Dossier d’œuvre architecture IA00022767 | Réalisé par
Benoît-Cattin Renaud (Contributeur)
Benoît-Cattin Renaud

Conservateur, chercheur, service de l'Inventaire du Patrimoine Haute-Normandie 1980-1990.

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Chéron Philippe (Contributeur)
Chéron Philippe

Ingénieur d'études DRAC Haute-Normandie, puis ingénieur territorial Région Normandie. Chargé d'études à l'Inventaire général du patrimoine culturel depuis 1991.

Spécialités : vitrail, patrimoine rural, construction navale, patrimoine militaire (fortifications du mur de l'Atlantique), patrimoine aéronautique, patrimoine commémoratif.

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  • inventaire topographique
  • enquête thématique régionale, monuments et objets en lien avec la guerre de 1870-1871
  • inventaire topographique, canton de Routot
monument aux morts et monument funéraire dit du Mobile (Guerre de 1870-1871)
Œuvre étudiée
Auteur
  • Chéron Philippe
    Chéron Philippe

    Ingénieur d'études DRAC Haute-Normandie, puis ingénieur territorial Région Normandie. Chargé d'études à l'Inventaire général du patrimoine culturel depuis 1991.

    Spécialités : vitrail, patrimoine rural, construction navale, patrimoine militaire (fortifications du mur de l'Atlantique), patrimoine aéronautique, patrimoine commémoratif.

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Copyright
  • (c) Région Normandie - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Eure - Routot
  • Commune Saint-Ouen-de-Thouberville
  • Lieu-dit La Maison Brûlée
  • Cadastre 2009 E 115 Dernière mise à jour : 26/04/2019
  • Dénominations
    monument aux morts, monument funéraire
  • Précision dénomination
    monument commémoratif
  • Appellations
    du Mobile, de la guerre de 1870-1871

Le monument dit "monument du Mobile" commémore les combats livrés entre le 30 décembre 1870 et le 4 janvier 1871 par les soldats placés sous le commandement du général Roy lors de sa tentative pour reprendre Rouen. La journée du 4 janvier 1871 est particulièrement désastreuse pour les troupes françaises. La contre-attaque ennemie permet de reprendre le château Robert le Diable, de mettre en fuite les troupes massées à Saint-Ouen-de-Thouberville et de pousser l'avantage jusqu'à Bourgtheroulde et Bourg-Achard. Dans le secteur Moulineaux, Saint-Ouen-de-Thouberville et la Maison Brûlée, les Prussiens s'emparent de quatre canons, d'une voiture de munitions et font 350 prisonniers.

Sous l'impulsion de personnalités politiques et militaires, telles l'amiral et conseiller général Roncière le Noury, un comité de souscription est constitué en 1872. L'architecte parisien Léon Dupré dessine le projet d'ensemble, la partie statuaire étant confiée au sculpteur Aimé Millet. Dupré et Millet présentent plusieurs projets, mais le choix du terrain sur lequel doit être installé le monument commémoratif n'est pas encore totalement déterminé. Le comité, présidé par A. Power, maire de Saint-Ouen-de-Thouberville, impose le département de l'Eure, en raison de l'engagement de ce département dans les combats du château Robert et de la subvention conséquente versée par le Conseil général de l'Eure. M. Delaville, maire de la commune de la Bouille, offre donc un terrain de sa propriété sise à Saint-Ouen-de-Thouberville, déterminant l'emplacement définitif et idéal du futur monument. Selon les dires de Georges Dubosc (Bibl.), le sculpteur Aimé Millet avait prévu à l'origine un monument "plus intime". Mais l'endroit "absolument découvert, dominant complètement le cours de la Seine" l'incite à proposer un projet plus imposant.

La souscription nationale rapporte 30 000 francs, somme située bien au-delà de la prévision établie par Millet : 17 200 francs. Une médaille représentant la statue de Millet, gravée pas Emile Soldi est émise à cette occasion. L'Etat et le Conseil général de l'Eure ont voté des subventions conséquentes, auxquelles sont venues s'ajouter des versements en provenance des préfectures de la Loire-Inférieure, de l'Ardèche, des Landes et du Calvados. La statue et sa fonte, confiée à Charles Matifat, représentent à elles seules un tiers du budget. L'œuvre est présentée devant le Palais de l'Industrie pendant toute la durée du Salon de 1873.

L'inauguration a un retentissement national considérable. Le 18 Juin 1873, 20 à 30 000 personnes assistent à la cérémonie en présence de personnalités, dont de nombreux généraux et amiraux, du cardinal de Bonnechose, des évêques d'Evreux et de Bayeux, des députés des départements concernés. Parallèlement, un monument similaire est inauguré en Ardèche, à Annonay, qui rappelle l'engagement des bataillons de la Garde nationale mobile de l'Ardèche, tant dans l'est que dans l'ouest de la France.

Le 26 octobre 1876, sont transférés dans le caveau, construit dès l'origine sous le monument, les soldats français inhumés aux cimetières de La Bouille (quatre cercueils, cinq ou six corps) et de Moulineaux (huit cercueils, douze corps). Un soldat isolé de la Trinité-de-Thouberville rejoindra également ce lieu. En 1877, Dehayes de Marcère (Bibl.). évoque en tout vingt-et-un corps placés sous le monument. La grille est posée cette même année.

Le monument du Mobile sera le centre de manifestations patriotiques très suivies pendant de nombreuses années.

Vers 1912 est ajouté un médaillon en bronze représentant une version agrandie du revers de la médaille commémorative de 1870-1871 (loi du 9 novembre 1911).

Inscrit monument historique en 2022, une campagne de restauration du site et du monument sont initiés en 2023.

  • Période(s)
    • Principale : 3e quart 19e siècle
  • Dates
    • 1873, porte la date, daté par source
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Dupré Léon
      Dupré Léon

      Architecte. Né de parents français Élève 22 octobre 1824 à La Nouvelle-Orléans (Louisiane). Elève de Labrouste à l’École des beaux-arts (promotion de 1848). Au cours de sa carrière, il a été architecte diocésain du département de l’Hérault, inspecteur de la Ville de Paris (1874), inspecteur des bâtiments civils (1879) sur les travaux de la bibliothèque de l’Arsenal, de l’Opéra comique, du ministère de l’Intérieur. Il a été attaché à la Compagnie des chemins de fer Paris-Lyon-Marseille et fut aussi expert auprès de la justice de paix pour le 8e arrondissement à Paris. Léon Dupré fut l’architecte de la cathédrale de Montpellier (1881), du Journal officiel (1888), de la Maison centrale de Clermont-sur-Oise (1891), de l’asile Vacas y à Saint-Maurice (1900). Il a élevé plusieurs tombeaux et monuments commémoratifs (cimetières Montmartre et Père-Lachaise, tombeau du général Laumière à Mexico).Chevalier de la Légion d’honneur en 1914, Officier en 1912. Il a habité 22 rue Pigalle et 42 rue de Miromesnil à Paris. 

      Source : CTHS - DUPRÉ Léon Thomas

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    • Auteur :
      Millet Aimé
      Millet Aimé

      Sculpteur, médailleur et peintre parisien, 19e siècle.

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    • Auteur :
      Matifat Charles
      Matifat Charles

      Fondeur à Paris. L’un des fondeurs d’art les plus en vue à Paris au milieu du XIXe siècle, Charles Stanislas Matifat fut élève de l’orfèvre Antoine Vechte. Vers 1840, il succède à son père à la direction de l’entreprise familiale fondée en 1820, 9 rue de la Perle, à Paris. Exposant à l’Exposition Nationale de l’Industrie de 1849, il se voit décerner une médaille d’argent. En 1851, à l’Exposition Universelle de Londres, il expose (N° 923 de la section française), “Pendules, chandeliers et plusieurs articles de bronze”, pour citer le catalogue officiel. En 1853, le rédacteur du catalogue de l’exposition de Dublin de cette année dit de Matifat que “son goût le place parmi les meilleurs des bronziers parisiens”. En dehors de sa production de vases, lustres, fontaines et d’autres objets de petite taille, Matifat a également eu une activité de fondeur monumental. Il fabrique la statue du Général Daumesnil (1873) à Vincennes ; deux groupes de bronze destinés à la fontaine de l’Observatoire à Paris : les Quatre parties du monde sur un modèle de Carpeaux ; un groupe animalier (chevaux, dauphins, tortues) de Frémiet. Matifat est également l’auteur d’une œuvre monumentale en fonte réalisée d’après un modèle en plâtre envoyé de Rome par Allar : l’Enfant des Abruzzes. Plusieurs des lampadaires du grand escalier de l’Opéra de Charles Garnier sont également de sa production.

      Source : e-monum.net

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    • Auteur :
      Champagne Ch
      Champagne Ch

      Entrepreneur. Monument du Mobile à Saint-Ouen-de-Thouberville (Eure), 1873.

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      entrepreneur signature

Le socle et piédestal quadrangulaires soutiennent une colonne pyramidale tronquée, en pierre de taille à tableaux de brique, coiffée d'un chapiteau sur lequel est placée la statue de bronze. Le monument est ceint depuis l'origine d'une barrière métallique et entouré par une haie. On y accède par un portail dont les piliers lancettés sont ornés de croix pattées.

De Marcère précise (Bibl.) : "Les 6 soldats français enterrés dans le cimetière de La Bouille (...) ; les corps de 12 militaires français inhumés dans des propriétés particulières de cette commune [Moulineaux] ont été transférés dans le caveau pratiqué sous le monument funéraire élevé à Saint-Ouen-de-Thouberville (Eure)" .

inscriptions :

Statue, terrasse : AIMÉ MILLET SC / MVCCCLXXIII / C . MATIFAT . FONDEUR . A . PARIS . 1873 .

Piédestal, colonne, face principale : HONNEUR ET PATRIE / ARDECHE / GARDES MOBILES / EURE

Piédestal, colonne, face principale ; couronne : SOUVENIR / DES / ANCIENS MILITAIRES / DE CAUDEBEC / LES-ELBEUF / LE 25 MARS 187 [7 ?]

Piédestal, colonne, face principale, médaillon bronze reprenant le revers de la médaille commémorative de 1870-1871 (parue fin 1911) : 1870 1871 / AUX DÉFENSEURS / DE LA PATRIE / [drapeau régimentaire] : HONNEUR ET PATRIE

Piédestal, colonne, face latérale droite : LANDES GARDES MOBILES / LOIRE-INFERIEURE / GARDES MOBILES / BASSES-PYRENEES / COTES DU NORD – MORBIHAN / GARDES MOBILES ARTILLERIE

Piédestal, colonne, face latérale gauche : GENDARMERIE / DOUANIERS – MARINS /12e CHASSEURS A CHEVAL / SEINE-INFERIEURE / MOBILISES D’ELBEUF / CALVADOS / MOBILISES

Piédestal, colonne, face latérale gauche, couronne : SOCIÉTÉ DES ANCIENS MILITAIRES D'ELBEUF / RÉPUBLIQUE FRANÇAISE /HONNEUR & PATRIE / 23 JUIN 1878

Piédestal, colonne, face postérieure : CHARENTE-INFERIEURE / CALVADOS / FRANCS-TIREURS / EURE-ET-LOIR / SEINE EURE / SEINE ET OISE / SEINE-INFERIEURE / PUY-DE-DOME / FRANCS-TIREURS

Piédestal, colonne, face postérieure, couronne : VOLONTAIRES / DE / 1870-1871

Piédestal, corniche, face principale : ELEVE PAR SOUSCRIPTION / 1872 ; CE MONUMENT / EST ERIGE A LA MEMOIRE / DE CEUX QUI SONT VENUS MOURIR ICI / POUR LA DEFENSE DE LA PATRIE / 1870-1871 / IL RENFERME LEURS RESTES MORTELS / REQUIESCANT IN PACE ; INAUGURE LE 18 JUIN / 1873

Médaillon bronze : 1870-1871 . sur le drapeau : HONNEUR ET PATRIE ; cartouche : AUX DEFENSEURS / DE LA PATRIE

LEON DUPRE ARCHE / AIME MILLET SCR / Ch CHAMPAGNE ENTR

Sur plaques marbre : noms de 109 soldats tués en Seine-Inférieure et dans l'Eure.

  • Plans
    plan carré régulier
  • Typologies
    patrimoine en lien avec la guerre de 1870-1871
  • Techniques
    • sculpture
  • Représentations
    • soldat
    • palme
    • couronne de laurier
    • croix pattée
    • ornement végétal, houx, laurier
    • trophée
  • Précision représentations

    Statue : Mobile en pied, entièrement équipé, appuyé sur son fusil. Son attitude ferme mais décontractée emprunte beaucoup aux soldats popularisés par l'illustrateur et peintre Alphonse de Neuville (1835-1885).

    Médaillon de bronze : bas-relief représentant un trophée d'armes composé de sabres et de baïonnettes, de fusils et de canons, d'un drapeau régimentaire orné de sa cravate, d'un tambour, d'un clairon et d'une ancre.

  • Mesures
    • h : 670 centimètre
    • h : 185 centimètre (statue seule)
  • Statut de la propriété
    propriété publique
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Protections
    inscrit MH, 2022/07/29