Dossier d’œuvre architecture IA00021450 | Réalisé par ;
Pottier Gaëlle (Contributeur)
Pottier Gaëlle

Chercheuse associée au Parc naturel des Boucles de la Seine Normande depuis 2014, en charge de l'inventaire du patrimoine bâti et des éléments de paysage associés.

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  • inventaire topographique, canton de Caudebec-en-Caux
  • inventaire topographique, boucles de la Seine normande
château de Beaumesnil, dit château de Villequier
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande
  • (c) Région Normandie - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Caux Vallée de Seine - Port-Jérôme-sur-Seine
  • Commune Rives-en-Seine
  • Lieu-dit Château de Villequier, Villequier
  • Adresse 71 route des châteaux
  • Cadastre 1818 B (2e feuille) 150 à 200 cadastre napoléonien ; 169 AE 49  ; 2022 AE 232, 243 parcelles bâties ; 2022 AE 15 à 20 ; 48 à 50 ; 158 ; 174 ; 231 ; 247 à 251 parcelles du parc sur les hauteurs et des boisements en contrebas du château
  • Précisions commune fusionnée après inventaire Villequier

C’est sur le plateau agricole qu’est née la seigneurie de Villequier puisque le manoir initial et la chapelle Saint-Jean-Baptiste, édifiés par Robert de Villequier en 1162, se situaient tous deux au hameau des Coudréaux, qui désigne un lieu planté de coudriers (ou noisetiers). Le domaine de Villequier-Beaumesnil, s’étendant sur une centaine d’hectares sur le rebord du plateau, fut constitué à l’occasion du mariage de Jeanne de Villequier avec Robert d’Harcourt en 1260. Le premier château fort édifié par Simon III de Monfort, comte d’Évreux, sur la seigneurie de La Guerche, se situait alors sur la paroisse de Saint-Arnoult. Ces deux châteaux primitifs, de La Guerche et des Coudréaux, furent détruits entre 1419 et 1462 au cours de la guerre de Cent Ans.

Le nom Beaumesnil a été apporté du pays d’Ouche dans l’Eure par Robert d’Harcourt qui épousa Jeanne de Villequier à la fin du 13e siècle. En 1774, Jean-François Asselin, baron de Villequier, achète un lot de 120 000 briques pour remplacer un château antérieur détruit dans un incendie en 1763. La nouvelle demeure en brique artisanale et chaînages en pierre de taille est achevée 10 ans plus tard. De 1866 à 1879, le château fut habité par une Madame Musard qui le fit restaurer, puis par le baron Acher de Mongascon qui en resta propriétaire jusqu’en 1920. Il fut alors acquis par Albert Dubosc, originaire du Havre, qui entreprit d’importants travaux de restauration et d’aménagement, notamment la création d’une terrasse surplombant la boucle de Brotonne à 110 mètres de haut. Après son occupation pendant la Seconde Guerre mondiale, le château est transmis à Mme Comar, épouse de Fernand Legrand, propriétaire du palais de la Bénédictine à Fécamp. En 1957, le groupe Péchiney-Saint Gobain acquiert le château de Villequier pour en faire une colonie de vacances pour les enfants de son personnel. Le domaine se compose alors d’un vaste parc de 19 hectares planté d’arbres remarquables et composé de prairies, d’espaces boisés, d’un grand potager, d’un poulailler avec volière et de serres. De nombreux bâtiments accompagnent le château : plusieurs communs du 18e siècle, dont un colombier circulaire de 50 m2, une chapelle du 19e  siècle, un grand pavillon dit « la Petite Normandie », la maison du gardien et du jardinier, deux autres pavillons plus petits, une station de pompage et un château d’eau autonome en contrebas de la propriété. L’ensemble du site est classé le 13 mai 1958.

Après plusieurs changements de propriétaire dans la première moitié du 20e siècle, le château de Beaumesnil trouva un second souffle en 1974 sous l'impulsion de Maurice Lalonde, qui tenait déjà l’hôtel de la Marine à Caudebec-en-Caux. Il transforme alors le château en hôtel de luxe tandis qu’il aménage une vaste salle de restaurant panoramique à l’emplacement de la terrasse. Cet établissement réputé a organisé de grandes réceptions jusqu’en 2007. Pour redonner au domaine son lustre d’antan et au château sa configuration d’origine, des travaux d’ampleur sont menés par le nouveau propriétaire qui a replanté les allées du Parc et supprimé la salle panoramique de l’ancien restaurant.

Courant 2025, le propriétaire actuel a dû engager un remaniement total de la bâtisse, consécutif à la détection de mérule dans les éléments de charpente et les boiseries intérieures. Un important programme de travaux a été réalisé par l'entreprise de déconstruction Demosten (agence Seine Normandie) pour déposer tous les éléments en bois qui étaient infectés (courant 2025) :

- désamiantage des éléments pollués en intérieur et extérieur (baies vitrées, cuisine annexe)

- curage du bâtiment et démolition des annexes (salle de réception, cuisine) construites lors de la transformation du domaine en résidence-hôtelière

- curage-démolition des planchers à tous les étages

- levage des charpentes

Les travaux se poursuivent pour reconstituer la charpente à l'identique et restituer l'élévation de la façade sud dans son aspect d'origine.

Parmi les nombreuses résidences nobles que compte Villequier, le château de Beaumesnil édifié en bordure du plateau surplombant le village de Villequier, offre l'un des plus beaux points de vue sur le fleuve et la boucle de Brotonne.

Le château prend place au sein d'un parc paysager de plusieurs hectares planté d'arbres remarquables, agrémenté d'allées de buis et contenant les dépendances historiques du château : colombier, communs, chapelle, maison du gardien...

Le logis s'élève sur un étage carré et un étage ménagé dans l'espace du comble mansardé. La croupe à brisis, couverte en ardoise, est éclairée sur toute sa longueur par une série de lucarnes mansardes. Le corps principal, maçonné en brique et chaînages en pierre de taille avec effet de bossage, est encadré de manière symétrique par deux ailes en retour. La partie centrale, en légère saillie, est entièrement appareillée en pierre de taille calcaire et surmontée par un fronton triangulaire portant les armoiries de la famille Asselin de Villequier. Cette partie centrale est elle-même couronnée par un lanternon en bois couvert en ardoise. Les baies du rez-de-chaussée sont en plein cintre et celles de l'étage légèrement cintrées.

La maison de gardien est construite dans l'esprit des "fabriques" du 19e siècle, en rusticage (faux pan de bois en ciment texturé) sur un soubassement en brique, avec galandage en brique partiellement couvert d'un enduit projeté (type enduit à la tyrolienne) sur la partie à étage et blocage en silex sur la partie en rez-de-chaussée. Les toits à longs pans sont couvert en tuiles plates.

  • Murs
    • calcaire pierre de taille bossage
    • brique pierre avec brique en remplissage
  • Toits
    ardoise, tuile plate
  • Plans
    plan symétrique
  • Étages
    1 étage carré, étage de comble
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • toit à longs pans brisés croupe
    • toit à longs pans pignon couvert
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre
  • Jardins
    arbre isolé, groupe d'arbres, parterre
  • Techniques
    • sculpture
  • Représentations
    • armoiries
  • Précision représentations

    Blasons de la famille Asselin de Villequier

  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Sites de protection
    site classé, site inscrit, parc naturel régional
  • Précisions sur la protection

    Site classé en 1958 et inscrit en 1972.

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Documents d'archives

  • AD Seine-Maritime. Série P ; sous-série 3P4 : 3P4_4_85. Villequier, section B du Bas (2e feuille), 1818.

    Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : 3P4_4_85
  • AD Seine-Maritime. Série S ; Sous-série 7S : 7 S SUP/2/ 3. Bassin de Radicatel dont rivières de Radicatel et Tancarville et affluents, et bassin de la Seine dont ruisseau de la Fontaine du Nord (1861).

    Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : 7 S SUP/2/ 3

Bibliographie

  • POTTIER, Gaëlle. Rives-en-seine : Villequier, Caudebec-en-Caux, Saint-Wandrille-Rançon (Au fil des patrimoines). Notre-Dame-de-Bliquetuit : Ethnothèque, musée des Boucles de la Seine Normande, juin 2025. 96 pages.

    Parc naturel régional des Boucles de la Seine normande
Date(s) d'enquête : 1975; Date(s) de rédaction : 1980, 2024
(c) Région Normandie - Inventaire général
(c) Parc naturel Régional des Boucles de la Seine Normande
Pottier Gaëlle
Pottier Gaëlle

Chercheuse associée au Parc naturel des Boucles de la Seine Normande depuis 2014, en charge de l'inventaire du patrimoine bâti et des éléments de paysage associés.

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