Dossier d’œuvre architecture IA00057467 | Réalisé par
Real Emmanuelle (Contributeur)
Real Emmanuelle

Chargée de recherches à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, depuis 1992. Spécialité : patrimoine industriel.

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  • patrimoine industriel, patrimoine industriel de Seine-Maritime
  • patrimoine industriel, patrimoine industriel protégé MH
Verrerie Denin
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Normandie - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Seine-Maritime
  • Hydrographies La Bresle
  • Commune Nesle-Normandeuse
  • Adresse place de la gare
  • Cadastre 2022 AB 18 à 27, 50 à 58, 62 à 68, 152, 153, 154
  • Dénominations
    usine de flaconnage, verrerie
  • Précision dénomination
    usine de flacon de parfumerie
  • Appellations
    verrerie Denin, verrerie de la gare
  • Parties constituantes non étudiées
    atelier de fabrication, four industriel, cheminée d'usine, logement patronal, cité ouvrière, bureau, magasin industriel

En 1882, Félix Denin, maître-verrier à Senarpont dans la Somme est autorisé par arrêté préfectoral du 16 septembre 1882 à établir dans la vallée de la Bresle, sur la commune de Nesle-Normandeuse, une usine de flaconnage. Etant donné le rôle majeur du transport ferroviaire dans l’acheminement des matières premières et du combustible, Félix Denin fait construire son établissement à proximité de la voie ferrée reliant Beauvais au Tréport. Le site se compose d'une halle de verrerie initialement équipée de trois fours (remplacés ensuite par un four circulaire à douze pots), deux ateliers de poterie, un atelier de taille et de polissage (installé dans un ancien moulin à blé attesté à la fin du 18e siècle) fonctionnant à l'aide de l'énergie produite par une roue hydraulique remplacée dans les années 1920 par une turbine, une petite forge, un magasin à moules et un autre pour le verre fini… Une cité ouvrière constituée d’une trentaine de logements disposés en bande encadre les bâtiments de production. Le logement patronal est construit à proximité de l’entrée de l’usine.

La verrerie est mise en route en 1884. Son aménagement, son architecture et son processus de fabrication ne vont subir que peu de transformations durant son activité, si ce n'est l'installation de l'électricité en 1923 puis le remplacement des trois fours d'origine par un four circulaire à 12 pots fonctionnant au fuel et non plus au charbon.

Après la Seconde Guerre mondiale, des difficultés économiques conduisent à des reprises successives, avec changements de raison sociale, jusqu'à la liquidation judiciaire de la dernière société dénommée Nouvelle Cristallerie de Normandie entrainant l'arrêt de l'activité le 6 avril 1999 et la vente du matériel au mois de mai de la même année (avait alors été envisagée la mise en place d'une demande d'instance de classement). Une partie de l'outillage est alors détruit, de même que les archives de l'entreprise, tandis que les moules à flacons encore utilisés sont récupérés par les parfumeurs qui en sont de fait propriétaires, seuls les plus anciens inusités sont laissés sur place. La société propriétaire du bâti (SCI de la Verrerie) rachète lors de cette vente une partie de l'outil de production. Les différents bâtiments sont alors loués par lots ce qui permet le maintien d'une production artisanale de flacons destinés à la parfumerie et l'exercice d'activité annexe de finition de flacons et de fabrication de moules.

La verrerie Denin, constituant l'un des derniers témoins de verrerie avec halle de la fin du XIXe siècle concevant son four et son outillage est inscrite à l'Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques le 3 juillet 2003.

  • Période(s)
    • Principale : 4e quart 19e siècle , daté par source
    • Principale : 1er quart 20e siècle , daté par travaux historiques
  • Dates
    • 1882, daté par source
    • 1923, daté par travaux historiques
  • Auteur(s)

Le site de la verrerie Denin est édifié en bordure de la voie ferrée qui relie Beauvais au Tréport lui servant d’axe de communication, sur un terrain traversé par un bras de la rivière Bresle. Il comprend la verrerie proprement-dite avec sa halle, des ateliers, dont celui de taille et de polissage des flacons installé dans un ancien moulin à blé implanté sur la rivière, et divers bâtiments annexes servant à la production. Il inclut également une cité ouvrière constituée de petite maisons en bande qui borde l’usine à l’Est, à l’Ouest et au Sud. Le château patronal est quant à lui bâti à proximité du centre du centre du village, le long de la rue de la Gare.

L'élément majeur de la verrerie est la grande halle des fours qui domine le site.

Cette halle consiste en un vaste bâtiment de plan carré construit en rez-de-chaussée sur un sous-sol et couvert d’une imposante double toiture en pavillon avec jours, servant de système d'aération, d'où dépassent les deux cheminées du four circulaire placé en son centre. Elle présente des élévations en maçonnerie de brique ordonnancées en travées régulières, rythmées par des pilastres plats sur lesquels sont fixés des tirants métalliques, un bandeau plat et une corniche en brique courant tout du long.

Le sous-sol de la halle est couvert d’un plafond à poutres métalliques et entrevous en brique porté par une structure de poteaux de fonte positionnés au niveau du foyer du four central. Au même niveau se trouvent d’anciennes fosses à charbon.

Au-dessus, la halle proprement-dite est dotée d'une imposante charpente en bois apparente, soutenue par des consoles de bois appuyées sur les murs périphériques et reposant au centre de la halle sur une structure métallique constituée de poteaux en fonte reliés en eux par des poutres métalliques.

Le centre de la halle est occupé par un imposant four circulaire à 12 pots en brique réfractaire. Celui-ci est complété par une série de trois fours plus petits et plus récents installés en périphérie Sud de la halle, dans des constructions en appentis. La halle abrite également deux tunnels ou arches à recuire et plusieurs machines à flaconner.

Son accès principal, côté Nord est conservé mais agrandi pour les besoins de la fabrication et complété par de nouvelles ouvertures côté Sud.

Sur le site industriel se trouvent également des ateliers (polissage, taille, moulerie), les bureaux et magasins, dont celui de la moulerie.

  • Murs
    • brique
  • Toits
    ardoise, tuile mécanique
  • Étages
    sous-sol, en rez-de-chaussée, étage en surcroît
  • Couvrements
    • charpente mixte apparente
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit en pavillon lanterneau
    • toit à longs pans pignon couvert
  • Énergies
    • énergie hydraulique produite sur place
  • Typologies
  • État de conservation
    établissement industriel désaffecté, menacé, vestiges
  • Statut de la propriété
    propriété d'une personne privée
  • Protections
    inscrit MH, 2003/07/31

Documents d'archives

  • AD Seine-Maritime. Série M. Sous-série 5M : 5 M 638. Bâtiments insalubres et dangereux.

    Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : 5M 638
    Arrêté préfectoral autorisant l'installation de la verrerie, 16 septembre 1882.

Documents multimédia

  • SEBESTIK, Miroslav. Les derniers verriers. Pathé télévision, France 3 Normandie, Gaumont-Pathé Archives, La Maison du doc, 2002, 52 mn.

Date(s) d'enquête : 1986; Date(s) de rédaction : 1994, 2002, 2003
(c) Région Normandie - Inventaire général
Real Emmanuelle
Real Emmanuelle

Chargée de recherches à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, depuis 1992. Spécialité : patrimoine industriel.

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