Dossier d’œuvre objet IM14006150 | Réalisé par
Billat Hélène (Contributeur)
Billat Hélène

Chercheuse à l'inventaire général du patrimoine culturel de Basse-Normandie puis de Normandie depuis 2013 : architecture civile et religieuse, patrimoine rural, objets mobiliers civils et religieux étudiés dans le cadre d'inventaires topographiques et ponctuels. Suivi scientifique de l'étude du patrimoine bâti du Parc naturel régional du Perche.

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  • opération ponctuelle, Abbaye aux Dames de Caen
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Normandie - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Caen - Caen-6
  • Commune Caen
  • Adresse place Reine Mathilde
  • Emplacement dans l'édifice salon, rez-de-chaussée, aile nord-est (Hôtel de Région)

Le meuble (Inv. 1998), d'époque Louis XV, a été acquis par la Région Basse-Normandie à Caen auprès de Suzanne Hamon (Caen) le 5 janvier 1993 pour un montant de 150 000 francs (22 867 euros) après expertise de Henri Métais (Rouen).

Vendu sous la dénomination de bureau de changeur - généralement mécanique et doté d'un bâti plus développé-, ce meuble est plus vraisemblablement un petit secrétaire brisé à volet reposant sur des pieds galbés montés sur roulette. La forme de ces derniers tout comme la marqueterie en frisage de bois précieux exotique, ici de satiné, sont caractéristiques du mobilier du règne de Louis XV (1715-1774). La présence de l'estampille de Migeon, relevée en deux endroits du meuble, permet de le dater du 3e quart du 18e siècle. C'est évidemment cette signature qui rehausse l'intérêt de ce secrétaire mobile dont les qualités décoratives réside dans les assemblages en chevrons et en losanges de sa marqueterie dépourvue de garnitures, en dehors des entrées de serrure supposées en laiton. Migeon est le nom bien connu d'une illustre famille d'artisans ébénistes de confession protestante dont l'activité culmine sous le règne de Louis XV. Son fondateur PIerre IV établit l'atelier familial rue de Charenton à Paris en 1839 connu pour ses réalisations prestigieuses destinées au Garde-Meuble de la Couronne et au Menus-Plaisirs. Son fils Pierre V Migeon (1733 - 21 août 1775), qui passe la maîtrise en 1761, reprend l'atelier en privilégiant le commerce du meuble au détriment de l'ébénisterie. De fait, nombre de meubles portant cette estampille ont été réalisés par des collaborateurs ébénistes qui n'ont pas systématiquement gravé leur signature. L'estampille Migeon apposée sur le secrétaire à volet n'offre pas ici de garantie suffisante pour l'attribuer avec certitude à Migeon, supposé ici le fils ; elle apparaît à deux reprises sur la tranche du tiroir médian inférieur, sommairement gravée (gravure très fine et de médiocre qualité qui se démarque des estampilles connues de PIerre IV) et partiellement effacée. Il pourrait s'agir d'un meuble sous-traité à un autre atelier et commercialisé par Migeon à une époque où cette activité a été fortement développée. Quoi qu'il en soit, ce meuble s'inscrit dans la tradition esthétique initiée par le père fondateur qui perpétue le style Régence par l'usage modéré de la ligne galbée et des bronzes décoratifs contrebalancé par la diversité des assemblages de bois exotiques.

  • Période(s)
    • Principale : 3e quart 18e siècle
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Migeon Pierre V
      Migeon Pierre V

      Pierre V Migeon (1733 - 21 août 1775) appartient à une illustre famille d'artisans ébénistes de confession protestante, dont tous les membres portent le prénom de Pierre. Pierre IV, le fondateur de l'atelier, établi rue de Charenton à Paris vers 1739, cumule déjà les activités de fabricant et de marchand de meubles. Il travaille pour l'aristocratie et le roi, recevant dès les années 1740 des commandes du Garde-Meuble de la Couronne et des Menus-Plaisirs. Son fils Pierre V prend la relève, passe la maîtrise le 18 juin 1761, en dépit des nouveaux statuts corporatifs interdisant l'accès aux artisans protestants. Il privilégie le commerce du meuble au détriment de l'ébénisterie. Il est donc vraisemblable que son estampille figure sur de nombreux meubles qu’il a sous-traités ou simplement commercialisés. Après sa mort, sa veuve peine à maintenir l'activité de l'atelier ce qui la contraint à déposer le bilan en 1785.

      Source consultée le 2 octobre 2020 :

      -site internet Anticstore, https://www.anticstore.com/ebeniste/migeon-pierre-5

      -site internet La Gazette Drouot, http://catalogue.gazette-drouot.com/ref/lot-ventes-aux-encheres.jsp?id=45217

      -MOUQUIN, Sophie. Pierre IV Migeon 1696-1758 : au cœur d'une dynastie d'ébénistes parisiens. Paris : Les Ed. de l'Amateur : Perrin & Fils Antiquaires, 2001.

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      fabricant marchand, menuisier (incertitude), signature

Le bâti du bureau est en bois (non identifié) recouvert d'une marqueterie en frisage de satiné assemblé en chevrons (tiroirs, dessus) et en losange (faces latérales, pupitre, dessus). Bureau brisé (rectangle s'ouvrant en rectangle, à ceinture coulissante (incertitude) ), à volet : trois rangs de tiroirs superposés accostés d'un dessus à volet formant table à écrire et découvrant un dessus ou plateau divisé en trois parties formant volets, celui du centre étant monté sur crémaillère à usage de pupitre, les deux latéraux abritant deux casiers. L'élévation du meuble comprend trois niveaux de tiroirs superposés séparés par des traverses, comportant chacun trois tiroirs juxtaposés à l'exception du niveau inférieur qui en est dépourvu au centre (même élévation au dos du meuble, les tiroirs étant factices). Il repose sur quatre pieds galbés se terminant par des sabots montés sur roulette. Les garnitures : neuf entrées de serrures en laiton (?) découpé, dont trois factices (tiroirs du niveau supérieur), une clef.

  • Catégories
    menuiserie, marqueterie
  • Structures
    • dessus, rectangulaire
    • plateau, rectangulaire
    • volet, rectangulaire, 1
    • volet, carré, 3
    • tiroir, 8, superposé, juxtaposé
    • élévation, droit
    • pied, 4, galbé
  • Matériaux
    • satiné, marqueterie
    • laiton, (incertitude), découpé
    • acier, (incertitude), fondu
  • Mesures
    • h : 81 centimètre
    • la : 96,5 centimètre
    • pr : 40 centimètre (abattant fermé)
    • pr : 80,5 centimètre (abattant ouvert)
  • Inscriptions & marques
    • estampille, sur l'oeuvre, gravé
  • Précision inscriptions

    Estampille gravée sur la tranche du tiroir inférieur central, à gauche de la serrure : MIGEON JME [Jurande des Menuisiers Ébénistes] ; à droite de la serrure : MIGEON.

  • État de conservation
    • assemblage fragilisé
    • altération ponctuelle
  • Précision état de conservation

    État en 2014 : décollement du placage par endroits ; altération du bois au niveau des charnières de la tablette amovible.

  • Statut de la propriété
    propriété de la région
  • Intérêt de l'œuvre
    À signaler

Le secrétaire est l'un des rares meubles estampillés des collections régionales. Il porte la signature d'un atelier de renom dont la production s'illustre particulièrement durant les décennies 1740-1750. Sous réserve de confirmer l'authenticité de l'estampille, ce meuble pourrait bénéficier d'une inscription au titre des monuments historiques.

Bibliographie

  • KJELLBERG, Pierre. Le mobilier français au XVIIIe siècle. Dictionnaire des ébénistes et des menuisiers. [Paris] : Les Éditions de l'Amateur, 2002.

  • MOUQUIN, Sophie. Pierre IV Migeon 1696-1758 : au cœur d'une dynastie d'ébénistes parisiens. Paris : Éd. de l'Amateur, 2001. (Les cahiers du mobilier).

    Bibliothèque nationale de France, François-Mitterrand : 2002-69194
  • SALVERTE, François de. Les ébénistes du XVIIIe siècle : leurs œuvres et leurs marques. Paris : Bruxelles : Les Éditions d'Art et d'Histoire : G. Van Oest et Cie éditeurs, 1934. (éd. 1923, Gallica).

Annexes

  • Information concernant l'expert Henri Métais
Date(s) d'enquête : 2013; Date(s) de rédaction : 2014
(c) Région Normandie - Inventaire général
Billat Hélène
Billat Hélène

Chercheuse à l'inventaire général du patrimoine culturel de Basse-Normandie puis de Normandie depuis 2013 : architecture civile et religieuse, patrimoine rural, objets mobiliers civils et religieux étudiés dans le cadre d'inventaires topographiques et ponctuels. Suivi scientifique de l'étude du patrimoine bâti du Parc naturel régional du Perche.

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