Chercheur au Service Régional de l'Inventaire de Basse-Normandie de 1979 à 1988. Conservateur régional du service bas-normand de 1988 à 1991.
- inventaire topographique, Falaise centre
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Corbierre PascalCorbierre PascalCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Photographe de l'Inventaire général du patrimoine culturel de Basse-Normandie de 1978 à 2008.
- (c) Région Normandie - Inventaire général
Dossier non géolocalisé
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Aires d'étudesFalaise centre
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Adresse
- Commune : Falaise
L’inventaire de la ville de Falaise est la première étude en milieu urbain menée par le service de l’Inventaire bas-normand. Réalisée de 1982 à 1990 par Odile Tétu et Jean-Louis Libourel, conservateurs du patrimoine, et Pascal Corbierre, photographe, il a donné lieu à l’ouverture de 99 dossiers Architecture et de 103 dossiers Objets, ainsi qu’à deux publications : Falaise, Calvados (Images du patrimoine, n°76, 1990) et Falaise, Calvados (Itinéraires du patrimoine, n°81, 1995).
Fondée au IXe siècle, Falaise s'est développée à partir du IXe siècle au croisement de deux voies majeures reliant les cités épiscopales de l’ancienne province : l'axe de Bayeux à Sées, drainant la plaine du littoral vers l'Anjou, et la route de Lisieux à Coutances et Avranches, reliant Rouen et la Normandie orientale à la Bretagne. Pour surveiller ce carrefour stratégique, le site accidenté d'un massif de grès durs a favorisé l'implantation précoce d'un fortin à l'ombre duquel s'est formé un noyau urbain. Celui-ci devient suffisamment important pour justifier, peu après 840, la fondation d'une première paroisse dédiée à la Trinité. Le bourg s'accroît vers le nord, l'augmentation de sa population entraînant la création d'une seconde paroisse. Au sud-est, se développe le hameau commerçant de Guibray, regroupé autour de l'église Notre-Dame. Un premier château en pierre, auquel est étroitement lié un nouveau rempart, semble être construit dès le début du XIe siècle.
Falaise entre dans l'histoire en devenant la résidence du duc Robert le Magnifique et, en 1027, le berceau de son fils Guillaume - le Bâtard, puis le Conquérant -, la plus illustre figure des mondes Statue équestre de Guillaume Le Conquérantnormands. Aux XIIe et XIIIe siècles, la cité connaît un essor économique important fondé sur le commerce et sur l'artisanat, surtout la pelleterie et la draperie. La foire de Guibray, qui rivalise avec les célèbres foires de Champagne, constitue une source de revenus considérable, suscitant la formation d’une bourgeoisie marchande. Falaise devient ainsi un vaste chantier impulsé, dans le premier tiers du XIIe siècle, par Henri 1er Beauclerc, troisième fils du Conquérant, qui fait bâtir le grand donjon carré du château, renforcer les remparts d’une quarantaine de tours et de six portes, achever la reconstruction de l'église Saint-Gervais et qui active les chantiers de la Trinité et de Notre-Dame de Guibray, autant d’édifices majeurs reconstruits, restaurés ou agrandis au gré des évènements (prise de la ville par les troupes françaises en 1204 puis anglaises en 1417, guerres de Religion entre 1562 et 1590).
La paix rétablie, Falaise redevient pour deux siècles un centre économique florissant, tandis que s’affirme son rôle judiciaire et administratif. Ce dynamisme se concrétise par une intense activité édilitaire : le chœur de l'église Saint-Gervais et ses chapelles rayonnantes sont refaits entre 1590 et 1610, un hôpital général projeté dès 1687 est construit de 1743 à 1754, les bâtiments de l'Hôtel-Dieu sont en partie reconstruits en 1764, deux hôtels de ville sont successivement réalisés à partir de 1758 et 1780. La reconstruction ou la création de plusieurs fontaines accompagnent la rénovation du réseau d'eau courante, commencée dès 1735. Enfin, la destruction progressive des portes fortifiées de l'enceinte urbaine entre 1740 et 1788 et le percement en 1779-1780 de la route royale Caen- Alençon marquent d'une manière définitive l'image de Falaise.
Fortification d'agglomération : porte des Cordeliers.Les établissements religieux se multiplient également durant cette période. Fondé à Guibray en 1616, un couvent de Capucins est transféré en 1620 à l'intérieur des murs. Inversement, une communauté d'Ursulines, d'abord installée en 1623 rue du Camp Ferme, se transporte à Guibray en 1663. Quant aux Prémontrés, après avoir reconstruit leur église entre 1655 et 1658, ils rebâtissent la totalité du couvent entre 1710 et 1758.
Cette floraison de constructions s'accompagne d'un renouvellement du tissu urbain. De nombreuses maisons sont reconstruites dès la fin du XVIe siècle. La structure du centre de la cité médiévale reste encore lisible avec des maisons étroites se développant en hauteur sur un parcellaire en lanières. Dans les zones les plus résidentielles, l'organisation de l'espace est moins répétitive, la surface des maisons s'agrandit, les corps de bâtiment se multiplient, la pierre supplante définitivement le traditionnel pan de bois. Plusieurs hôtels sont bâtis au cours du XVIIe siècle et, surtout, du XVIIIe siècle (plus d'une quinzaine). Le manque d'espace à l'intérieur de l'enceinte limite leur développement à des volumes relativement modestes, forçant parfois les architectes à implanter le corps de logis principal perpendiculairement à la rue et au rempart. Hôtels et maisons se caractérisent par leur unité de matériaux : moellons de calcaire enduits, encadrements des baies, chaînes, moulures, bandeaux et corniches en pierre de taille, couvertures en tuile plate ou exceptionnellement en ardoise. Toutes les élévations superposent leurs baies en travées, certaines possèdent un avant-corps peu saillant couvert d'un fronton triangulaire. Le décor architectural se limite à quelques agrafes ou consoles sculptées de motifs rocailles ou à quelques guirlandes de feuillages et de fleurs.
Hors les murs, le faubourg de Guibray et celui du Val-d’Ante, marqué par l’artisanat du cuir, participent pleinement de la vitalité de la commune. Sur l'Ante comme sur le Marescot, s’alignent moulins à farine, à tan et à couteaux. Les tanneries placent la ville au deuxième rang de l'industrie du cuir dans le royaume. L'activité textile est spécialisée dans la fabrication des serges et des toiles (lin puis coton) et dans la bonneterie.
Au XIXe siècle, alors que Falaise connaît une vie intellectuelle, artistique et scientifique animée, les tanneries et les filatures, poumons économiques de la cité, périclitent faute d'avoir su s'adapter aux techniques nouvelles. Les foires de Guibray déclinent et la population diminue de moitié pour tomber à 7 600 habitants. La ligne de chemin de fer de Caen au Mans laisse la ville à l'écart du trafic moderne. La plupart des édifices n'ayant pas eu à souffrir lors de la Révolution de 1789, excepté les couvents, fermés et en partie détruits, la ville garde sans beaucoup de changement son aspect de la fin de l'Ancien Régime jusqu'en Auberge de la Romaine, puis hôtel des Chasseurs.1944. L'érection d’un monument à la gloire de Guillaume le Conquérant, en 1851, est la seule entreprise notable d'embellissement.
A la veille de la Seconde Guerre mondiale, la ville intra-muros se caractérise par la densité des constructions : maisons à pan de bois des XVe, XVIe et XVIIe siècles, encore nombreuses parmi les constructions en pierre des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, avec boutiques en rez-de-chaussée, deux ou trois étages carrés et souvent un étage de comble éclairé par des lucarnes. Le long des voies d'accès et de l'Ante, les faubourgs présentent des maisons de type plus rural, à un seul étage, mais dépourvues d’espaces libres.
Durement bombardée en 1944, Falaise sort ruinée de la guerre. Elle est reconstruite entre 1948 et 1960 sous la direction de l’architecte parisien Louis Rême et de son confrère caennais Pierre Dureuil, dans le respect du parcellaire historique et du bâti ancien subsistant. D’importantes constructions voient également le jour, comme le lycée Louis-Liard.
Les règles adoptées pour les habitations nouvelles - petits immeubles de faible hauteur répartis en îlots réguliers pour le centre, pavillons isolés entourés de jardins pour les rues proches de l'enceinte - ont permis à la ville de conserver sa silhouette séculaire. Les grands édifices épargnés ont été restaurés et, malgré les destructions, Falaise conserve un patrimoine abondant, riche et diversifié.
- (c) Région Normandie - Inventaire général
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Bibliographie
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Région Basse-Normandie - Inventaire général du patrimoine culturel, Caen
Basse-Normandie, Direction régionale des affaires culturelles, Inventaire général du patrimoine culturel, LIBOUREL, Jean-Louis, PELVILLAIN, Hervé. Falaise, Calvados. Caen, Développement culturel en Basse-Normandie, 1995. (Itinéraires du patrimoine, n°81), 26 p.
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Région Basse-Normandie - Inventaire général du patrimoine culturel, Caen
Basse-Normandie, Direction régionale des affaires culturelles, Inventaire général du patrimoine culturel, LIBOUREL, Jean-Louis, CORBIERRE, Pascal. Falaise, Calvados. Caen : Association pour le Développement culturel en Basse-Normandie, 1990. (Images du patrimoine n°71), 64 p.
Chercheuse au Service Régional de l'Inventaire de Basse-Normandie de 1979 à 1989.
Chercheur au Service Régional de l'Inventaire de Basse-Normandie de 1979 à 1988. Conservateur régional du service bas-normand de 1988 à 1991.
Chercheuse au Service Régional de l'Inventaire de Basse-Normandie de 1979 à 1989.