Dossier d’œuvre architecture IA00021376 | Réalisé par
Pottier Gaëlle (Rédacteur)
Pottier Gaëlle

Chercheuse associée au Parc naturel des Boucles de la Seine Normande depuis 2014, en charge de l'inventaire du patrimoine bâti et des éléments de paysage associés.

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  • inventaire topographique, boucles de la Seine normande
ferme-manoir de la Côte, actuellement Maison du Parc
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Caux Seine Agglo - Port-Jérôme-sur-Seine
  • Commune Notre-Dame-de-Bliquetuit
  • Lieu-dit La Côte
  • Adresse rue du Petit Pont
  • Cadastre 2019 ZC 46 Manoir, colombier et dépendances ; 2019 ZC 48 Ancienne chaumière, actuellement dite "maison des stagiaires" ; 2019 ZC 219 Pressoir ; 2019 ZC 220 Charretterie ; 2019 ZC 54 Extension des années 1990 et mur de clôture du potager ; 1821 B 195 à 208 cadastre napoléonien
  • Dénominations
    manoir, ferme
  • Appellations
    Maison du Parc
  • Destinations
    siège d'association ou d'organisation
  • Parties constituantes non étudiées
    four à pain, colombier, cour, puits, étable, grange

Le nom de cette ferme, appelée "ferme de la Côte", vient du titre de ses propriétaires connus depuis le 18e siècle : Charles Delahaye, sieur de la Côte et d’Amfreville, est cité en 1718. Sur le plan de Jubert dressé en 1723, la propriété est identifiée à l'aide de la lettre O comme la "Maison du sieur de la Côte" qui appartenait alors à Joseph Delahaye (mort en 1738 à ND de Bliquetuit). A la veille de la Révolution française, la ferme était entre les mains de Pierre-Philibert Marescot, marié à Marie-Adelaïde Touzé et également maire de Bliquetuit.

Le corps de ferme a conservé son activité agricole jusqu'au début des années 1980. En 1942, il appartenait à Mme Touflet Dumesnil, veuve de M. Turban qui le louait à ferme à M. Léveillard. En 1988, le syndicat mixte du Parc naturel régional de Brotonne achète la propriété pour y installer ses bureaux. Avant d'ouvrir officiellement ses portes en 1992, le Parc engage des travaux de réhabilitation qui permettent de sauvegarder le corps de ferme, tout en tirant parti des bâtiments existants et en plaçant les bâtiments neufs à l’arrière du manoir.

Le Parc de Brotonne a changé d'appellation au début des années 2000, devenant le Parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande. De nouveaux travaux de rénovation thermique des locaux avec une extension contemporaine à l’arrière de la charreterie ont démarré en 2020.

Ce corps de ferme comporte un grand nombre de bâtiments aux fonctions spécialisées (manoir, grange, pressoir, colombier, four à pain…), ce qui indique qu’il s’agissait d’une ferme de grande taille comme il y en a assez peu dans la presqu’île de Brotonne (terres alluvionnaires beaucoup plus pauvres que les terres limoneuses des plateaux du pays de Caux ou du Roumois), permettant à ses habitants d’y vivre en semie autarcie.

- le bâtiment principal est le manoir dont l’origine remonte à la limite du 15e siècle et du 16e siècle, autrefois résidence du propriétaire des lieux : cette habitation noble se distingue par son élévation sur un étage complet et un étage de comble. La façade principale, entièrement en pan de bois, est animée par un encorbellement mouluré qui se déploie sur toute sa longueur entre le rez-de-chaussée et l'étage, soutenu par une série de corbeaux. Des croix de Saint André sont placées au niveau des allèges de fenêtres tandis que certaines pièces sont placées en écharpes. Les portes d'entrée sont également surmontées d'un linteau mouluré. Le pignon ouest, donnant sur la route principale, est entièrement appareillé en pierre de taille tandis que le pignon est, placé à l'extrémité d'une partie remaniée et agrandie aux 18e et 19e siècles, est maçonné en moellons calcaire et chaînages de brique. Les combles sont éclairés par trois petites lucarnes et la toiture en croupe est couverte en tuiles plates.

- un colombier bi-fonctionnel à deux niveaux comportant une cave semi-enterrée et voûtée en brique et un pigeonnier circulaire surélevé, auquel on accède par un petit escalier extérieur : construit en brique, il s'élève sur une sur une base octogonale en pierre. La date de 1815 (accompagnée de l'inscription "Fait par ALIN") est gravée sur la clé de voûte de la cave, indiquant probablement une restauration postérieure à la Révolution française qui a aboli le droit de colombier (au même titre que les autres privilèges seigneuriaux). La paroi intérieure est dépourvue de boulins (peut-être étaient-ils en terre crue ?), ce qui peut nous interroger sur sa fonction de colombier. Un escalier tournant était probablement annexé à l'arbre central. Le toit conique, autrefois couvert en chaume, a été recouvert de tuiles plates par Fernand Salliot, couvreur, en 1950 (inscription gravée sur l'épi de faîtage en zinc).

- une charreterie en charpente de la fin 18e siècle, construite en prolongement du manoir, a été reliée à celui-ci au moment de l’aménagement des nouveaux locaux de la Maison du Parc. Celle-ci présente trois arcades en arc déprimé surmonté d'un comble à surcroît auquel on accédait par une lucarne centrale pendante. La toiture en croupe est couverte en tuiles plates.

- une seconde charreterie, postérieure à celle du manoir, datant de la fin du 19e siècle et construite en moellons calcaire et chaînages de brique sur un soubassement en silex. La partie en charpente a été fermée avec un bardage extérieur en bois. La toiture en croupe est couverte de tôle ondulée. Celle-ci était utilisée pour entreposer les charrettes, banneaux, voitures et matériel de labour…

- un long bâtiment mesurant environ 45 mètres de long, servant à la fois d'étable, de grange et de poulailler : construit en pan de bois, il repose sur un soubassement en pierre de taille calcaire et partiellement en brique ; l'entre-colombage est constitué d'un blocage de moellons calcaire hourdi de plâtre, appelé localement "plâtré" qui se prête facilement à l'incision de graffitis (bateaux, cerfs) visibles sur le pignon sud servant de poulailler. De ce côté, de petites trappes ménagées au niveau du soubassement servaient à l’entrée et la sortie des volailles.

- un four à pain datant du XVIIIe siècle : ce bâtiment très spécialisé est caractéristique des grandes fermes employant une main d’œuvre nombreuse. Le puits abrité sous l'avancée en charpente apportait l'alimentation en eau nécessaire à la fabrication du pain. La farine était probablement fournie par le moulin des Bruyères qui était implanté à Notre-Dame de Bliquetuit jusqu’au début du 20e siècle.

- en tout, quatre puits assuraient l’approvisionnement en eau de cette grande ferme : le premier se trouve à proximité du four à pain, le second à l'arrière du manoir au niveau de l'ancien potager, le troisième à proximité du l'ancienne maison du fermier, le quatrième à l'intérieur du pressoir.

- un pressoir datant probablement du 17e siècle, composé d’un grenier pour entreposer les pommes, une partie cellier semi-enterrée pour mettre les barriques, un espace pour loger la tour ou l’auge à piler pour broyer les pommes et un autre pour l’outil-pressoir ou presse à longue étreinte pour en extraire le jus. Le bâtiment autrefois de forme rectangulaire est construit en pan de bois sur un soubassement en pierre calcaire. Il a été agrandi par une aile plus basse (visible par un décrochement au niveau de la toiture) aménagée par le Parc pour y placer la presse à longue étreinte rapportée de Theuvray dans l'Eure. La porte du cellier est surmontée d'une double croix de Saint-André. Une grande partie de l'entre-colombages a été refait en torchis dans le cadre des stages de démonstration de savoir-faire organisés par le Parc.

- la maison du fermier datant du 17e siècle : autrefois couverte en chaume, elle présente les caractéristiques de la chaumière traditionnelle avec juxtaposition de l’habitat du fermier et de l’étable. Elle est construite en pan de bois assez serré reposant sur un soubassement en pierre. L'étage de comble est éclairé par deux petites lucarnes et couvert d'un toit à longs pans en ardoise terminé sur le pignon ouest par une queue-de-geai abritant un escalier extérieur.

Plusieurs bâtiments ont disparu au cours du 20e siècle : des écuries qui se situaient en prolongement de la charretterie du manoir et une bergerie au centre du verger, probablement abandonnée à l'époque où l'élevage de vaches laitières a concurrencé celui des moutons.

L'ancien corps de ferme se signale depuis la route principale par un portail d’entrée monumental composé de deux piliers carrés maçonnés en pierre de taille (17e siècle), surmontés d'une boule, indiquant l’importance de la ferme.

Certains espaces sont séparés par des murs de clôture : ceux de l'ancien potager sont construits en bauge sur un soubassement en pierre calcaire. La porte d'accès, ménagée à l'intérieur de ce mur, porte la date de "1788" ainsi que les initiales des deux propriétaires de l'époque : Pierre-Philibert Marescot et Marie-Adélaïde Touzé. Du côté du pressoir, les murs en bauge ont été remontés dans le cadre des stages de démonstration de savoir-faire.

D'autres espaces sont séparés par des haies d'essences locales entretenues ou replantées par le Parc, notamment une haie à houx à l'arrière de la maison du fermier et une haie plessée sur les hauteurs. Quelques arbres anciens ont été repérés (charme, chêne, aubépine, etc.) en tant qu'éléments de paysage associés et un verger haute-tige, géré en partenariat avec l'association pomologique de Normandie, est planté de variétés anciennes de pommiers à cidre et à couteau. La mare actuelle a été créée récemment à des fins pédagogiques.

Enfin, un four gallo-romain a été reconstitué en 2005 par le Groupe Archéologique du Val de Seine.

  • Murs
    • bois pan de bois enduit partiel
    • calcaire moellon
    • calcaire pierre de taille
    • brique brique avec pierre en remplissage
    • plâtre
    • torchis
  • Toits
    ardoise, tuile plate, tôle ondulée
  • Étages
    1 étage carré, étage de comble, sous-sol
  • Couvertures
    • toit à longs pans croupe
    • toit à longs pans pignon couvert
    • toit conique
    • toit à longs pans demi-croupe
  • Techniques
    • sculpture
  • Représentations
  • Précision représentations

    Graffiti

  • Statut de la propriété
    propriété d'un établissement public
  • Sites de protection
    site inscrit, parc naturel régional
  • Protections

  • Précisions sur la protection

    site inscrit : 1972

Image non consultable
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Documents d'archives

  • AD Seine-Maritime. 203J 1-57 : Chartrier de l'ancien marquisat de La Mailleraye-sur-Seine

    Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : 203J 1-57
    203J 56 : cartes et plans (1697-1945)
  • Archives nationales. CP/N/I/Seine-Maritime/1 : carte du chasteau de La Mailleraye et de ses environs à une lieue à la ronde, levée par l'ordre de Monseigneur le duc d'Harcourt en l'année 1723 par Jubert, ingénieur géographe

    Archives nationales, Paris : CP/N/I/Seine-Maritime/1
  • AD Seine-Maritime. Série P ; sous-série 3P4 : 3P4 433. Notre-Dame-de-Bliquetuit, section B, 1821.

    Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen : 3P4 433

Bibliographie

  • DUVAL, Denise. DUVAL Marie-Claire. Manoirs et châteaux au fil de l'eau : vallées de la Risle, de la Charentonne et du Guiel. Éditions Charles Corlet, 1996.

    Bibliothèque nationale de France
    p.153 : "la Maison du Parc de Brotonne"
Date(s) d'enquête : 1975; Date(s) de rédaction : 2020
(c) Région Normandie - Inventaire général
(c) Parc naturel Régional des Boucles de la Seine Normande
Pottier Gaëlle
Pottier Gaëlle

Chercheuse associée au Parc naturel des Boucles de la Seine Normande depuis 2014, en charge de l'inventaire du patrimoine bâti et des éléments de paysage associés.

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