Dossier d’œuvre architecture IA00017587 | Réalisé par
Real Emmanuelle (Contributeur)
Real Emmanuelle

Chargée de recherches à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, depuis 1992. Spécialité : patrimoine industriel.

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  • patrimoine industriel, patrimoine industriel de l'Eure
  • patrimoine industriel, patrimoine industriel protégé MH
Moulin à roue pendante, dit moulin à blé de Muids
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Normandie - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Eure - Louviers
  • Hydrographies la Seine
  • Commune Muids
  • Lieu-dit le Bout de la Ville
  • Cadastre 1953 F 689
  • Dénominations
    moulin à blé
  • Précision dénomination
    moulin à blé à roue pendante
  • Destinations
    maison
  • Parties constituantes non étudiées
    atelier de fabrication, logement

Le moulin à roue pendante de Muids est attesté en 1454 dans un procès-verbal de pêche, mais remonte vraisemblablement à une époque antérieure. D’après la tradition orale, il aurait été bâti, en même temps que Château-Gaillard, sur ordres de Richard Cœur-de-Lion comme les moulins voisins d’Andé et de Connelles, pour moudre le blé nécessaire à ses armées.

La chambre farinière, dite encore de meunerie, qui se trouve au-dessus de la roue et qui abritait la paire de meule est une reconstruction en pan de bois plus tardive, remontant au 17e ou 18e siècle.

Au milieu du 19e siècle, un petit bâtiment de brique est accolé au moulin pour abriter une machine à vapeur auxiliaire chargée de suppléer la roue lors des périodes de basses eaux et éviter l’arrêt du moulin. Cette machine est toujours en place au moment de l’enquête. A contrario, la roue pendante et son mécanisme en bois, par trop vétustes, ont disparu au début des années 1950. Des vestiges retrouvés lors de prospections en Seine sont exposés dans le jardin.

Le moulin est inscrit à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 1995 et un projet de reconstitution de la roue est envisagé suite à la protection du site.

Le moulin de Muids a inspiré certains artistes : il est évoqué notamment dans le Tome 2 des Chroniques de Guy de Maupassant et fut pris comme modèle par le peintre impressionniste américain Aston Knight pour un tableau de paysage pittoresque réalisé en 1895.

  • Période(s)
    • Principale : 15e siècle , daté par travaux historiques
    • Principale : 17e siècle , daté par travaux historiques
    • Principale : 18e siècle , daté par travaux historiques
    • Principale : milieu 19e siècle , daté par travaux historiques

Le moulin de Muids est établi sur un bras secondaire de la Seine. C’est un moulin de type « à roue pendante », c’est-à-dire qu’il est équipé d’une roue verticale mobile placée sous le plancher du moulin contrairement aux moulins traditionnels qui ont leur roue fixe placée sur l’un des côtés du bâtiment. Cette roue est installée dans un cadre horizontal en bois porté par des tirants verticaux également en bois qui coulissent verticalement grâce à des vérins à vis. Ce système permet de lever ou baisser le cadre dans lequel se trouve la roue selon le niveau de l’eau ou selon les besoins du meunier.

Le moulin de Muids repose sur deux fortes piles de pierre calcaire de grand appareil qui s’appuient sur les deux rives et qui possèdent un encorbellement sur leur face interne où prenne appui les contre-fiche de bois qui soutiennent les sommiers du plancher de la chambre farinière. Cet étage bâti en pan de bois et galandage de torchis est une construction plus tardive, datant du 17e ou du 18e siècle. Sa façade Ouest est percée par 4 fenêtres placées côte à côte, afin de maximiser l’éclairage naturel de la pièce, alors qu’il n’en existait qu’une à l’origine. Sa façade Est en comprend deux au même niveau.

La chambre farinière est surmontée d’une haute toiture en ardoise, qui bien que restaurée, a gardé son aspect d’origine à l’Ouest. Elle conserve notamment à cet endroit la présence des anciennes « cheminées de tirants » dans lesquelles les tirants verticaux du cadre en bois portant la roue venaient se loger lorsque la roue était relevée à son maximum. A l’Est, la toiture a été modifiée par un rehaussement général du comble qui est éclairé par une série de fenêtres. Sur la face Nord, une tourelle d’escalier hors œuvre a disparue.

Au Sud, une grande cheminée a été tardivement ajoutée, ainsi qu’un appentis en brique et moellons vers la fin du 19e siècle, pour abriter une machine à vapeur auxiliaire.

Au Nord du moulin, est accolée la maison d’habitation du meunier qui est une construction plus tardive en pan de bois sur un soubassement de moellon et dont les façades ont été largement remaniées notamment au niveau des percements.

L’intérieur du moulin a perdu toute trace de mécanismes anciens. Il subsiste uniquement 4 poteaux de bois déplacés qui soutenait la chambre farinière. Ces poteaux octogonaux à la base et cylindriques en hauteur ont été placé au 19e siècle lorsque le moulin est équipé d’une seconde paire de meule.

  • Murs
    • bois pan de bois
    • calcaire pierre de taille
    • brique
  • Toits
    ardoise
  • Étages
    1 étage carré, étage de comble
  • Couvrements
    • charpente en bois apparente
  • Couvertures
    • toit à longs pans pignon couvert
  • Énergies
    • énergie hydraulique produite sur place
    • énergie thermique produite sur place machine à vapeur à piston
  • État de conservation
    établissement industriel désaffecté
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Éléments remarquables
    atelier de fabrication
  • Protections
    inscrit MH, 1995/01/26
  • Précisions sur la protection

    façades et toitures du moulin ; appentis accolé au pignon sud, y compris la machine à vapeur ; éléments subsistants (en place ou déposés) du mécanisme du moulin ; pertuis situé immédiatement en amont des piles (cad. F 689, 691, 747, 748) : inscription par arrêté du 26 janvier 1995.

Bibliographie

  • JONES, David. Aspects techniques du moulin pendant. In : Cinquième symposium de molinologie, Claye-Souilly, 1982, p. 265-276.

  • JONES, David. Le moulin pendant de la France Septentrionale. In : Cinquième symposium de molinologie, Claye-Souilly, 1982, p. 277-287.

Périodiques

  • COUTIL, Léon. Les vieux moulins de Muids et d'Andé. In : Bulletin de la société d'études diverses de Louviers, 1925-1927.

  • SOREL, Patrick. Les moulins à roue pendante de la Seine. Connaissance de l’Eure, n°99, 1996, p. 28-34.

  • SOREL, Patrick. Les moulin d'Andé et de Muids, visite du 13 avril 1997. Monuments et sites de l'Eure, n° 83, 1997, p. 1-6.

  • Les moulins de la Seine normande de Vernon à la Manche, du 13e au 18e s – moulin ruraux et isolés, moulins à roue pendante, moulins-bateaux (Eure et Seine-Maritime). Dossier spécial, in Moulins de France, n° 78, avril 2009.

Date(s) d'enquête : 1968; Date(s) de rédaction : 1995
(c) Région Normandie - Inventaire général
Real Emmanuelle
Real Emmanuelle

Chargée de recherches à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Haute-Normandie, puis de Normandie, depuis 1992. Spécialité : patrimoine industriel.

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