Dossier d’œuvre architecture IA50001625 | Réalisé par ;
Allavena Stéphane
Allavena Stéphane

Chercheur (Conservateur du patrimoine) à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Basse-Normandie de 2005 à 2012, en charge de l'étude sur la ville de Cherbourg-Octeville (Manche).

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  • inventaire topographique, Cherbourg-Octeville
gare SNCF
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Normandie - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Cherbourg-Octeville - Cherbourg
  • Commune Cherbourg-Octeville
  • Adresse avenue Jean-François Millet
  • Cadastre 2008 AR2

La création d’une ligne de chemin de fer reliant Paris à Cherbourg est envisagée par le gouvernement de la monarchie de Juillet dès l’année 1842. Ardemment défendu par le maire Noël-Agnés le 16 août 1844 dans son adresse au roi Louis-Philippe, le projet n’est officiellement adopté par le corps législatif de la Seconde République que le 20 juin 1852, suite à une nouvelle pétition déposée par la Ville au mois de janvier auprès du futur Napoléon III.

Réalisés par la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest, maître d’oeuvre de l’opération, les travaux, commencés en 1852, s’achèvent en 1858. Installée par décision ministérielle en date du 14 juin 1857 sur des terrains situés au sud de la ville face au bassin de commerce, la gare est inaugurée le 4 août lors de l’arrivée de l’empereur Napoléon III et de l’impératrice, venus inspecter l’achèvement des travaux du port militaire.

Construit en brique, pierre et métal sur une assise en granite, le nouvel édifice comprend alors un grand hall central encadré par deux ailes latérales, dont la première est utilisée à l’est comme gare de départ, la seconde à l’ouest comme gare d’arrivée. Le grand vaisseau central et les deux pavillons latéraux, pourvus sur leurs longs côtés d’une marquise, sont recouverts par des voûtes en fonte de fer, dotées chacune d’un lanterneau qui permet la diffusion d’un éclairage zénithal.

Dès le début du XXe siècle, la rénovation de la gare fait l’objet d’importants débats entre le conseil municipal et la compagnie de chemin de fer. Après l’échec des tentatives de rénovation envisagées à la Belle Époque, deux nouveaux projets de reconstruction totale sont déposés en 1925 puis en 1927 par l’architecte A. Bolloré. Le premier prévoit de doter la façade principale d’un campanile, inspiré par l’architecture de la Belle Époque, le second d’un pavillon central en forme de rotonde de style Art déco, encadré par deux ailes plus basses. Critiquées pour leur monumentalité par l’architecte de la ville Auguste Métivier, ces propositions sont finalement abandonnées, comme d’autres qui leur succèderont jusqu’à la veille de la Seconde Guerre mondiale, suite aux désaccords financiers qui opposent la Ville à la compagnie.

Ce n’est finalement qu’en 1970, à l'occasion de la mise en place des turbotrains, que la gare est reconstruite. Le grand vaisseau central ainsi que les voûtes et verrières des pavillons latéraux sont alors détruits. Les entrées est et ouest, qui servaient de gare d'arrivée et de départ, sont supprimées et remplacées par un hall d'accueil fonctionnel inauguré le 25 février 1970.

  • Période(s)
    • Principale : 3e quart 19e siècle
    • Secondaire : 3e quart 20e siècle
  • Dates
    • 1858, daté par source
    • 1970, daté par source

Les deux ailes latérales qui autrefois servaient au départ et à l’arrivée des passagers sont les seuls témoins architecturaux de l’ancienne gare du XIXe siècle. L’aile orientale est un bâtiment de plan rectangulaire doté à son extrémité méridionale d’un petit pavillon annexe. Éclairée de chaque côté par une succession de baies en arc segmentaire, elle est recouverte par une toiture à deux pans. De taille plus réduite mais d’un dessin identique, l’aile ouest est pourvue de façades enduites et d’un toit de forme circulaire.

Le corps central du bâtiment, réalisé en 1970 et rénové en 2005, est rectangulaire. Il se compose d'une partie en pierre à bossage rustique et d'une baie vitrée donnant accès à la gare. On accède au quai par ce hall d'accueil ou sur les entrées latérales extérieures.

  • Murs
    • calcaire pierre de taille
    • brique
    • granite pierre de taille
    • enduit
  • Toits
    ardoise
  • Plans
    plan symétrique en U
  • Étages
    en rez-de-chaussée
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • toit à deux pans
  • État de conservation
    vestiges
  • Statut de la propriété
    propriété publique, Est affecté à un établissement public.

Bien qu'en grande partie détruite, la gare SNCF est un témoignage vivant des grands travaux qui animent Cherbourg sous le Second Empire. En ville, sa construction est contemporaine de celle de l'hôpital Pasteur (IA50001619), des églises Notre-Dame du Vœu (IA50001307) et Saint-Clément (IA50001321). Son inauguration est aussi à mettre en parallèle avec l'achèvement des grands travaux du port militaire (IA50001323).