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casino dit Le Casino Municipal, puis Le Casino de Barrière Ouistreham

Dossier IA14005237 réalisé en 2008

Fiche

Dossiers de synthèse

AppellationsLe Casino Municipal, Casino de Barrière Ouistreham
Parties constituantes non étudiéesjardin d'agrément, allée irrégulière, allée couverte
Dénominationscasino
Aire d'étude et cantonOuistreham - Ouistreham
AdresseCommune : Ouistreham
Lieu-dit : Riva Bella centre
Adresse : 51 place
Thomas Alfred
Cadastre : 2005 AE 39

Jugeant le Grand Kursaal (IA14005235) en inadéquation avec la station balnéaire alors en plein essor, la municipalité envisage en 1927 d'édifier un autre casino, plus monumental, sur un terrain du front de mer. La Société anonyme du Casino et des Grands Hôtels est alors fondée pour en assurer la construction et l'exploitation. Parmi les actionnaires, figurent des hommes fortunés comme Julien Moupain ou Lemoine, nommé administrateur-directeur de la société et président du conseil d'administration, mais aussi de petits souscripteurs, parmi lesquels nombreux commerçants de la station. La municipalité impose à la société un bâtiment dont le coût doit excéder 1.760.000 francs. En contrepartie, elle lui cède une portion des lais de mer dont elle est propriétaire, d'une contenance de 4200m² et d'une valeur de 500.000 francs, pour y construire le casino. La conception des plans est confiée aux architectes Aumasson, Duroy et Mouillard, l'exécution du chantier à l'entrepreneur Rizzoto Olivo. Les travaux, commencés à l'automne 1928, s'achèvent à la saison suivante. La construction d'un grand hôtel, de même style que le casino et devant faire le pendant avec celui-ci, repoussée à plusieurs reprises (1929, 1932), n'est finalement jamais réalisée. Affichant des bilans successifs déficitaires depuis la crise de 1929, le casino est menacé de fermeture en 1938. Pour maintenir son activité, la municipalité consent à abandonner sa part dans le produit des bénéfices et prend en charge certaines dépenses comme les assurances, la fourniture de l'eau et l'entretien extérieur du bâtiment. Réquisitionné le 1er septembre 1939, le casino municipal, dont le mobilier est transporté à Verson et à Bernay, est occupé par la Société nationale des Chemins de fer français jusqu'au 15 juillet 1940, puis par les troupes Allemandes.

En 1942-1943, les forces allemandes l'arase, comme une centaine de villas de bord de mer, pour implanter une batterie de défense côtière (point d’appui Stp08) composée de plusieurs éléments défensifs.

Par délibération en date du 20 décembre 1950, la municipalité décide de le reconstruire. Elle fait appel à l'Association Syndicale de Douvres/Creully, qui nomme Pierre Dureuil architecte en chef du projet, assisté par les architectes Allaire et Muller, respectivement désignés par la municipalité et la Société du Casino et des Grands Hôtels. Le chantier, commencé en août 1955, s'achève deux ans plus tard et le nouvel établissement ouvre ses portes le 6 juillet 1957. Les jardins sont aménagés en 1957 par la société L. & L. Mercier, de Verson, selon les plans et devis dressés par Pierre Dureuil. La Société du Casino et des Grands Hôtels assure l'exploitation du casino jusqu'en juillet 1991, date à laquelle le groupe Lucien Barrière en obtient la concession et engage une importante campagne de rénovation, privilégiant le thème de la croisière ; les aménagements sont confiés à un architecte des chantiers de l'Atlantique. C'est également à cette période que la galerie couverte, reliant le casino au pavillon du syndicat d'initiative et formant également protection contre le vent, est démolie.

Période(s)Principale : 2e quart 20e siècle
Principale : 3e quart 20e siècle
Secondaire : 4e quart 20e siècle
Dates1929, daté par source
1957, daté par source
Auteur(s)Auteur : Aumasson Marcel
Aumasson Marcel (1879 - )

Architecte caennais.


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architecte attribution par source
Auteur : Duroy architecte attribution par source
Auteur : Mouillard Henri
Mouillard Henri

Architecte caennais.


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Auteur : Rizzotto Olivo
Rizzotto Olivo

Entrepreneur de bâtiments installé à Ouistreham (Colin, Mariella. L'immigration italienne en Normandie de la Troisième République à nos jours", Annales de Normandie, 1988).


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entrepreneur attribution par source
Auteur : Dureuil Pierre architecte attribution par source
Auteur : Allaire architecte attribution par source
Auteur : Muller architecte attribution par source

Situé au milieu d'un vaste jardin d'agrément, le casino construit en 1928-1929, de plan massé, comprenait un rez-de-chaussée surélevé sur sous-sol et un étage de comble. Sa structure en béton armé était masquée dans les parties basses sous un parement en brique et, dans les parties hautes, par un enduit peint imitant le pan de bois. Le toit était couvert de tuiles plates. La façade principale était de type ternaire : un pignon central en saillie, flanqué d'ailes de type gouttereau. La jonction entre le pignon et les ailes était assurée par des tourelles carrées couvertes de toits en pavillon. Côté mer, l'édifice était précédé d'une large terrasse extérieure, accessible par un escalier extérieur monumental à volée double à montées divergentes. Il était animé par les décrochements de façades et de toitures, ces dernières associant longs pans, croupes et demi-croupe, et rehaussé par les toits en pavillons des tourelles carrées et le clocheton axial. Le style normand s'affirmait par le jeu du faux pan de bois, les auvents en façades, la couverture en tuile plate et les lucarnes à capucine et rampantes, éléments empruntés à l'architecture vernaculaire du pays d'Auge. Un porche hors-oeuvre était flanqué sur la façade nord, accessible par un escalier droit précédé par une voie carrossable en forme de fer à cheval permettant la descente à couvert. Le sous-sol abritait des magasins de commerce (aménagés sous les terrasses), des garages automobiles, des caves et une cuisine du côté nord, des sanitaires pour hommes et femmes et un appartement pour le concierge du côté ouest, des chambres pour les employés et les artistes du côté sud. Au rez-de-chaussée, deux grandes salles occupaient la partie centrale : la salle des fêtes, avec scène et loges pour les artistes, et le hall-dancing, couronné par une galerie haute et prolongé par la terrasse permettant de jouir du paysage maritime. Ces deux pièces étaient séparées par les escaliers tournants et la galerie transversale, distribuant d'un côté le vestibule précédé d'un portique, de l'autre, en enfilade, le salon-fumoir et la salle de baccara. Au nord, faisant le pendant à la salle de baccara, se trouvait la salle de restaurant. Toutes ces pièces était relativement sobres dans leur décor, dominé par le style art-déco, comme en témoignent toutes les ouvertures à angles coupés. Enfin, l'étage de comble abritait les pièces pour la direction et l'économat, un fumoir et six chambres.

Le casino reconstruit au lendemain de la Seconde Guerre mondiale est le premier casino de la Reconstruction en Basse-Normandie. L'historicisme et le pittoresque qui caractérisaient les établissements de jeux d'avant-guerre sont ici abandonnés au profit de formes plus modernes qu'autorise le béton armé. Comprenant un rez-de-chaussée surélevé sur sous-sol, l'édifice présente un plan et une volumétrie très géométriques : un volume cubique abritant, à l'origine, le théâtre et une rotonde occupée par les jeux, séparés par un autre volume cubique à usage d'accueil. La salle de jeux est éclairée par une vaste verrière qui permet de profiter du paysage maritime sans souffrir des inconvénients du temps. Le toit en terrasse est couvert en zinc. Le passage couvert qui reliait autrefois le casino au pavillon du syndicat d'initiative était de forme serpentine. Ce portique en béton armé était ajouré afin de donner une transparence sur la mer et la plage ou sur les jardins du casino.

Mursbéton béton armé
verre
Toitzinc en couverture
Étagessous-sol, rez-de-chaussée surélevé
Couverturesterrasse
TypologiesReconstruction
État de conservationbon état
Statut de la propriétépropriété de la commune
(c) Région Normandie - Inventaire général (c) Région Normandie - Inventaire général - Hébert Didier
Hébert Didier

Chercheur à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Basse-Normandie de 1993 à 2012, associé à l'étude sur le canton de Cambremer (Calvados), puis en charge des études sur les stations balnéaires de Deauville et Trouville (Calvados).


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