Dossier collectif IA61001141 | Réalisé par
Maillard Florent
Maillard Florent

Chercheur associé au Parc naturel régional du Perche depuis 2011, en charge de l'architecture rurale du PNR.

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  • enquête thématique régionale, architecture rurale du Parc naturel régional du Perche
les maisons et les fermes de la commune de Saint-Denis-sur-Huisne
Auteur
Copyright
  • (c) Région Normandie - Inventaire général
  • (c) Parc naturel régional du Perche

Dossier non géolocalisé

  • Dénominations
    maison, ferme
  • Aires d'études
    Parc naturel régional du Perche
  • Adresse
    • Commune : Saint-Denis-sur-Huisne

Parmi les 26 édifices repérés (25 fermes et une seule maison), six ont été sélectionnés pour l'étude (cinq fermes et la maison).

Repères historiques

Située au Champ Roux, la maison date de 1884. Elle a été construite pour un notable local, Jacques Filleul.

A l'exception de celle qui dépend du château Saint-Denis, les fermes se situent à l'extérieur du bourg. Aucune construction ne semble antérieure au 17e siècle. Trois datent de cette période (ferme du château Saint-Denis au bourg, l'ancien relais de diligence à L'Hôtel Cointaux et une dépendance de la ferme de la Loterie). Au 18e siècle, plus de la moitié des fermes repérées sont construites (14 d'entre elles). Plusieurs sont transformées au 19e siècle (ajout de nouveaux bâtiments, modification des ouvertures). Une dizaine a été construite (ou reconstruite) à partir du second quart du 19e siècle.

Plusieurs dates (chronogrammes ou mentions dans les matrices cadastrales) attestant de constructions ou de remaniements ont été relevées : 1729, 1779, 1782, 1837, 1839, 1851, 1852, 1884 (3 fois), 1892.

Au sein de ce territoire de plateau bocager (culture et élevage), l´habitat est dispersé. La commune compte une 24 lieux-dits : le Bourg, deux petits hameaux (le Boulai et les Rouchères), 20 fermes isolées et un moulin.

Ferme à la Rouchère (repérée).Ferme à la Rouchère (repérée).

Description

Structure et composition d´ensemble

Parmi les 25 fermes repérées, aucune ne possède un logis dissocié des dépendances agricoles. Huit sont de type "bloc à terre" simple : un seul bâtiment de plan rectangulaire abritant le logis et les dépendances sous un même toit (six fermes) ou dans des corps de bâtiment différenciés (deux fermes). C'est le cas notamment au Bignon et à la Girardière (pour le premier cas) ou à Choizé et à la Rouchère. Les autres fermes adoptent un plan plus complexe comprenant plusieurs bâtiments.

Ferme à Choizé (sélectionnée).Ferme à Choizé (sélectionnée).

Sept fermes adoptent un plan en "L", une disposition assez courante dans le secteur. La plupart du temps, le bâtiment principal abrite - sous un même toit ou dans des corps de bâtiments juxtaposés aux volumes différents - le logis, le cellier, l'écurie, l'étable, le toit à porcs. Perpendiculaire au premier, le second bâtiment sert de remise (ou grange). Un pigeonnier (deux ou quatre trous de boulin, une ou deux planches d'envol) occupe bien souvent le comble. Cette répartition s'observe au Boulai (ferme dite des Grands Boulays), à la Marchandise et aux Rieux.

Trois fermes possèdent deux bâtiments en vis-à-vis : c'est le cas au Boulai, à la Brossardière et à la Rouchère. Cinq disposent de trois bâtiments organisés en "U" (Ferme de Blavou, Frébourg, le Vivier, ferme du château Saint-Denis au bourg, La Thibaudière).

Un cas particulier se situe à l'Hôtel Cointaux : une ferme de 1837, remaniée par la suite, est adaptée à la pente. Elle comprend un seul bâtiment qui s'élève sur deux niveaux. Elle est dite à fonctions superposées (l'étage de soubassement servant d'étable ou d'écurie et le rez-de-chaussée surélevé servant de logis). Si cette disposition est assez courante dans d'autres secteurs (notamment quand la pente le permet), elle est unique à Saint-Denis-sur-Huisne.

Ferme à l'Hôtel Cointaux : cas particulier (repérée).Ferme à l'Hôtel Cointaux : cas particulier (repérée).

Les logis des fermes sont majoritairement en rez-de-chaussée (15), parfois surélevé (3 dont un sur cave) surmonté ou non d'un comble à surcroît (pour six d'entre eux). Aucun ne dispose d'un étage carré.

L'unique maison est de type maison de notable. De plan carré, elle est disposée en milieu de parcelle et s'élève sur deux niveaux (un rez-de-chaussée et un étage carré). Chaque façade est percée de plusieurs travées d'ouvertures et les façades nord et sud sont ordonnancées à trois travées.

Matériaux et mises en œuvre

Le calcaire, extrait localement, est largement employé dans les constructions. Il est mis en oeuvre dans les maçonneries sous forme de moellons et de moellons équarris (notamment à l'Hôtel Cointaux et à la Rouchère). Les encadrements des baies, les chaînages d´angle, les corniches et les jambes harpées sont en pierre de taille. Moins employé, le grès, dit "roussard", apparaît parfois dans les jambages des encadrements d´ouvertures comme à la ferme du château Saint-Denis au bourg et au Boulai. La brique, dont l´utilisation se cantonne aux encadrements des baies, en général, des parties agricoles n´apparaît que tardivement (à partir de 1850) et concerne plusieurs constructions rurales (Choizé, Frébourg, le Vivier, le Clos Guérin, la Thibaudière). Les murs sont très souvent couverts d´un enduit plein ou à pierre vue.

Ferme au Clos Guérin (repérée).Ferme au Clos Guérin (repérée).

Couvertures

Les toits sont en général à longs pans, plus rarement à croupe (le Champs Roux, Choizé, la Conarderie).

Les toits sont en général à longs pans, plus rarement à croupe (le Champs Roux, Choizé, la Conarderie). Les toits sont en général à longs pans, plus rarement à croupe (le Champs Roux, Choizé, la Conarderie). Les couvertures sont majoritairement en tuile plate. Certains bâtiments agricoles sont couverts en tuile mécanique (Choizé, Frébourg, la Thibaudière). Mis à part les châteaux et l'église paroissiale, un seul bâtiment, la maison de maître du Champ Roux, est couvert en ardoise.

Conclusion

L´architecture rurale de Saint-Denis-sur-Huisne a connu de nombreux remaniements au cours des siècles suite à l´évolution des manières de vivre. La prédominance de fermes de dimensions assez importantes reflète une activité agricole prospère dans ce secteur. Cette activité connaît son apogée entre le premier quart du 19e siècle et le début du 20e siècle comme le montre la vague importante de reconstructions, de remaniements et d´accroissements des dépendances agricoles.

Le Boulai, le Champs Roux, Choizé, la Ferme de Blavou, Frébourg et le Vivier conservent des réalisations marquantes de l´architecture rurale de la commune.

  • Période(s)
    • Principale : 17e siècle
    • Principale : 18e siècle
    • Principale : 19e siècle
    • Principale : 1ère moitié 20e siècle
  • Toits
  • Décompte des œuvres
    • repérées 26
    • étudiées 6

Documents d'archives

  • AD Orne. 3 P 5-381/2 à 3 P 5-381/3. Section A et B du cadastre de 1830.

  • AD Orne. 3 P 3-381/1 à 3 P 3-381/5. Matrices cadastrales.

Bibliographie

  • FISCHER, Roger. Les maisons paysannes du Perche. Paris : Eyrolles, Maisons paysannes de France, 1994.

Date(s) d'enquête : 2013; Date(s) de rédaction : 2013
(c) Région Normandie - Inventaire général
(c) Parc naturel régional du Perche
Maillard Florent
Maillard Florent

Chercheur associé au Parc naturel régional du Perche depuis 2011, en charge de l'architecture rurale du PNR.

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