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présentation de la commune de Mauves-sur-Huisne

Dossier IA61000852 réalisé en 2009

Fiche

Œuvres contenues

Contexte de l'étude

L´inventaire topographique du patrimoine architectural de la commune de Mauves-sur-Huisne a été réalisé en 2009 et 2010. Cette étude a pour finalité d´identifier, de localiser et de documenter les éléments appartenant au patrimoine architectural et de présenter un état des lieux raisonné du patrimoine bâti. Les limites chronologiques sont fixées entre l´an 400 après J. C., et le milieu du 20e siècle. Ce cadre exclut le domaine de la fouille archéologique mais n´écarte pas des formes d´architecture en élévation exceptionnelles, comme, par exemple, les mégalithes ou les oeuvres originales d´architectes contemporains. Par ailleurs, l´inventaire ne rend compte du patrimoine ethnologique ou du patrimoine naturel que dans la mesure où il donne des renseignements sur le bâti. L´inventaire a porté sur l'ensemble des édifices bâtis avant 1950. Les dossiers qui suivent sont classés du général ou thématique (dossier collectif), au particulier. Les édifices uniques ou au contraire représentatifs, à valeur patrimoniale intrinsèque et revêtant un intérêt à l'échelon communal, sont traités dans un dossier individuel. La restitution des données découle de la méthode d'analyse. A chaque élément sélectionné correspond un dossier. Cependant, pour appréhender les familles d'édifices représentés en grand nombre (fermes, maisons), il a été procédé à une sélection raisonnée d'unités à étudier, les caractères communs à chaque famille étant restitués dans le dossier collectif.

Parmi les 84 éléments bâtis recensés (toutes catégories confondues), 35 sont sélectionnés et font l'objet d'un dossier individuel ou d'un dossier ensemble. 326 illustrations et 33 références documentaires (dont 17 documents d'archives) accompagnent les dossiers.

Historique

De l'antiquité à l'époque médiévale

Le territoire communal est habité au moins depuis l'époque gallo-romaine comme l'atteste le site archéologique d'une villa fouillé par M. Dureau de la Malle en 1832 à Arcisse, au nord du bourg. Ce dernier porte le nom de Manves au Moyen Âge (en latin : Manvoe-Arum). Selon l'abbé Fret, Mauves aurait pu être, avant le 12e siècle, un faubourg de l'antique cité de Corbon atteignant son apogée à cette période. La découverte de sarcophages en pierre dans la partie nord du bourg montrerait que ce dernier existe dès l'époque mérovingienne bien qu'aucun historien ne parle de Mauves avant le 12e siècle.

Châtellenie et seigneurie de Mauves

D'après M. de la Sicotière, Mauves est, à l'origine, l'une des quatre châtellenies du Corbonnais. Elle possède un château-fort appartenant aux comtes du Perche qui y séjournent parfois. Parmi eux, les Rotrou ont disposé du fief de Mauves au nombre de leurs domaines. La première mention d'un seigneur sur le territoire communal est celle de Julien, seigneur de Mauves, qui assiste en 1170 à la fondation du monastère du Val-Dieu (à Feings). Le château-fort de Mauves, probablement très imposant, a été assiégé par le roi Louis IX (plus connu sous le nom de Saint Louis) au milieu du 13e siècle. Suite à cette prise de possession par le roi, le comté du Perche est réuni à la couronne de France et Pierre Ier, fils de Saint Louis, devient comte du Perche en 1268. Marguerite de Lorraine, veuve du comte René d´Alençon, fait relever à la fin du 15e siècle les ruines du château des Rotrou pour y construire un manoir. Si on ignore sa date de destruction, Bart des Boulais atteste sa présence en 1610.

Vue d'ensemble du bourg de Mauves.- Gravure, vers 1600, extrait de Vue d'ensemble du bourg de Mauves.- Gravure, vers 1600, extrait de "Histoire locale de Mauves / Ernest Boissière, 1955. (AD. Orne, US 205).

Au 19e siècle, seuls quelques rares vestiges (tertre, quelques pavés émaillés) ont été retrouvés et certains ont été réemployés comme des fragments de colonnes, entre autres, à l´entrée de la rue Chinoise. Une maison, construite en 1768 à proximité de l'emplacement de l'ancien château, remploie également des matériaux du manoir. Dans la seconde moitié du 16e siècle, Henri IV donne la seigneurie de Mauves à Pierre de Catinat, seigneur de la Fauconnerie et conseiller du roi au Parlement. Son fils, Pierre de Catinat, est à l'initiative de la construction des ponts en pierre (ponts dits "ponts Catinat") en 1610-1611. La famille de Catinat possède la seigneurie de Mauves jusqu´à la Révolution.

L'époque féodale en milieu rural

Le domaine seigneurial de Landres est sans conteste le plus important du territoire communal. Dépendant à l'origine de la seigneurie de Chanceaux (commune de Saint-Jouin-de-Blavou), le domaine de Landres va progressivement s'accroître aux dépens de fiefs voisins comme, entre autres, la Pâquerie, la Mare, le Grand Cosnier, etc. Plusieurs familles se succèdent à la tête de ce domaine dont les plus illustres sont les de Vaunoise, les de Chiray, les Goëvrot et les Dureau de la Malle. D'autres domaines seigneuriaux possèdent des fiefs sur le territoire communal (comme celui de la Vove à Corbon possédant le fief du Chauchis).

Château de Landres.Château de Landres.

Mauves et ses deux paroisses

Mauves possède à l'époque médiévale deux paroisses et deux églises, une dédiée à saint Pierre, l'autre à saint Jean. Au 14e siècle, la guerre de Cent Ans ruine la ville de Mauves et réduit considérablement le nombre d´habitants. Par conséquent, Guillaume Langlois, évêque de Sées, rattache la paroisse de saint Jean à celle de saint Pierre, malgré les réclamations des paroissiens de saint Jean. Par cette annexion, ces derniers demeurent affranchis de faire ni d´offrir aucun pain bénit à l´église Saint-Pierre dont le curé est tenu de faire une messe tous les dimanches et jours fériés dans l´église Saint-Jean. L´édifice, situé au centre du bourg, a été entièrement démoli en 1820. Il n'en reste qu´une statue du saint patron dans l´église Saint-Pierre.

Eglise paroissiale Saint-Pierre.Eglise paroissiale Saint-Pierre.

Le monastère de filles

Près du château se trouve un bâtiment qui semble avoir appartenu à l´Abbaye d´Arcisses (à Brunelle en Eure-et-Loir, qui dépendait elle-même de l'abbaye de la Sainte-Trinité de Tiron, à Thiron-Gardais). Bart des Boulais le dépeint en 1610, comme un monastère de filles dont il ne subsiste que quelques restes comme les murailles, l´oratoire, des dortoirs et d´autres bâtiments servant à l´usage monacal. Il semble que les rares vestiges visibles aujourd´hui soient une figure en ronde-bosse en pierre représentant une religieuse avec son habit et les vestiges architecturaux du 15e siècle (pignons découverts, corbeaux d´époque et contreforts).

La maladrerie

Egalement attestée par Bart des Boulais, une maladrerie, d'époque incertaine, a été construite près du bourg au nord par les comtes Rotrou suite aux ravages de la lèpre aux temps des Croisades (1096 - 1205). Elle comprend une chapelle du 12e siècle dédiée à saint Gilles - chapelle rattachée à l'Hôtel-Dieu de Mortagne-au-Perche par Louis XIV au 17e siècle et détruite au 19e siècle. Le chapelain et les administrateurs de la Maladrerie étaient nommés par les habitants de Mauves. Ils jouissaient également du droit de bourgeoisie moyennant une redevance annuelle de douze livres envers les comtes du Perche.

Les foires et marchés

René, duc d'Alençon, établit le 18 juin 1461 les foires (trois par an) et marchés (hebdomadaires) par lettres patentes. Marguerite de Lorraine, veuve du duc d'Alençon et usufruitière des châtellenies de Mortagne et de Mauves, confirme ces avantages qui font de Mauves, avec la halle aux grains, un lieu de commerce et d'échange important à l'échelle locale. Ce rayonnement tend à disparaître après 1824 et la construction de la halle de Mortagne, mais l'édification de la gare, à la fin du troisième quart du 19e siècle, (sur la ligne Alençon - Condé-sur-Huisne) facilite le trafic de voyageurs et relance le commerce.

La gare de Mauves-Corbon.La gare de Mauves-Corbon.

Les activités

L'activité principale est bien sûr l'agriculture (culture de céréales : blé, avoine, orge, seigle ; mais aussi racines fourragères, oléagineux, lin et pommes de terre) et l'élevage de chevaux et de bestiaux. Avant 1900, en complément de l'activité agricole, dans bon nombre de fermes, la cave sert au tissage de toiles vendues par la suite à Mortagne. En 1866, Mauves compte quatre moulins à blé : Moulin Batrei sur la Chippe, d´Echoppey sur le ruisseau de Chênegalon, de Landres sur le ruisseau du Clairveau et le quatrième, dit de Mauves, sur la rivière de l´Huisne. Ce dernier sera reconstruit et transformé en 1905 en usine génératrice d'électricité alimentant le bourg.

Description

Située dans la partie nord-ouest du Parc naturel régional du Perche, la commune de Mauves-sur-Huisne (canton de Mortagne-au-Perche, Communauté de communes du Bassin de Mortagne), à caractère essentiellement rural, couvre une superficie de 1426 hectares et compte, au dernier recensement de 2008, 629 habitants. Le plateau qui la couvre, largement planté de haies, de vergers et occupé par de nombreuses prairies, est sillonné par la rivière de l'Huisne décrivant de larges méandres. Une partie du bois de Dambrai se situe en limite sud de la commune. L'habitat est dispersé en une soixantaine de lieux-dits dont treize sont attestés à l'époque médiévale, 36 à l'époque moderne et douze aux 19e et 20e siècles. Quatre hameaux ont disparu entre le troisième quart du 18e siècle et la fin du 20e siècle.

Aires d'étudesParc naturel régional du Perche
AdresseCommune : Mauves-sur-Huisne

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Orne. H 2215 (1281-1304). Charte de Guillaume Le Vavasseur, fils aîné et héritier de feu Guérin Le Vavasseur, contenant accord avec Guillaume, prieur du Vieux-Bellême, sur un procès en la cour du roi, à Mortagne, au sujet du trait et du battage des étrains et fourrages, de sa part de la dîme de la Binsardière au fief de Landres (de Landis), en la paroisse de Saint-Pierre de Mauves, appartenant au dit prieur. De l'avis de prud'hommes le dit seigneur renonce au droit de fief qu'il prétendait avoir sur la dite dîme (1287, juillet).

  • AD Orne. H 4950 (1644-1682). Accord entre René Le Balleur, chevalier, seigneur de Landres, y demeurant, paroisse de Mauves et dame Madeleine de Puisaye, veuve de feu Georges Le Tessier, écuyer, seigneur de Montgoubert, tuteur de Georges Le Tessier, écuyer, son fils, par lequel, pour demeurer quitte de la somme de 2,097 livres, qu'il doit à ladite dame et de celle de 290 livres à elle due pour dépens, plus de celle de 20 livres pour les frais de la saisie réelle de ses immeubles et de celle de 23 livres pour les intérêts de la somme de 900 livres, faisant partie desdites 2,097 livres, le tout revenant à 2,427 livres, ledit seigneur s'est obligé de payer la somme de 2,417 livres, à la décharge de ladite dame, à savoir 1,600 livres aux Filles-Notre-Dame d'Alençon, en vertu d'un contrat de constitution produisant 100 livres de rente, et le surplus à demoiselle Boullay, pour autre constitution dont M. de Vaucelle, conseiller au présidial d'Alençon, est caution (25 novembre 1673).

  • AD Orne. H 2962. Accord entre Pierre Baril, tiers référendaire et modérateur de dépens aux sièges royaux de Mortagne, dans l'administration générale des affaires de messire Clément Catinat, prêtre, docteur de Sorbonne, abbé de Saint-Julien de Tours, Nicolas Catinat, chevalier, maréchal des camps des armées du roi, gouverneur de Casal, Guillaume Catinat, seigneur de Crousil, ci-devant capitaine au régiment des gardes françaises, et Michel Feillard, au sujet du compte des fermages et jouissance que celui-ci eut de la terre de la Fauconnerie située en la paroisse de Mauves depuis 1661, à raison de 990 livres de ferme par année, sur quoi le dit Feillart a payé 14.403 livres 6 sols, pour payement desquels fermages les dits sieurs Catinat avaient fait saisir le lieu de la Chauvinière (1682).

  • AD Orne. C 736. Arrêt du Conseil déclarant que les droits de mesurage prétendus par Mme Le Vayer sur les grains vendus aux foires et marchés de Mauves appartiennent au Roi (1736-1740).

  • AD Orne. C 108, 117-118. Pont Catinat : travaux, 1740.

  • IGN. Extrait de la carte, partie nord. Carte de Cassini, 3e quart du 18e siècle.

  • AC Mauves-sur-Huisne. Plan géométrique de la commune de Mauves, levé en exécution des arrêtés du gouvernement des 12 Brumaire an 11 (3 novembre 1802) et 27 Vendémiaire an 12 (5 octobre 1803) et terminé le 20 mars 1806, M. Vallée et M. Juris, géomètres en chef (M. Vallée ayant levé le plan).

  • AD Orne. 3 P 3 - 255/1 à 3 P 3 - 255/8. Matrices cadastrales.

  • AD Orne. 3 P 2 - 255/1 à 3 P 2 - 255/8. Plans cadastraux (M. Kersaint, préfet ; M. Lefèvre, maire ; M. Bois, directeur des contributions ; M. Lapeyrère, ingénieur vérificateur ; M. Morin, géomètre du cadastre, 1830.

  • AD Orne. O 629. Église : devis, ordonnance royale, 1806-1924.

  • AD Orne. O 629. Biens communaux, 1827-1862.

  • AD Orne. O 629. École de garçons : devis, baux, délibérations du conseil municipal, 1834-1896.

  • AD Orne. O 629. Presbytère : devis, plans, travaux, 1873-1895.

  • AD Orne. O 629. Lavoir communal : devis, acquisition du terrain, 1877-1878.

  • AD Orne. O 629. École de filles : devis des travaux, 1879-1913.

  • AD Orne. O 629. Monument aux morts : projet d'érection et devis, 1920-1921.

  • AD Orne. US 0205. Histoire locale de Mauves, recueillie par Ernest Boissière, 1955.

  • Archives privées - M. du Pouget, propriétaire du château de Landres.

Documents figurés
  • AD Orne. 3 P 2 - 255. Cadastre napoléonien : Mauves-sur-Huisne, tableau d'assemblage.

Bibliographie
  • BART des BOULAIS. Recueil des Antiquitéz du Perche, comtes et seigneurs de la dite province. Publié et annoté par H. Tournouër, Mortagne, Meaux : Pichard-Hayes et Daupeley-L., 1894 (fac-similé de l'édition de Mortagne, 1613).

  • FRET, Louis Joseph. Antiquités et chroniques percheronnes. Volume III. Paris : Le Livre d'histoire, 2001 (fac-similé de l'édition de 1840).

    p. 429-435.
  • LA SICOTIERE, Léon (de), POULET-MALASSIS, Auguste. Le département de l'Orne archéologique et pittoresque. L'Aigle : J.-F. Beuzelin, Libraire-éditeur, 1845.

    p. 109-111
  • PITARD, J-F. Fragments historiques sur le Perche, statistique par commune et par ordre alphabétique. Paris : Res Universis, 1993 (fac-similé de l'édition de Mortagne : Daupeley frères, 1866).

    p. 266-269
  • La Normandie monumentale et pittoresque, édifices publics, églises, châteaux, manoirs. Orne, 2e partie. Le Havre : Le Male et Cie, 1897.

    p. 39
  • SIGURET, Philippe. Trésors des églises du canton de Mortagne. Cahiers percherons, 1964, n°23.

    p. 13-14
  • PAVY, Michel. Restauration des églises du Perche, Cahiers percherons, 4e trimestre 1973, n°40, p. 3-4.

  • DESVAUX-MARTEVILLE, Elisabeth. Manoirs du Perche. Art de Basse-Normandie. n° 67, Caen, 1975, 44 p.

  • BELHOSTE, Jean-François, LECHERBONNIER, Yannick, ARNOUX, Mathieu [et al.]. La métallurgie normande, XIIe - XVIIe siècles. La révolution du haut fourneau. Caen : Service Régional de l'Inventaire Général de Basse-Normandie, Direction régionale des Affaires Culturelles ; Association Histoire et Patrimoine Industriels de Basse-Normandie, 1991. (Cahiers de l'Inventaire ; n°14). 322 p.

  • SIGURET, Philippe. Les manoirs du Perche, les amis du Perche. Fédération des Amis du Perche, Meaucé : Arts Graphique du Perche, 1991 (collection "Présence du Perche"), 176 p.

  • FISCHER, Roger. Les maisons paysannes du Perche. Paris : Eyrolles, Maisons paysannes de France, 1994, 125p.

  • LECHERBONNIER, Yannick. Patrimoine industriel, Orne. Service Régional de l´Inventaire Général de Basse-Normandie, Direction Régionale des Affaires Culturelles. Caen, Développement Culturel en Basse-Normandie, 1994 - 144 p. Coll. Indicateur du patrimoine.

  • GUILLEMIN, Denis. Jardins du Perche. Fédération des amis du Perche. Arts Graphique du Perche, Meaucé, 1998.

    p. 114-115
  • BERNOUIS, Philippe. Carte archéologique de la Gaule. Pré-inventaire archéologique publié sous la responsabilité de Michel Provost. Paris : Fondation Maison des sciences et de l'homme, 1999, p. 153.

  • LECOMTE, Jacky. Le Perche de gare en gare. Collection : Mémoire en Images. Saint-Cyr-sur-Loire : Edition Alan Sutton, .

    p. 23-44
Périodiques
  • SIGURET, Philippe, LEBOUCHER. Mortagne-au-Perche et ses environs, Cahiers percherons, 1957, p. 34-39.

Liens web

(c) Région Normandie - Inventaire général (c) Région Normandie - Inventaire général ; (c) Parc naturel régional du Perche (c) Parc naturel régional du Perche - Casses Laetitia - Maillard Florent
Maillard Florent

Chercheur associé au Parc naturel régional du Perche depuis 2011, en charge de l'architecture rurale du PNR.


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