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église paroissiale Saint-Martin d'Octeville actuellement église Saint-Martin d'Octeville

Dossier IA50001618 réalisé en 2007

Fiche

Œuvres contenues

VocablesSaint-Martin
Dénominationséglise paroissiale
Aire d'étude et cantonCherbourg-Octeville - Cherbourg
AdresseCommune : Cherbourg-Octeville
Lieu-dit : Octeville
Adresse : rue du
Général De Gaulle
Cadastre : 2008 AM 144

La construction de l'église Saint-Martin remonte probablement au début du XIIe siècle. Achetée en 1160 par l'impératrice Mathilde à Roger de Magneville pour être offerte à la communauté de l'Abbaye du Vœu, l'édifice ne manque pas de subir, de la Renaissance à l'époque contemporaine, de multiples transformations qui lui font progressivement perdre une bonne partie de sa romanité. En effet, dès le XVIe siècle, le toit du clocher, à l'origine de forme polygonale, est remplacé par un toit en bâtière. Entre 1726 et 1737, suite aux visites diaconales de 1716-1718 qui soulignent l'état de délabrement de l'édifice et la nécessité d'agrandir le sanctuaire pour répondre aux besoins de la croissance démographique, la nef est allongée vers l'ouest, passant de 7m à 9m, le porche réalisé dans sa forme actuelle, les bancs et lambris refaits. Dévastée pendant la Terreur, l'église est néanmoins à nouveau ouverte au culte sous le Concordat. Décrite par Charles de Gerville, lors de son voyage à Cherbourg en 1818, comme fortement endommagée par les restaurations effectuées par le sculpteur Armand Fréret, elle reçoit, dans le courant du siècle, une nouvelle série d'aménagements : une tribune est érigée à l'entrée occidentale en 1853, les voûtes des chapelles sont restaurées en 1855, une sacristie est ajoutée au nord du chevet en 1862, un nouveau cimetière est ouvert en 1857. Enfin suite à une tempête qui enlève la toiture du clocher et abîme celle de la sacristie et du chœur, la charpente et les couvertures sont refaites entièrement en 1883. Le XXe siècle, faute de pouvoir adopter un nouveau projet d'agrandissement rendu nécessaire par la croissance de la population, poursuit les modifications entamées par le siècle précédent. En 1912, les plâtres du chœur et de la nef sont refaits, le maître autel est repeint et doré. Dans les années 30, l'installation d'un nouvel autel, la suppression des stalles et la création de la voûte actuelle modifient une nouvelle fois l'aspect des intérieurs. Durant la Libération, l'église voit tous ses vitraux soufflés. Le 23 décembre 1959, la foudre tombe de nouveau sur le bâtiment ; la municipalité effectue alors plusieurs réparations (suppression des boiseries, réfection des enduits intérieurs de la nef) auxquelles s'ajoutent, par la suite, le remplacement des portes latérales, la pose des vitraux (réalisés par le verrier G. Bourget en 1971), la construction du portail d'entrée et l'érection d'un nouveau porche. Dans les années 1980, de nombreux travaux de restaurations ont lieu, qui redonnent à l'église son cachet avec une remise en état des motifs d'ornement du chœur. Le bas-relief du XIe siècle représentant la Cène, anciennement linteau de la porte de la sacristie, est alors placé devant l'autel.

Période(s)Principale : 12e siècle
Secondaire : 18e siècle
Secondaire : 19e siècle

Bordé sur trois côtés par le cimetière aménagé au XIXe siècle, l'église Saint-Martin d'Octeville est un édifice orienté en forme de croix latine. Elle comprend, d'ouest en est, une nef, un transept saillant et un chœur, dont les deux premières travées, aux proportions décroissantes, sont fermées par une abside. La maçonnerie est faite d'un mélange de grès et de schiste associé à de la pierre calcaire. Les toitures sont entièrement en schiste et s'étagent en cascades de la tour du clocher à la couverture arrondie de l'abside. La nef est un vaisseau de neuf mètres divisé en quatre travées, dont le mur pignon de la façade occidentale est précédé par un porche en arc brisé. Son intérieur, éclairé par des baies de forme cintrée, est recouvert par une voûte en bois en forme de coque renversée. Derrière le transept, la première travée du chœur est surmontée par un clocher coiffé d'un toit en bâtière, dont la base octogonale est occupée par huit baies couronnées, chacune, par un arc cintré orné de motifs en bâtons rompus. La seconde travée adopte la forme d'une chapelle dont le mur oriental communique avec l'abside, aux murs scandés de contreforts et d'étroites fenêtres. Les deux premières travées du chœur sont entièrement voûtées d'épaisses croisées d'ogives. La première supporte la tour du clocher et ouvre sur la nef par un arc triomphal de profil légèrement surbaissé, orné d'une frette crénelée. La seconde communique avec l'abside recouverte d'une voûte en cul de four. Un effet de perspective est donné dans le chœur par la succession d'ouest en est d'arcs doubleaux, la diminution de la taille des colonnes et des distances d'espacement entre les piliers.

Mursschiste
grès
granite
calcaire
enduit
maçonnerie
Toitschiste en couverture
Plansplan en croix latine
Étages2 étages carrés, étage de comble
Couvrementsvoûte en berceau
voûte d'ogives
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à deux pans
toit en bâtière
croupe
Escaliersescalier de distribution : escalier tournant en charpente
État de conservationrestauré
Techniquessculpture
vitrail
Représentationsornement géométrique ornement végétal ornement animal ornement figuré
Précision représentations

Malgré les modifications qu'elle a subies au XIXe et XXe siècles, l'église a conservé plusieurs éléments de son décor roman. Ce dernier est composé essentiellement de sculptures qui ont gardé quelques traces de polychromie. A l'extérieur, la partie supérieure du clocher, ainsi que la corniche qui ceinture le chevet, sont ornés de modillons sculptés représentant des motifs géométriques, des masques d'animaux, des figures grimaçantes et même un sagittaire. Deux pierres tombales à croix nimbées sont scellées de chaque côté de la porte nord de la nef. A l'intérieur, les chapiteaux des colonnes de la seconde travée du chœur sont ornés de masques anthropomorphes tantôt munis d'oreilles pointues et d'un collier à barbe, tantôt crachant d'amples lanières végétales, nouées en palmettes au centre de la corbeille. Leurs tailloirs sont recouverts de feuilles déployées ou recourbées en crossettes. Les chapiteaux de l'abside sont décorés de motifs animaliers représentant des aigles. Des vitraux aux motifs abstraits, œuvres de G. Bourget et de M. Petit, ornent une partie du chœur et de la nef.

Malgré les restaurations du 19e siècle qui ont enlevé une part de lisibilité, cet édifice est un des rares exemples de l'architecture romane du Cotentin.

Statut de la propriétépropriété de la commune
Intérêt de l'œuvreà signaler
Éléments remarquablesclocher, choeur, abside
Protectionsinscrit MH partiellement, 1943/17/04
Précisions sur la protection

clocher ; choeur ; abside

(c) Région Normandie - Inventaire général (c) Région Normandie - Inventaire général - Hirard Barbara - Allavena Stéphane
Allavena Stéphane

Chercheur (Conservateur du patrimoine) à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Basse-Normandie de 2005 à 2012, en charge de l'étude sur la ville de Cherbourg-Octeville (Manche).


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