L'abbaye de Saint-Wandrille conserve cinq verrières des 15e, 16e et 17e siècles de provenances diverses comme la chapelle Saint-Saturnin dépendante de l'abbaye, l'église abbatiale de Saint-Georges à Saint-Martin de Boscherville et la collection de Jean Lafond. Du décor vitré réalisé pour les bâtiments conventuels, il ne subsiste aucun vestige mais la documentation nous renseigne assez précisément. Les fenêtres de la salle capitulaire étaient ornées de grisailles du 16e siècle consacrées aux aventures des trois chevaliers de Marchais et de la princesse sarrazine Ismérie, histoire miraculeuse à laquelle se rattache la fondation de l'église Notre-Dame de Liesse, près de Laon. Ces verrières furent très admirées par Pierre Le Vieil en 1774. En 1832, leur destruction quasi-totale est déplorée par Langlois. Les verrières posées dans la partie supérieure des réseaux de la galerie sud du cloître, construit aux 14e et 16e siècles, retraçaient la vie de saint Wandrille et la visite de Pépin le Bref à l’abbaye en 760 où il était venu se recueillir au tombeau du saint. Celles du réfectoire, déjà disparues lors de la visite de Langlois en 1823, représentaient des figures de saints peintes en grisaille sur fond de verre blanc (16e siècle ?). Le grand promenoir, bâtiment du 17e siècle qui faisait partie du dortoir, était éclairé par des vitreries blanches entourées de larges bordures ornées d'oiseaux, de poissons, de quadrupèdes, de vases chargés de fleurs et de fruits, de rinceaux peints avec des émaux en 1688. Le même type de verrières avaient été mises en place en 1727 à l’occasion de travaux de restauration de l'abside de l'église. On sait aussi que le peintre verrier de Caudebec-en-Caux, Nicolas Le Brun, a travaillé en 1750 pour l'abbaye de Saint-Wandrille mais on ignore la nature des travaux effectués.
Les chapelles de la Vierge et de saint Michel, intégrées aux bâtiments conventuels, sont ornées depuis 1966 de dalles de verre et de verrières dédiées à saint Michel et saint Wandrille. La chapelle Notre-Dame de Caillouville-la-Neuve qui remplace une ancienne chapelle dépendante de l’abbaye où il y avait une ancienne verrière en grisaille consacrée à l’histoire de Notre-Dame de Liesse, possède trois verrières. Deux d'entre elles ont été crées en 1979 par Marie-France et Didier Avenel (peintres verriers de Compiègne formés par Max Ingrand) et la troisième, à l'image de Vierge à l'Enfant entourée d'anges, a été faite vers 1930 par François Décorchemont pour la salle capitulaire.
A une période indéterminée, ces fragments de vitraux des 15e et 16e siècles ont été découverts fortuitement dans le sol par les moines l'abbaye de Saint-Wandrille. Selon une mention manuscrite, ils sont réputés provenir des verrières aujourd'hui disparues du réfectoire, situées côté cloître. Un premier groupe est constitué de verres d'épaisseur moyenne (3 à 4 mm), dont le style laisse à penser qu'ils ont été réalisés entre le milieu du 15e et le début du 16e siècle. Un second groupe (fragments 5-1 à 5-4) présente des pièces, probablement de bordure, issues d'une création ou d'une restauration datable de la fin du 16e siècle ou du début du 17e siècle.
Chercheur à la Sous-Direction des études, de la documentation et de l'Inventaire.