent, à l’échelle européenne, de recherches sur des villes comme Portsmouth où Venise qui renouvellent actuellement l’appréciation portée sur les villes-arsenaux

    - la publication par les services régionaux de l’Inventaire du Nord-Pas-de-Calais, de Haute-Normandie et de Basse-Normandie d’une série de Cahiers et d’Images du Patrimoine, consacrés aux villes de la Manche (Dunkerque, Deauville, Le Havre) qui, en mettant en valeur la diversité identitaire des villes du littoral, offrent à l’étude sur Cherbourg l’occasion de prolonger la réflexion sur le sujet.

    - le nouveau regard porté depuis quelques années par les institutions culturelles (CRMH, SDAP) et la municipalité sur le patrimoine de la ville, comme en témoignent les projets de labels XXe pour certains édifices et l’idée d’une ZPPAUP ( Zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager) que l’opération d’inventaire pourrait enrichir grâce aux fruits de ces recherches.

    - l’intérêt marqué par le département d’histoire moderne de l’université de Caen et le CRéSET (Centre régional de Culture ethnologique et technique) pour l’histoire sociale et ethnologique de la ville, qui pourrait déboucher sur des échanges de données intéressant l’histoire du port.

    - la faible présence du Service Régional de l’Inventaire de Basse-Normandie dans la Manche, depuis sa création en 1978.

    II. Les principaux objectifs

    La ville de Cherbourg, dont les origines remontent à l’Antiquité, a longtemps occupé une position stratégique. Située à moins de vingt lieues des côtes de l’Angleterre, ennemi héréditaire du royaume de France entre le XIIIe et le début du XIXe siècle, la ville a toujours été considérée à la fois comme une porte d’entrée du royaume de France ainsi qu’une tête de pont susceptible de servir de base à des opérations d’attaque. Cette position singulière et exceptionnelle a déterminé le caractère militaire et industriel de Cherbourg dont les fonctions néanmoins se diversifient à partir du milieu du XIXe siècle, avec la création d’une station balnéaire puis d’un port voyageur.

    Fort de ce constat, l’inventaire du patrimoine architectural et mobilier de Cherbourg-Octeville s’est fixé plusieurs objectifs

    - analyser de quelle manière les multiples fonctions militaires, industrielles, commerciales, balnéaires, s’inscrivent dans le paysage d’une ville à la personnalité kaléidoscopique.

    - fournir aux différents acteurs de la politique patrimoniale, notamment par le biais du Système d’information géographique, un outil de connaissance du territoire, susceptible d’accompagner de nouvelles stratégies d’aménagement et de protection.

    - valoriser et garder la mémoire d’un patrimoine qui n’a jusqu’à présent que peu retenu l’attention des historiens et dont certaines parties apparaissent comme fragilisées ( notamment le patrimoine militaire).

    Deuxième partie. La méthodologie

    L’opération comprend deux volets : un temps réservé au recensement et à l’étude proprement dit, un temps réservé à la publication et la mise en valeur des données.

    1. Le recensement et l’étude

    Le recensement et l’étude, établis à partir de déplacements effectués sur le terrain et de recherches bibliographiques, doivent permettre d’aboutir à la constitution d’une documentation, consultable au service de l’Inventaire puis sur les bases du ministère de la Culture, ainsi qu’à la formation d’une carte du patrimoine bâti, par le biais d’un système d’information géographique. Les dossiers mis en ligne seront consultables sur le site http://www.culture.gouv.fr, rubrique « base de données », « Mérimée » pour l’architecture, « Palissy » pour les objets

    A. L’élaboration de la documentation

    Les dossiers porteront, à des échelles différentes, selon la méthode allant du général au particulier, sur quatre matières différentes : la ville dans son ensemble, le port et les différents quartiers, les principaux édifices publics et leur mobilier, les édifices privés les plus remarquables.

    L’ouverture, en préalable, de dossiers consacrés à l’histoire de la ville puis à ses principaux quartiers obéit à une logique opérationnelle : elle a pour objectif de cerner les grandes étapes du développement urbain et de mieux préparer les opérations de recensement sur le terrain. Le dossier ville restera ouvert pour être complété à la fin de chacune des étapes de l’opération.

    Sept quartiers ont d’ores et déjà été recensés et sélectionnés en fonction de critères principalement historiques et géographiques : le quartier intramuros, le quartier dit de l’ancien faubourg ( qui regroupe actuellement les quartier du Vœux, Emmanuel Liais, Saint-Sauveur et de l’Amont-quentin), le quartier des Mielles (dont l’étendue englobe le Val-de-Saire et la zone de l’hôpital Pasteur), le quartier du Roule, le port de commerce, le port militaire, le port voyageur.

    Une quarantaine d’édifices parmi lesquels le parc des monuments protégés de la ville, paraissent d’emblée mériter un examen approfondi et des dossiers monographiques.

    Les édifices privés, dont bon nombre sont dignes d’intérêt, ne seront traités en dernier ressort, en raison de leur grand nombre.

    Chaque dossier, qu’il concerne un quartier, un édifice ou un objet comprendra a minima une notice descriptive normalisée (identification, localisation, datation, attribution, parties constituantes, historique, description), un plan masse (plan cadastral), un état de la documentation identifiée (sources archivistiques, bibliographiques et iconographiques), une ou plusieurs prises de vue. Ce dossier pourra être enrichi de documents annexes : relevés, croquis, reproduction de documents iconographiques anciens, sources documentaires etc.

    Les données recueillies, dont la normalisation est précisée dans les livrets « Système descriptif de l’architecture », « Thesaurus de l’architecture », « Système descriptif des objets mobiliers » et « Thesaurus des objets mobiliers » (coll. Documents et méthodes, éd. Monum – Editions du Patrimoine, 1999-2001), seront saisies sous le logiciel Access.

    Les opérations de recensement du patrimoine immobilier seront réalisées à partir de la consultation des plans cadastraux contemporains (version numérisée). Chaque parcelle bâtie prise en compte dans ce recensement sera précisément localisée, géoréférencée, identifiée, datée et, si possible, attribuée à un auteur ou à un commanditaire. De manière générale, ces données de recensement seront complétées par des données historiques, collectées à partir de sources archivistiques, bibliographiques et iconographiques, ou par des observations spécifiques liées à l’étude.

    Les registres cadastraux, délibérations du conseil municipal, dossiers de rue et plan d’alignement de 1836, les pièces des séries C, H, S et W des archives départementales et certains fonds des archives d’Etat ( Centre historique des Archives nationales, Service historique de l’Armée de Terre, Ecole nationale des Ponts et Chaussées, Service historique de la Marine) constitueront la matière essentielle dans les domaines archivistiques et iconographiques. Les musées de la Marine à Paris, le musée Thomas Henry, la bibliothèque Jacques Prévert, la Chambre de Commerce et d’Industrie ainsi que la Société Nationale Académique de Cherbourg seront également sollicités. Les photographies aériennes du littoral détenues par le centre Ifremer à Brest seront également examinées.

    A l’issue de la la phase de recensement, qui fera l’objet d’une note de synthèse, de nouveaux dossiers monographiques pourront être ouverts, dont le nombre dépendra des moyens et du temps disponibles pour l’achèvement de l’opération. il conviendra alors de finaliser le dossier sur la ville et d’établir, éventuellement, des dossiers de synthèse thématique.

    Une copie de l’ensemble des dossiers constitués sera remise à la ville de Cherbourg-Octeville, sur support informatique (CD) compatible avec ses propres outils informatiques et/ou sur support papier.

    B. La carte du patrimoine bâti

    Les données relatives à la datation, au matériau et à l’élévation seront pour chaque édifice, qu’il soit simplement repéré ou sélectionné en vue d’un dossier, intégrées progressivement à un système d’information géographique, permettant d’aboutir à une carte du patrimoine bâti.

    2. La publication et la valorisation de la recherche.

    Les données collectées au cours de la phase de recensement et d’études donneront lieu par la suite à l’organisation d’une exposition consacrée à l’histoire du développement urbain de Cherbourg, au cours de laquelle les services de la ville souhaiteraient faire remonter le plan-relief de la commune, conservé actuellement au musée national des plans-reliefs à Paris (1) . La tenue de l’exposition sera suivie d’une ou plusieurs publications réalisée(s) par le Service de l’Inventaire dans ses collections nationales (Itinéraires du Patrimoine, Images du Patrimoine, Cahiers du Patrimoine, Indicateurs du Patrimoine). Ce travail sera l’occasion d’effectuer une synthèse des résultats précédents et de mettre en valeur les richesses patrimoniales de la commune.

    3. Conditions d’utilisation et de diffusion des données collectées

    La municipalité de Cherbourg-Octeville pourra librement utiliser les résultats de ce programme d’inventaire pour alimenter un site Internet, une base de données locale, un Système d’Informations Géographique, ou pour tout autre usage. Elle pourra, dans le respect du droit moral (propriété intellectuelle) du service de l’Inventaire, reproduire tout ou partie des textes et documents pour une utilisation commerciale ou non commerciale (communication, ouvrages ou documents de diffusion de l’information et de la connaissance). Toute modification des données collectées ou des textes de l’auteur de la recherche, pour quelque usage que ce soit, devra, cependant, être validée par le service de l’Inventaire, ou réalisée directement par celui-ci.

    Les données élaborées par le seul service de l’Inventaire porteront le copyright suivant : [nom du chargé d’étude] © Inventaire général, [année]. Les travaux techniques qui pourraient être réalisés en commun avec la municipalité de Cherbourg-Octeville porteront le copyright : [nom du chargé d’étude], [nom de l’agent municipal]© Inventaire général, [année].

    Les photographies réalisées au cours de l’étude demeurent propriété du service de l’Inventaire et porteront le copyright suivant : [nom du photographe]©Inventaire général, ADAGP [ou autre service gestionnaire des droits d’auteur], [année]. La ville de Cherbourg-Octeville pourra cependant en disposer librement pour son usage propre, sans avoir à s’acquitter de droits d’auteurs. Chaque utilisation devra être signalée au service propriétaire et seul le service de l’Inventaire pourra autoriser une utilisation publicitaire ou commerciale de ses clichés par des tiers.

    4. Rôle et obligations des partenaires

    La Mairie de Cherbourg-Octeville s’engage à faciliter les relations avec les acteurs locaux, à promouvoir la Communication externe et à permettre l’accès au cadastre numérisé. Le Service de l’Inventaire dirige l’enquête de terrain, les recherches documentaires, les campagnes photographiques et la mise en forme des dossiers. Il assure le versement des données normalisées dans les bases nationales après validation et contrôles scientifiques et techniques et la restitution des recherches (expositions, publications…).

    Troisième partie. Les différentes phases de l’opération et les moyens mis en œuvre

    I. Le recensement et l’étude

    Le recensement et l’étude seront conduits sur une durée de trois ans, d’avril 2006 à d’avril 2009.

    Le service dispose pour réaliser ce projet d’un chercheur, d’un chercheur contractuel pour une durée d’un an à partir de janvier 2007 (contrat renouvelable éventuellement) et de deux photographes. Des étudiants en formation histoire ou histoire de l’art pourront être associés temporairement aux différentes phases de la recherche. La quantité d’archives à dépouiller demeurant particulièrement importante, la contibution de chercheurs vacataires, sur une durée d’un ou deux ans, apparaît également comme hautement souhaitable. La programmation se déclinera de la façon suivante :

    Phase 1. Avril 2006-octobre 2006. Constitution des dossiers d’ensembles, relatifs aux sept principaux quartiers de la ville-port.

    dossier ville

    quartier intra-muros

    quartier de l’ancien faubourg

    quartier des Mielles

    quartier du Roule

    port de commerce

    port militaire

    port voyageur

    Ces dossiers d’ensembles seront constitués à partir de sources imprimées (étude, guides anciens) dont les données seront croisées avec le matériel cartographique (cartes anciennes, plans cadastraux). Dans chaque quartier, les grandes opérations d’urbanisme comme celle de la place Divette dans le quartier du faubourg, feront l’objet d’un sous-dossier, documentées à partir des délibérations de Conseil de ville.

    Phase 2. Novembre 2006- Décembre 2007. Constitution de dossiers individuels « édifices publics »

    Les édifices publics feront l’objet d’un recensement préalable au cours duquel chacun d’entre eux fera l’objet d’une fiche sommaire. Les plus remarquables seront sélectionnés en vue d’un dossier. Une quarantaine d’édifices publics parmi les plus représentatifs de Cherbourg ont d’ores et déjà été recensés et sélectionnés. Leur liste est susceptible d’être complétée au fil du recensement. Ces dossiers individuels seront élaborés à partir de sources bibliographiques et de sources manuscrites :

    - Service Historique de la Marine, Archives départementales du Calvados, Archives Municipales de Cherbourg, archives parisiennes pour les bâtiments propriété de l’Etat notamment le patrimoine militaire

    - Délibérations du Conseil de Ville et Dossiers d’édifices communaux pour les édifices de la commune. Les intérieurs feront tout comme les extérieurs l’objet d’une campagne photographique.

    Liste des principaux édifices publics recensés et déjà sélectionnés :

    Edifices propriété de l’Etat : arsenal - forts de la digue comprenant le fort de l’ile pelée, le fort de l’ouest, le fort central le fort de l’est, le fort de Querqueville, le fort Chavagnac et le fort du Homet - avant-port et bassin de commerce - Bâtiment du Service historique de la Marine - trésor public - sous-préfecture - palais de justice - gendarmerie-hôpital Pasteur - fort du Roule

    Edifices propriété du Conseil général : ancien hôpital maritime - collège Charcot

    Edifices propriété de la Commune : hôtel de ville - Cité de la Mer - centre culturel - théatre - écoles et collèges - école régionale des beaux-arts - église de la Trinité - église Notre-Dame du Vœu - église Notre-Dame du Roule - église Saint-Clément - église Saint-Martin d’Octeville - abbaye du Voeu - parc et musée Emmanuel Liais - jardin botanique - jardin Montebello

    Edifice propriété d’un organisme indépendant : Chambre de Commerce et d’Industrie

    Phase 3. Janvier 2008 à avril 2009. Recensement et constitution des autres dossiers individuels

    Comme pour les édifices publics, les édifices privés, très nombreux, seront tout d’abord recensés, quartier par quartier, à la parcelle, à l’aide d’une grille d’analyse sommaire. Les données seront saisies sur la base access et le système d'information géographique. Suite à ce recensement, certains d’être eux seront sélectionnés pour une étude à partir de sources qui peuvent être très diverses dans la mesure des possibilités : dossiers de rue, dossiers de permis de construire, registres du cadastre napoléonien, minutes notariales, documents d’archives privées. La phase de sélection peut-être l’occasion d’élaborer une typologie de la maison cherbourgeoise. Dans certains cas des contacts seront pris avec les propriétaires pour d’éventuelles visites des intérieurs.

    II. La valorisation de la recherche ( mai 2009- mai 2011).

    La valorisation de la recherche s’étendra ensuite sur une durée de deux ans. Elle comprend l’organisation d’une exposition et une publication.

    1. L’organisation de l’exposition

    L’exposition, consacrée à l’histoire du développement urbain de Cherbourg, sera l’occasion de faire un premier bilan sur les trois années d’études entreprises précédemment par le service. Ouverte à un très large public, il serait souhaitable qu’elle débute aux Journées du Patrimoine. A cette occasion, Il sera nécessaire au préalable de :

    - réfléchir au contenu de l’exposition, qui mettra en valeur les grandes étapes du développement urbain racontées à partir de panneaux, cartes et plans anciens, photographies anciennes et actuelles. Son titre pourrait être : « Cherbourg et son développement dans l’histoire ».

    - Sélectionner les documents à l’appui.

    - Contacter les différentes institutions patrimoniales

    - Prévoir un local (a priori la salle des fêtes).

    - Réfléchir à la rédaction d’une plaquette.

    La venue du plan de Cherbourg, parfaitement exposable dans la salle des fêtes communale, sera précédée par une campagne de sensibilisation auprès des élus et des partenaires privés.

    2. La publication

    La préparation de la publication interviendra à partir du mois de septembre 2009. Elle devrait s’achever en 2011. Un ouvrage du type Cahier du Patrimoine apparaît comme la solution la plus appropriée pour cette étude.

    (1) Le plan-relief de Cherbourg a été commandé par Napoléon 1er en 1811 et complété en 1872. Il s’agit du plus grand plan-relief exécuté en France. Il mesure 160 m2.

Liens web

(c) Région Normandie - Inventaire général (c) Région Normandie - Inventaire général - Allavena Stéphane
Allavena Stéphane

Chercheur (Conservateur du patrimoine) à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Basse-Normandie de 2005 à 2012, en charge de l'étude sur la ville de Cherbourg-Octeville (Manche).


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