Dossier d’opération IA50001653 | Réalisé par
Allavena Stéphane
Allavena Stéphane

Chercheur (Conservateur du patrimoine) à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Basse-Normandie de 2005 à 2012, en charge de l'étude sur la ville de Cherbourg-Octeville (Manche).

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  • inventaire topographique, Cherbourg-Octeville
présentation de l'opération d'inventaire du patrimoine de la commune de Cherbourg-Octeville
Copyright
  • (c) Région Normandie - Inventaire général
  • (c) Communauté Urbaine de Cherbourg

Dossier non géolocalisé

  • Aires d'études
    Cherbourg-Octeville
  • Adresse
    • Commune : Cherbourg-Octeville

Introduction

L'opération d’inventaire du patrimoine mobilier et immobilier de Cherbourg-Octeville a été initiée en 2006 et achevée en 2012 sous la conduite de Stéphane Allavena. Elle a été précédée par un recensement exhaustif de toute la documentation disponible sur le sujet ainsi que par la rédaction d’un cahier des clauses scientifiques et techniques fixant les finalités essentielles de l’étude et les moyens pour y parvenir. Deux objectifs ont été retenus :

- fournir à la ville, grâce à un recensement systématique du patrimoine bâti, un outil de connaissance de son territoire susceptible d’accompagner la mise en place d’une Zone de Protection du Paysage Architectural Urbain (ZPPAUP),

- analyser de quelle manière s’est constituée, des premiers temps jusqu’aux années 1970, la ville de Cherbourg, en portant une attention particulière aux liens qui l'unissent à ses deux ports, l'un civil, l'autre militaire.

La couverture photographique a été assurée par Manuel de Rugy.

La relecture et l’enrichissement de l’enquête ont été réalisés en 2017-2018 (Hélène Billat et Yannick Lecherbonnier).

La méthode

Conformément à l’engagement pris dans le cahier des clauses scientifiques et techniques, lequel a permis de dresser une première synthèse de l’histoire de la ville, l’étude a été menée selon une méthode allant du général au particulier qui a privilégié cinq grands thèmes :

- la formation du tissu urbain,

- le port militaire,

- le port de commerce,

- les édifices publics et leur collection d’objet,

- l’habitat.

Les éléments constitutifs à chacun de ces thèmes ont fait l’objet dans un premier temps d’un travail d’identification mené sur le terrain, puis, pour les œuvres sélectionnées, de recherches documentaires et d’une campagne photographique.

Étendu principalement à la ville de Cherbourg, il a été conduit à l’aide d’une grille de repérage, permettant de fournir un minimum de renseignements sur l’implantation géographique, la datation, la forme et les matériaux de construction. Les édifices postérieurs à 1970 ainsi que les œuvres dénaturées ont été exclus du champ de l’investigation. L’ensemble des information collectées a été saisi sur le logiciel Excel puis cartographié par le SIG de la Communauté urbaine de Cherbourg avec laquelle une convention a été signée.

Ce travail d’identification a permis de créer des corpus, qui ont eux-mêmes permis d'effectuer des sélections d’œuvres destinées à être étudiées et à faire l’objet d’un dossier comprenant notice, documentation et illustrations.

Trois critères de sélection ont prévalu :

- l’intérêt historique

- les qualités esthétiques

- l’appartenance à une typologie souvent rencontrée sur le terrain

Les résultats obtenus

I. La formation du tissu urbain

L’enquête de terrain

En raison du caractère très général de son contenu, l’étude de la formation du tissu urbain s’est étendue sur tout le long de l’étude. L’évolution de la voirie ainsi que la formation des différents quartiers ont constitué la matière principale de cette première partie.

Elle a abouti à l’ouverture de 21 dossiers parmi lesquels 1 dossier ville, 4 dossiers de quartiers et 14 dossiers relatifs à l’historique des principales places et opérations urbaines. A l’instar de bon nombre de cités médiévales, la ville de Cherbourg s’est formée autour d’un château, comme l’indique encore de nos jours la disposition radio-concentrique de ses rues autour de l’espace occupé jadis par l’ancienne forteresse. Dotée, à partir de 1300, par Philippe le Bel d’une enceinte ponctuée de tours, Cherbourg demeure sous l’Ancien Régime une cité de taille très modeste, forte de quelques milliers d’habitants, dont la superficie ne dépasse guère une vingtaine d’hectares.

Privé par Louis XIV en 1692 de son château et de ses murailles, le bourg connaît néanmoins une croissance exceptionnelle entre 1780 et 1930 grâce à l’implantation d’un port militaire dont la construction, en dépit des avantages qu’il octroie, fait peser sur la cité de nombreuses contraintes.

En effet, outre l’occupation d’une part non négligeable de l’espace par plusieurs de ses installations, le port et ses fortifications génèrent, jusqu’à la fin du XIXe siècle, des servitudes militaires propres à toutes les places fortes, qui hypothèquent pendant longtemps la possibilité de bâtir dans certains quartiers, limitent la hauteur des bâtiments et influencent durablement la géographie de l’habitat. Il en est ainsi, à l’ouest, du quartier de la Bucaille dont l’aménagement au cours du XIXe siècle ne se fait que par étapes progressives en fonction des dérogations exceptionnelles, baptisées alors polygones d’exception, que l’autorité militaire accorde aux habitants pour construire.

Au début du XXe siècle cependant, le déclassement des forts et la montée en puissance du port de commerce réduisent l’emprise des constructions militaires et permettent à la ville d’entreprendre une première « reconquête » de son territoire. La destruction dans les années 30 des bâtiments de l’Ancien Arsenal situés près de l’avant-port par la Chambre de Commerce, ou encore l’acquisition à la même période par la Ville du jardin de l’infanterie colonial, symbolisent cette réappropriation civile de l’espace, poursuivie après la guerre par la construction des grands ensembles : ZUP Divette puis ZUP de l’Amont-Quentin.

II. Le port militaire

L’enquête de terrain

L’enquête sur le port militaire a porté d’une part sur l’arsenal, d’autre part sur le système de mise en défense de la place. Dernier établissement d’envergure construit au XIXe siècle par la Marine, conçu pour prévenir un débarquement anglais sur les côtes normandes, le port de Cherbourg présente l’originalité d’avoir été aménagé sur des terrains conquis entièrement sur la mer, contrairement à ceux de Brest, Rochefort ou Toulon. Sa création, échelonnée sur plus d’un siècle, intervient à une époque où la navigation et l’armement connaissent des mutations accélérées, ce dont témoignent le développement de la propulsion à vapeur, l’usage systématique du fer et de l’acier dans la construction navale ou encore l’apparition de nouvelles armes (torpille, obus chimique...) aux portées de tirs désormais plus précises.

1. L’arsenal et ses infrastructures

38 dossiers Mérimée et a peu près 27 dossiers Palissy ont été constitués. Implantés tantôt autour de bassins creusés à même le roc de la baie, tantôt au cœur même de la cité, les installations portuaires de l’arsenal sont aujourd’hui de précieux témoignages sur l’histoire du patrimoine maritime dont peu de ports, hormis Rochefort, peuvent encore s’enorgueillir. En effet, bien que durement touché par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, le port de Cherbourg a conservé plusieurs édifices dignes d’intérêt qui témoignent de la diversité de ses activités industrielles et militaires. Les cales de construction de l’ingénieur Cachin, bâties sous le Premier Empire, le réservoir d’eau de la Divette, le bâtiment des Subsistances, la caserne Proteau, parfait exemple des casernes à l’épreuve, ou encore l’hôpital de la Marine, unique survivant des hôpitaux de port du XIXe siècle depuis la disparition de Clermont-Tonnerre à Brest et de Saint-Mandrier à Toulon, en constituent les exemples les plus remarquables.

2. Les fortifications

L’ensemble de ces ouvrages est alors défendu par un double système de fortifications qui subsiste encore de nos jours : une enceinte bastionnée, amputée aujourd’hui de trois bastions, et une suite de forts détachés établis tantôt en pleine mer tantôt sur les hauteurs de la ville, selon le principe de la fortification éclatée. Les premiers, dont le profil circulaire, destiné à limiter l’impact des tirs, reflète l’influence des théories du marquis de Montalembert, ont en grande partie survécu. A la fin du XIXe siècle, leur bétonnage ainsi que la construction de deux nouvelles digues pour fermer la rade illustrent les efforts déployés par les ingénieurs pour s’adapter aux nouvelles capacités destructrices de l’obus chimique ainsi qu’aux menaces présentées par les navires torpilleurs. Les seconds, organisés en une double ceinture de forts, construits sous le Premier Empire puis dans la seconde moitié du XIXe siècle, ont presque tous disparu à l’exception de quatre d’entre eux dont trois sont situés aujourd’hui sur la commune d’Equeurdreville : le fort Saint- Anne, la redoute des Couplets, le fort du Tôt ainsi que le fort du Roule, transformé depuis 1954 en musée de la Libération.

Le premier domaine a permis d’identifier 17 ouvrages (certains sont situés aujourd’hui sur les communes de Tourlaville, d’Equeurdreville-Hainneville et de Querqueville) sur les 25 qui faisaient à l’origine partie du dispositif défensif mais dont beaucoup ont disparu. 14 ont été sélectionnés et ont fait l’objet d’un dossier (trois n'ont pas été retenus en raison de leur trop mauvais état de conservation et de l’absence de documentation).

Les forts détachés en mer, destinés à protéger la rade ainsi que le mur d’enceinte de l’arsenal, quoique amputé d’une partie de ses bastions, constituent l'essentiel des ouvrages qui nous sont parvenus. Propriété de la Marine nationale, ils sont désaffectés depuis la fin de la Seconde Guerre et réduits à l’état de vestiges.

La ceinture primitive des forts d’Ancien Régime construits après la destruction des fortifications de la ville par Louis XIV (fort du Galet, redoute de Tourlaville, fort Saint-Anne, redoute de Querqueville) ont entièrement disparu à l’exception du fort de l’Onglet. Il en est de même pour la plupart ouvrage défensifs qui assuraient la défense de la ville côté terre à savoir :

- la première couronne des forts des hauteurs construits après le passage de Napoléon 1er en 1811 : redoute Saint-Anne, batterie des Couplets, redoute des Couplets, redoute du Tot, redoute des Fourches, redoute d’Octeville. Il ne subsiste que trois de ces six ouvrages : la redoute des Couplets, transformée en jardin d’enfant, la redoute du Tot et celle des Fourches aujourd’hui à l’état de vestiges.

- la seconde couronne des forts construits dans la seconde moitié du XIXe siècle : redoute du Trottebec, redoute de la Fauconnière, fort du Baquesne, fort d’Octeville, fort de Grismenil, fort des Varendes et fort d’Hainneville à l'exception Le fort du Roule aujourd’hui musée de la Libération est le seul témoin qui ait subsisté de cette seconde ceinture défensive et sans doute l’ouvrage fortifié le mieux conservé.

III. Le port de commerce

L’étude du port de commerce a porté sur deux types de réalisation : les ouvrages hydrauliques nécessaires au fonctionnement du port (bassins, écluses, jetées), ainsi que les équipements utiles au commerce, à la pêche et au transport des voyageurs (entrepôts, criées, gares maritimes).

Creusé au XVIIIe siècle par les ingénieurs militaires Hue de Caligny et Pierre de Caux dans le lit de la rivière Divette, l’établissement favorise dès la fin de l’Ancien Régime le développement d’un nouveau quartier, le « Val de Saire », bâti à l’est de la ville sur des terrains autrefois occupés par la grève. L’hôtel Maurice, actuelle caisse d’épargne ainsi que son voisin établi au 1, quai du général Lawton Collins, bâtis tous deux autour de 1780, témoignent de ce premier effort d’urbanisation. Etabli sur un axe nord-sud, le premier port de commerce comprend à l’origine trois parties : un chenal destiné à faciliter l’entrée des bateaux dans le port, un avant-port et un bassin de flot conçu pour abriter une trentaine de navires de moyen tonnage protégé par une écluse. La circulation entre les deux rives est assurée par un pont-tournant, plusieurs fois reconstruit, dont le dernier date de 1958.

L’absence de débouché fluvial, un arrière-pays peu industrialisé ainsi que la présence d’un port militaire dont les autorités sont longtemps réticentes à tout projet d’extension, handicapent néanmoins son développement au XIXe siècle. Celui-ci n’en fait pas moins au cours de cette période l’objet de plusieurs aménagements dignes d’intérêt dont les exemples les plus remarquables sont la jetée-promenade de l’ingénieur Leroux, conçue en 1831 pour éviter l’ensablement du port, ou encore la forme de radoub des ingénieurs Virla et Reibell.

L’extension du port de commerce se confirme cependant au XXe siècle lorsque Cherbourg devient, grâce à sa position géographique et à l’excellence de sa rade, l’un des principaux ports d’émigration à destination du Nouveau monde. Entièrement redessiné par l’ingénieur des Ponts et Chaussées Paul Minard, ce dernier s’étend alors considérablement à l’est, sur des terrains gagnés sur la mer, et se dote d’équipements spécialement conçus pour l’accueil des plus grands navires transatlantiques : hôtel de voyageurs, darse en eau profonde, gare maritime dont la construction ne manque de renouveler profondément la physionomie du Val de Saire, rebaptisé un temps « quartier transatlantique ». Bombardés en 1944, ces installations font l’objet d’une importante reconstruction après la guerre dont la criée de l’épi est un des exemples les plus réussis.

IV. Des édifices publics et leur collection d’objet

L’étude des édifices publics a porté sur tous les bâtiments dont la construction a été financée par les collectivités : églises (jusqu’en 1905), cimetière, établissements administratifs et judiciaires, espaces de loisirs, constructions à vocation industrielle et commerciale édifiées par la mairie telles les halles de la place Centrale ou encore l’usine de distribution d’eau de la Butte Fauconnière.

Construits majoritairement au XIXe siècle, ces derniers illustrent les efforts déployés par les édiles pour répondre aux besoins d’une ville en pleine croissance dont la population passe de 10000 à plus de 40000 habitants. Bâtis en grande partie grâce aux ressources de l’octroi institué depuis 1801, la plupart des vingt-six édifices publics inaugurés au cours de cette période sont l’œuvre d’architectes municipaux dont les projets, entérinés une première fois par la commission municipale des travaux publics, doivent obligatoirement être validés par le Conseil national des Bâtiments civils. La complexité de cette procédure, à laquelle s’ajoutent les nombreux problèmes financiers que la ville connaît de manière récurrente, explique que beaucoup d’entre eux soient le fruit de très longs chantiers, étendus sur plusieurs décennies. C’est le cas de l’hôpital Pasteur, dont la construction décidée par le décret impérial du 9 juin 1811 n’est achevée qu’en 1863 ou encore du théâtre municipal, projeté dès 1833, et inauguré, une cinquantaine d’années pus tard, en 1882. L’ensemble de ces bâtiments, relativement épargnés par les injures du temps, forme aujourd’hui un corpus d’une remarquable cohérence dont peu de villes de la Manche peuvent encore se prévaloir en raison des destructions de la Seconde Guerre mondiale.

Conformément à l’esthétique de l’époque, la plupart adoptent un style éclectique inspiré tantôt par la tradition romane et gothique pour les édifices religieux, tantôt par les arts de la Renaissance et de l’époque classique pour les édifices civils. Bâti entre 1825 et 1829 par Louis le Sauvage, premier architecte municipal, le clocher-porche de l’église de la Trinité est ainsi le fruit d’un compromis entre la tradition gothique dont il reprend les arcs brisés et la mode néoclassique avec ses pilastres corniers et ses frises de denticules. En 1856, la nouvelle église Saint-Clément est un long vaisseau de plan basilical auquel l’architecte Geufroy ajoute un portique et une coupole d’inspiration palladienne. En 1882, le théâtre municipal, est un édifice aux allures de palais italien, coiffé d’un toit en pavillon à la manière des châteaux classiques français. Cet éclectisme se retrouve jusqu’au cours de l’entre-deux-guerres dans les grandes compositions décoratives de Michel-Adrien Servant à la chapelle de l’institut Saint-Paul, au 27 rue de l’amiral Courbet, ainsi qu’au chœur de l’église Saint-Clément en 1935 où les figures de Charles Roger de Gérigné, inspirées par la renaissance italienne, sont associées à un décor cloisonné d’inspiration médiévale dépourvu de perspective. Plusieurs de ces édifices ont conservé enfin des collections d’objets où subsistent, aux côtés d’un mobilier courant, des pièces plus rares tel la table de tric-trac de la résidence du préfet maritime ou encore l’ombrellino de l’église Notre-Dame du Vœu.

V. Les édifices privés

Menée quartier par quartier, l’étude de l’architecture privée a révélé un habitat construit jusqu’au début du XIXe siècle exclusivement à l’aide d’un schiste bleu vert, extrait des carrières locales, associé au grès et à la pierre calcaire pour l’encadrement des ouvertures. Cette singularité de technique, où l’usage du bois et du chaume, si répandu en Normandie, demeure très rare, ne manque pas d’étonner les chroniqueurs de passage dès le XVIIIe siècle, tel Jean-Aymar Piganiol de la Force (1), auteur en 1753 d’une des premières descriptions géographiques de la ville.

Demeurée ainsi longtemps homogène et relativement imperméable aux influences extérieures, cette architecture connaît néanmoins une véritable révolution à partir du second Empire, lors de l’apparition du chemin de fer et de l’achèvement des grands travaux du port militaire. De nouveaux matériaux font alors leur apparition telle la brique, utilisée aussi bien pour le gros œuvre que pour l’encadrement des fenêtres, ainsi que le granite réservé aux fondations. Aux côtés des formes de résidences traditionnelles, immeubles de rapports et hôtels particuliers, dont le profil ne manque pas d’évoluer, deux types d’habitation, inconnues jusqu’alors, s’affirment également qui modifient d’une manière significative le paysage de Cherbourg : le pavillon, symbole de l’individualisme bourgeois, popularisé depuis le début du siècle par les illustrations d’Auguste Constantin (2) et les lotissements ouvriers dont la création est encouragée par la loi Sigfried (3) votée le 30 novembre 1894. Les premiers, construits à l’initiative d’une clientèle assez hétéroclite (négociants, médecins, industriels, officiers), se multiplient dans le quartier de la Bucaille et les hauteurs de la ville ; les seconds, réservés aux familles nombreuses travaillant à l’arsenal, se développent plus particulièrement dans le quartier du Val de Saire où perdurent encore aujourd’hui d’importantes cités ouvrières impasse Paradis et impasse Milinaire.

Le XXe siècle est marqué par l’usage généralisé du béton, utilisé avec fortune par plusieurs architectes locaux tels René Levesque, René Levavasseur et René-Charles-Louis Drancey ainsi que par le développement des grands ensembles bâtis avec le soutien du ministère de la Reconstruction sous la direction de l’architecte Paul Vimond.

Conclusion

2399 édifices et 600 objets ont été recensés au terme de l’enquête ; 819 (365 édifices et 456 objets) ont été sélectionnés, étudiés et photographiés selon les critères énoncés plus haut. Leurs dossiers, riches de plus de 5000 images, doivent figurer dans les années à venir sur les bases Mérimée pour l’architecture et Palissy pour les objets du ministère de la culture, accessibles à tous (http://inventaire-patrimoine.normandie.fr/)

Le recensement et l’étude du patrimoine de la ville de Cherbourg ont fait apparaître un ensemble d’une grande variété dont l’intérêt et l’état de conservation présentent une forte diversité. Le port militaire constitue sans nul doute, à l’échelle nationale, l’ensemble le plus remarquable. L’intérêt porté tout au long du XIXe siècle par l’Etat à la réalisation de cet immense chantier, ainsi que l’ampleur de ses vestiges, dont certains, comme la Digue du Large, constituent de véritables prouesses techniques, militent en faveur d’une réflexion sur une protection future. A cet ensemble exceptionnel succèdent les établissements du port de commerce, témoignages vivants de l’histoire de la navigation transatlantique, ainsi que certains édifices publics et privés dont la variété des styles intéresse plus particulièrement l’histoire de l’art local.

[1] Nouvelle description de la France, dans laquelle on voit le gouvernement général de ce royaume, celui de chaque province en particulier, et la description des villes, maisons royales, châteaux et monuments les plus remarquables. Paris, C. N. Poiron, 1753-1754. p. 436-456.

[2] Auguste Constantin (1791-1842). Elève de Percier et Fontaine, il fut en France le créateur de quartiers péri-urbains sous forme de pavillons et de maisons inspirées

principalement par la renaissance italienne. Concepteur du quartier de la Nouvelle-Athènes à Paris, il réalisa aussi quelque temps plus tard le quartier François 1er,

le quartier Saint-Georges puis de nombreuses villas à Maisons Laffite en association avec le banquier Laffite.

[3] Entrepreneur né à Mulhouse le 12 février 1837 et mort au Havre le 26 novembre1922, Jules Siegfried fut ministre du travail en 1894. La loi qu’il fit voter accordait alors

des facilités de crédit aux Sociétés d’Habitations à Bon Marché ainsi que de nombreuses exonérations fiscales sur la propriété.

Annexes

  • Bilan des protections à Cherbourg-Octeville
  • Opération d’inventaire de la commune de Cherbourg-Octeville (50). Cahier des clauses scientifiques et techniques
Date d'enquête ; Date(s) de rédaction 2010
(c) Région Normandie - Inventaire général
Allavena Stéphane
Allavena Stéphane

Chercheur (Conservateur du patrimoine) à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Basse-Normandie de 2005 à 2012, en charge de l'étude sur la ville de Cherbourg-Octeville (Manche).

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